Interview exclusive avec le DOB Alphonse da Silva, à propos du BAC 2019 : Environ 100.000 candidats planchent cette année

"En avril, nous allons organiser un Bac blanc national dans quatre matières"

Aussitôt que les jours s’égrènent, nous nous rapprochons de l’organisation de l’examen du baccalauréat, session de juin 2019.

Le maître d’orchestre, Alphonse da Silva, Directeur de l’Office du Bac, semble bien prendre la mesure de la situation. Dans cette interview exclusive qu’il lui a plu d’accorder à votre journal spécialisé Educ’Action, il évoque les différentes phases des préparatifs, l’imminence du Bac blanc national test ainsi que l’harmonisation de cet examen au sein de l’espace Uemoa à l’horizon 2024. Lisez plutôt !

Educ’Action : Où en êtes-vous dans l’organisation du Baccalauréat 2019 ?

Alphonse da Silva : Nous avons ouvert le registre des inscriptions depuis le 17 décembre 2018 et cela a couru jusqu’au 31 janvier 2019. Les candidats et les établissements ont eu assez de temps pour préparer leurs dossiers. Une fois qu’on clôture, c’est la phase de dépouillement qui commence et c’est le cas depuis ce matin. Donc nous sommes en plein travail.

Doit-on comprendre qu’il n’y a pas de chance pour les retardataires ?

Vous parlez de chance ! Non, mais c’est eux qui ont eu la malchance de commencer tôt à s’intéresser à leur avenir. Nous avons commencé le dépouillement. S’il y a des dossiers qui ne sont pas au complet, nous n’allons pas les rejeter mais nous ferons appel à ces candidats pour venir les compléter.

Quelles sont les différentes irrégularités que vous constatez déjà à l’entame du dépouillement ?

Cela concerne le mauvais remplissage des fiches. Là, nous sommes obligés de corriger et de mettre à l’endroit les fiches qui sont mal remplies. Il y a aussi le fait que les photos ne sont pas bien épinglées et d’autres ont disparu. Nous allons donc nous faire le plaisir de rappeler les candidats et les chefs d’établissements pour fournir les photos manquantes. Vous voyez, nous ouvrons une petite brèche de sauvetage.

Pouvez-vous nous donner une estimation du nombre de candidats ?

Ce matin, j’ai lancé le dépouillement et je crois que nous allons atteindre les 100.000 candidats cette année. Cela est sensiblement en baisse par rapport à l’année dernière, mais cela dénote de la promptitude et du sérieux avec lesquels les chefs d’établissements ont fait remplir les fiches et ont constitué les dossiers. Il n’y a pas de dossier comme on va à la loterie. On peut prendre comme ne pas prendre. Si le dossier est mal rempli ou irrégulier, alors il est rejeté.

Quel est le sort des établissements qui présentent des candidats qui ne sont pas en situation de classe ?

Là aussi, il y a une enquête qui est ouverte. S’il y a des établissements qui ne sont pas régulièrement inscrits ou autorisés, alors les dossiers seront rejetés. On verra dans le cas extrême si on peut transformer ces candidats en candidats libres.

Est-ce que vous avez pris des mesures pour circonscrire les cas de fraudes comme les noms fictifs par exemple ?

Oui. C’est aussi cela le but du dépouillement. Tout est passé au peigne fin. Nous avons 23 rubriques à contrôler. S’il y a une étape qui est escamotée, nous voyons dans le dossier si c’est décollé, etc. Si le dossier n’est pas au complet, alors nous le mettons à côté. Si c’est sujet à contestation, nous menons des enquêtes pour voir si ce sont les établissements qui ont mal constitué les dossiers ou si c’est à un autre niveau que les dossiers ont été mal compilés. Donc, nous laissons une chance pour remettre les choses à l’endroit.


Il est demandé aux candidats de faire des choix de filières. Est-ce que le défaut de ce choix va être un critère d’élimination des candidats ?

Lorsque le candidat choisit sa série et fait son dossier pour le Bac automatiquement, il fait le choix des filières parce qu’il y a une fiche appropriée. Cela se fait d’abord en ligne, puis sur papier. Nous avons les deux (02) versions. Cela est examiné et s’il y a des choix qui ont été faits par méconnaissance, nous mettons cela à l’endroit et nous pourrons même aller voir les chefs d’établissements et inviter les candidats pour que cela soit conforme aux prescriptions.

