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Bruno Mensah, à propos de la filière Topographie

" C’est un métier qui est agréable pour celui qui aime les voyages "

Instaurée depuis 2012 à la création du Lycée de Kpondéhou, l’OG (Opérateur Géomètre) est une filière qui conquiert, de nos jours, l’amour et la passion de nombre de jeunes apprenants des lycées.

Dans les Lycées Techniques Industriels tout comme dans quelques établissements privés d’enseignement supérieur du pays, cette spécialité attise l’engouement de plus d’un, jeunes filles comme garçons. Pour plus d’éclairage sur ladite filière, Educ’Action, dans sa rubrique ‘‘Découverte des spécialités’’, fait le focus, cette semaine, sur la topographie. C’est avec Bruno Mensah, professeur de Topographie au Lycée Technique Professionnel de Kpondéhou.

Educ’Action : Qu’est-ce que c’est que l’OG et en quoi consiste-t-elle ?

Bruno Mensah : On entend par OG, la filière Opérateur Géomètre. Mais la science qui est enseignée s’appelle la Topographie. Géomètre, c’est une branche de la Topographie qui s’occupe du foncier et donc des problèmes de parcelle, des domaines. Mais la filière s’occupe de la topographie qui est l’ensemble des techniques qui permettent de déterminer les dimensions et les formes d’un objet ou d’un lieu ainsi que l’établissement des cartes et des plans, leur utilisation et leur mise à jour. Il y a plusieurs autres branches de la topographie qui s’occupent de la route, du foncier, des travaux souterrains, des travaux de construction de bâtiment.

Comment atterrit-on dans cette filière dans nos Lycées ?

Il y a en réalité deux types de formations : la formation qui donne accès au Certificat d’Aptitude Professionnel (CAP) et la formation qui donne accès au Diplôme de Technicien en Industrie (DTI). Le premier cycle de CAP est ouvert pour les élèves qui ont le niveau de la classe de 5ème dans les Collèges d’Enseignement Général. Il faut avoir fait la 5ème et passé en 4ème dans un Collège d’Enseignement Général et avoir une moyenne de 12 au moins et 14 en Maths et Physique. J’insiste sur les Mathématiques et Physique parce que quand on dit géomètre, c’est la géométrie à haute dose et on a besoin d’un background intéressant en Maths et Physique. Donc, après trois ans de formation à savoir : 1ère année, 2ème année, 3ème année, l’apprenant obtient le CAP. Pour ce qui est du second cycle, pour le DTI, on accueille ceux qui ont le BEPC moderne court, ceux qui ont fait Maths et Physique comme option pour avoir après trois ans de formation, le DTI.

Y a-t-il une possibilité d’études après l’obtention du DTI ?

Il y a bien sûr une possibilité parce que le cycle continue à l’Université. Il peut aller à la Licence Professionnelle en Ingénierie. Nous avons des écoles supérieures privées comme publiques. Pour ce qui est du privé, nous avons à Cotonou ici Verechaguine. Pour ce qui est du public, nous n’en avons pas à Cotonou, mais il y en a à Abomey qui accueille pour le supérieur premier cycle. Pour ce qui est du second cycle, l’Université d’Abomey-Calavi accueille pour la formation jusqu’au cycle d’ingénieur.

Quels sont les débouchés pour celui qui fait l’OG ?

Il faut tout d’abord signaler que la filière Topographie est un métier libéral. Donc, on peut s’installer à son propre compte, faire le levé, faire des travaux connexes de route, etc. Donc, le premier débouché, c’est qu’on peut s’installer soi-même. En dehors de cela, sur la place, il y a des cabinets de géomètre-topographe qui emploient les élèves sortis des Lycées. Au niveau des structures d’Etat, il y a beaucoup de Ministères, notamment le Ministère de l’Urbanisme, le Ministère de l’Environnement, le Ministère des Travaux Publics et des Transports. C’est vrai que les Ministères ne recrutent que quelques-uns parmi eux, mais c’est quand même des débouchés. Il y a des entreprises aussi de la place à part les cabinets qui interviennent dans les constructions de bâtiments, de routes, voiries et réseaux divers qui les récupèrent.

