Insuffisance d’infrastructures scolaires au CEG Okédama à Parakou : Le calvaire des apprenants et enseignants

 

Relevant de l’Etat, le CEG Okédama situé à Parakou est sujet à l’insuffisance de salles de classes, de latrines et de tables-bancs pour les apprenants.

Une situation qui rend pénible l’apprentissage et les séquences de classe. Educ’Action, au cours de ses sorties à l’intérieur du pays, s’est préoccupé de l’état de ce collège qui, il faut le rappeler, bénéficie actuellement de la construction de modules de salles de classes et de latrrines grâce au projet SEnS du Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle. A l’occasion, les usagers de l’établissement se sont confiés, appelant l’Etat à la rescousse.

Mercredi 09 décembre 2020. La cité des Kobourou accueille une équipe de reporters de Educ’Action. Le paysage est couvert d’une nuée mélangée d’une forte fraîcheur qui marque le début de la période de l’harmattan ici à Parakou. Alors qu’il sonnait 08 heures passées de 45 minutes, nous voici dans l’enceinte du CEG Okédama, l’un des collèges publics de la ville. Ici, le silence s’apparente à une marque distinctive. Enseignants et apprenants sont tous en classes. Dans cet établissement sans clôture, seule la présence de quelques engins à deux roues, des kits de lavage de mains, des poubelles à ordures, des tables-bancs hors usage et des modules de salles de classes en construction grâce au projet Soutien à l’Enseignement Secondaire (SEnS), saute à l’œil. On constatera plus tard, à travers les sacs accrochés ci et là, que ce silence imposé est dû au fait que les élèves sont en période d’évaluations. Du côté de l’administration, les travaux pédagogiques focalisent les attentions dans la plus grande discrétion. En attendant les travaux de finition des nouveaux modules de salles de classes, peu de bâtiments sont déférés aux activités pédagogiques. L’espace libre dans la cour du collège est occupé en grande partie par des arbres, parfois de grands arbres qui offrent leur ombrage aux élèves. De l’avis des responsables d’établissement, enseignants et mêmes des apprenants approchés, le gros problème du CEG Okédama a nom : insuffisance de salles de classes.

Des salles de classes du projet SEnS qui viendront soulager les peines des apprenants et enseignants

Des salles de classes du projet SEnS qui viendront soulager les peines des apprenants et enseignants

Des difficultés de salles de classes…

Situé dans le premier arrondissement de Parakou, dans le département du Borgou, le CEG Okédama compte un effectif de 2.528 apprenants cette année scolaire répartis dans 49 groupes pédagogiques. Hélas, pour dispenser les cours, le collège ne dispose que de 24 salles de classes. Des propos du censeur adjoint de l’établissement, Zakari Demmon Dramane, interrogé, « l’année scolaire dernière, après quelques pluies, certains modules de salles de classes ont été détériorés. Ce sont des classes que j’appelle des baraques parce que ce n’est pas des classes construites suivant les normes requises. On a juste colmaté des tôles pour en faire des classes aux fins d’abriter les élèves.» Dans de pareilles situations, il faut bien agir pour soulager les peines des apprenants et des enseignants. Plusieurs solutions ont été envisagées dont l’identification d’un second site pour le CEG. « On était obligé de faire recours à un collège privé qui a fermé ses portes. Il s’agit de Mont Nimba qui constitue le second site pour le collège Okédama et qui est à environ 1km de route d’ici. Là-bas, nous avons 09 salles de classes que nous exploitons. Les enfants font donc les aller-et-retour entre les deux sites », a ajouté le censeur adjoint, martelant que le nouveau site a été loué auprès des promoteurs par la mairie de Parakou. Quant aux heures de déroulement des cours sur le nouveau site, une demande a été adressée au directeur départemental des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle afin de déroger aux normes et aux prescriptions en la matière. « En dehors des heures de cours réglementaires, nous avons aussi une période importante de cours entre 13 heures et 15 heures. C’est dire qu’un apprenant peut venir faire un cours de 12heures à 13 heures ou de 12 heures à 15 heures ou bien encore de 12 heures à 14 heures. Tout ceci, afin d’avoir des classes pour tout le monde », a martelé Zakari Demmon Dramane. Malgré ces solutions de circonstance, enseignants et élèves restent insatisfaits.