Quelles sont les autres étapes à franchir pour l’organisation du BAC 2019 ?

Après le dépouillement des dossiers, il y a le contrôle. A cette phase, nous vérifions les noms, prénoms, dates de naissance, etc. jusqu’à 7 étapes. Après, nous catégorisons les candidats qui sont retenus par sexe, établissement, département, etc. Ensuite, nous les mettons dans l’ordinateur, puis nous corrigeons pour faire sortir les convocations. Ces dernières sont en ligne et les chefs d’établissements peuvent les tirer après que nous ayons fourni les données sur les candidats. Après, les candidats vont continuer de se préparer à l’examen du Baccalauréat qui aura certainement lieu dans la deuxième quinzaine du mois de juin prochain.

Quelles sont les innovations prévues pour le BAC de cette année ?

Depuis quelques années, tout est fait en ligne, mais nous avons aussi le dossier papier que nous confrontons pour valider les candidatures. C’est vrai qu’aujourd’hui, rien ne se fait dans le monde sans Internet et nous sommes aussi dans cette dynamique. Nous avons une très bonne coopération avec nos collègues du Togo et aussi ceux de l’espace UEMOA. Internet est mis à contribution pour dématérialiser les candidatures et les procédures de candidatures pour que les candidats puissent composer et mettre sur feuille ce qu’ils connaissent. Cela permettra leur réussite ou leur échec, mais je souhaite que nous comptabilisions plus de réussite.

L’Office du Bac n’existe-il que pour l’organisation du BAC ou avez-vous d’autres missions subsidiaires ?

Essentiellement à 90 %, nous nous occupons du Baccalauréat, la session unique et la session de remplacement, la délivrance des relevés et attestations, etc. Mais depuis deux ans, l’État béninois a confié aussi à l’Office en partenariat avec le Ministère de la Fonction Publique, l’organisation des concours de recrutement des agents de l’État. Nous intervenons aussi dans l’évaluation des enseignants aussi bien du Secondaire que du Primaire. C’est aussi pour la validation de ce que les collègues auront eu à apprendre. Nous le faisons dans la confidentialité qui nous est reconnue.

Depuis deux ou trois ans, avec vos collègues de la sous-région, vous avez décidé d’harmoniser les dates de déroulement du Baccalauréat.Quel bilan faites-vous de cette initiative ?

L’harmonisation des dates du Baccalauréat a été décidée par les chefs d’États de l’espace Uemoa et depuis, nous respectons cela. C’est souvent dans la deuxième quinzaine du mois de juin pour empêcher les inscriptions transfrontalières afin que les candidats ne viennent pas composer au Bénin puis au Burkina Faso par exemple, etc. et aussi pour mutualiser les efforts en matière d’organisation du Baccalauréat. D’ailleurs cette année, nous allons organiser un bac blanc national test pour quatre disciplines (Français, Histoire-Géographie, SVT, mathématique) ; ce qui va nous permettre l’année prochaine d’avoir un Bac blanc dans l’espace Uemoa. Nous allons l’harmoniser puis en 2024, nous aurons un Bac commun à tout l’espace Uemoa, selon la décision des chefs d’États. Ainsi, on ne dira pas que le Bac de tel pays est supérieur à celui d’un autre pays. C’est du chemin que nous devons parcourir pour donner au Baccalauréat, un contexte harmonisé. L’examen blanc national, quant à lui, sera organisé certainement d’ici le mois d’avril.

Quelles sont les dispositions prises pour faire de cela une réalité ?

Cela a commencé déjà. La semaine dernière, nous avons réuni les inspecteurs, tous les DIPIQ, les enseignants du Supérieur, les experts de l’Uemoa, pour que cela puisse connaître un succès. Nous allons aussi prendre la direction des pays anglophones parce qu’il y a le WAEC qui est un genre de Bac harmonisé pour les pays anglophones. Nous voulons aller vers là afin de dépasser cette étape.

Propos recueillis par Adjéi KPONON

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