Quelles sont les difficultés pédagogiques que vous rencontrez dans votre filière au Lycée Kpondéhou ?

La difficulté n’est pas au niveau des enseignants, mais plutôt au niveau des apprenants parce qu’ils viennent avec un niveau, de plus en plus, faible en Maths et Physique. Il faut avouer que pour bien réussir dans la filière, il faut avoir un bon niveau en Maths et Physique et c’est ce qui est difficile à trouver dans le rang des élèves. C’est cette difficulté qui est majeure et nous nous attelons à rehausser le niveau des apprenants. Généralement, il y a la difficulté par rapport au lieu d’apprentissage des enfants. C’est vrai que nous avons le matériel à disposition, nous avons les espaces pour faire les TP, mais cela ne suffit pas pour que les enfants puissent avoir une formation complète. Nous avons aussi une difficulté au niveau des entreprises qui, difficilement acceptent nos apprenants. C’est vrai qu’on les sollicite pour prendre nos enfants en stage puisque c’est exigé que les enfants fassent un certain mois de stage pendant les vacances et donc, ils ne sont pas trop ouverts. C’est donc difficilement qu’ils acceptent. S’il y a un appel à lancer, c’est de solliciter les entreprises de la place qui ont besoin d’utiliser les géomètres-topographes pour qu’elles acceptent les stagiaires afin qu’ils aient de l’expérience.

Les filles s’intéressent-elles à cette filière ?

Je ne dirai pas que les filles ne s’y intéressent pas, elles viennent. Par exemple en 1ère, il y a quatre (04) filles ; en Terminale, il y en a deux (02) et en seconde une (01) fille. C’est vrai que les filles ne sont pas nombreuses à s’intéresser à la chose, mais quelques rares s’y intéressent et évoluent régulièrement et obtiennent leurs diplômes.

Quelles sont les difficultés d’un géomètre-topographe sur le terrain du travail ?

Il y a une première difficulté qui est liée à l’évolution rapide de la technologie parce que nous travaillons ici avec un matériel qui, à un certain âge, devient vétuste. Le renouvellement n’est pas aussi systématique que cela et donc à l’école, nous nous attelons quand même à faire le mieux qu’on peut avec le matériel dont nous disposons. Donc, on a cette difficulté sur le terrain mais c’est une difficulté qui est vite jugulée. De l’autre côté, la difficulté, c’est que les marchés de topographie ne se font pas directement avec le pourvoyeur d’emploi. Généralement, c’est les entrepreneurs de génie-civil, de bâtiments, de routes, qui gagnent leur marché et sollicitent les topographes qui viennent en sous-traitant ou en employé. C’est cela qui fait un peu la difficulté pour ceux qui travaillent sur le terrain. Il y a également une autre difficulté qui n’est pas des moindres. Nous savons que le Béninois aime sa parcelle. Donc, sur le plan typiquement africain, quand tu vas pour faire des travaux sur les parcelles des gens, il y a de ces difficultés sur le plan mystique auxquelles nous sommes confrontés si nous insistons à faire le travail.

La topographie nourrit-elle son homme ?

Il suffit tout simplement de savoir s’y prendre, de travailler. De toute façon, le travail vient à bout de tout. C’est vrai qu’il y a beaucoup de difficultés à trouver de travail, mais si l’on maitrise son travail, on s’en sort facilement.

Que diriez-vous pour amener les jeunes à faire le choix de cette filière ?

Le métier de géomètre-topographe est un métier libéral. Pour ceux qui aiment avoir la liberté dans leur travail, alors c’est un métier tout trouvé. Pour ceux qui savent qu’ils ont un certain niveau en Maths et physique, alors c’est un métier qui peut leur permettre de mettre en exergue leurs compétences. Quand on parle du topographe, c’est celui-là qui est sur le terrain. La chance que nous avons surtout dans ce métier, c’est de faire du tourisme au cours de notre travail. C’est un métier qui est agréable pour celui qui aime les voyages, le travail en plein air et être relaxe dans son travail.

Propos recueillis par Estelle DJIGRI

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