De l’inconfort des salles de classes…

« Nous avons assez de difficultés à cause d’insuffisance des salles de classes. Nous utilisons deux sites. Sur le second site loué, difficilement nous arrivons à faire les cours parce que les infrastructures ne sont pas bien bâties »,
a déclaré à Educ’Action l’enseignant d’anglais, Yarou Zime, rencontré sur le site originel du CEG Okédama. Il va sans dire le problème d’inconfortabilité des salles de classes sur le nouveau site. « On sent vraiment la chaleur parce que les salles de classes sont tellement exiguës vu l’effectif pléthorique nos apprenants. Les tableaux et les sols sont dégradés. Nous manquons de tables-bancs, ce qui fait que les enfants sont souvent à trois», a décrit cet enseignant. Propos appuyés par l’élève Zakari Ilyassou, en classe de 2nde, tout en sueur après quelques minutes de marches du second site loué au premier site qu’est le CEG Okédama. « Je viens même du site Mont Nimba. Là-bas, on se sent mal à l’aise à cause de la forte chaleur des lieux et les classes ne sont pas larges ; ce sont de petites salles et nous ne sommes pas à notre aise », a-t-il confié, très peiné. A tout cela, s’ajoute l’inexistence de l’électricité qui ne facilite pas le déroulement des cours dès qu’il fait nuit. « Il y a le manque d’électricité. Déjà à 18 heures 30 minutes, il faut arrêter les cours parce qu’il n’y a pas la lumière », a fait observer l’enseignant d’anglais YarouZime. Son collègue, enseignant des SVT, Fabien Welaka, dira que les navettes entre les deux sites d’apprentissage sont aussi des raisons de retards observés dans le rang des apprenants. « Faire la navette entre le premier et le second site, c’est très difficile. Si les enfants ont cours sur le second site à 12 heures, il faut vite les laisser afin qu’ils fassent la longue marche vers le second site. Il se pose un problème de retard, de ponctualité », a-t-il argué, déçu.

Des salles de classes détériorées

Des salles de classes détériorées

De la gestion des menstruations pour les élèves filles…

Honorine Dah-Tokpon, élève en classe de 3ème dira que la gestion des menstruations sont un calvaire pour les élèves filles à cause de l’absence des toilettes. « En dehors des difficultés liées aux tables-bancs, il y a également le manque de toilettes. Quand nous sommes en menstruation, nous sommes obligées de rentrer chez nous même si nous avons cours à midi pour se laver et revenir au cours. Nous sommes punies parfois parce que nous revenons en retard de la maison après les longues marches », a-t-elle laissé entendre, renseignant que sur les quatre (04) toilettes disponibles, seule une est ouverte pour les 2.528 apprenants des deux sexes.

Le cri de détresse des usagers du CEG Okédama…

Dépassés par les difficultés du moment liées à l’insuffisance de salles de classes, de toilettes et autres, enseignants et élèves appellent au secours le ministère sectoriel pour soulager leurs peines. « Je voudrais demander à tout le peuple entier mais aux gouvernants en particulier de venir en aide à ce collège en construisant des salles de classes et en achevant celles encore en chantier pour enfin offrir de meilleurs cadres d’apprentissage aux apprenants du CEG Okédama », a humblement formulé Yarou Zime, enseignant d’anglais. « Les autorités savent bien le bâton magique qu’il faut utiliser pour finir les chantiers. Elles savent qu’on a besoin des salles.Nous les prions, ne serait-ce que pour achever les constructions en cours », a plaidé le censeur adjoint Zakari Demmon Dramane.

Le projet SEnS pour soulager les apprenants du CEG Okédama et d’autres établissements publics du Borgou…

De sources concordantes proches du Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle, les difficultés des apprenants du CEG Okédama comme de biens d’autres collèges du département du Borgou sont bien connues des autorités sectorielles. « D’ailleurs, il est en cours actuellement dans le département la mise en œuvre du projet SEnS qui est le projet de Soutien à l’Enseignement Secondaire. A travers ce projet de vastes constructions d’infrastructures scolaires, plusieurs modules de salles de classes sont en cours d’érection dans divers établissements publics ciblés, y compris le CEG Okédama qui bénéficie aussi des modules de salles de classes en cours de réalisation. Des blocs de latrines sont également en cours de construction dans le département, y compris au CEG Okédama. Ces infrastructures une fois achevées, seront équipées de tables-bancs pour améliorer les conditions d’apprentissage des apprenants. Ce n’est qu’une question de mois », a informé à Educ’Action notre source du Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle.

Réalisation : Estelle DJIGRI & Serge David ZOUEME

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