Points de jeux installés aux alentours des établissements scolaires : La réglementation foulée aux pieds par certains tenanciers, faute de sanctions

 

Le dossier thématisation du mois de juin consacré à l’installation des centres de jeux et de loisirs érigés parfois dans le périmètre des établissements d’enseignement aborde un virage légal en faisant le point de la réglementation en vigueur.

Dans ce troisième numéro sur le sujet, il est question de ce que prévoient les textes en termes de normes mais aussi de sanctions. L’administration scolaire est également au rendez-vous de cette parution pour partager sa thérapie en vue de changer la donne

«Aucune activité liée aux jeux de hasard, d’argent et de paris ne peut s’exercer dans une aire géographique à proximité d’une école, d’un collège ou plus généralement d’un centre d’éducation ou de formation public ou privé ». C’est ce que stipule l’article 16 du Décret N°2011.324 du 02 Avril 2O11 portant conditions et modalités d’exploitation des jeux de hasard, d’argent ou de paris par des personnes morales privées et d’émission de billets de tombola en République du Bénin. L’article 17 du même décret stipule également que l’accès aux salles de jeux est interdit aux mineurs et en termes de sanctions l’article 19 est très clair : « Toute infraction aux dispositions des articles 15, 16 et 17 ci-dessus entraîne le retrait de l’agrément suivant la même forme que son octroi, sur rapport du Ministre chargé des Finances ou du Ministre chargé de la Sécurité, sans préjudice des poursuites pénales ». Comme quoi, il existe bel et bien une règlementation en matière d’installation des espaces de jeux au Bénin, mais qui est foulée au pied par certains tenanciers et promoteurs des centres de loisirs. Neuf ans après la prise de ce décret signé de l’ancien président de République Thomas Boni Yayi, les salles de jeux foisonnent toujours dans les encablures des établissements d’enseignement sans qu’aucune autorité ne réagisse pour ramener les concernés à la raison, celle de respecter les textes. Le non-respect de ces dispositions régissant l’ouverture des salles de jeux et de loisirs constitue pourtant une entrave à l’acquisition de connaissances dans de meilleures conditions. La sanction à l’endroit de ces tenanciers de centres de loisirs se faisant toujours désirer, certains chefs d’établissements d’enseignement jouent la carte de la sensibilisation des apprenants et vont parfois au-delà pour essayer de corriger le tir, quelques fois avec le concourt de l’Association des Parents d’Elèves.

La thérapie des chefs d’établissements pour endiguer le mal

Même si le champ du contrôle des apprenants n’est pas bien labouré par les directeurs, ces derniers ne manquent pas de veiller à la non-fréquentation des points de jeux. Les actions sont multipliées de part et d’autre pour avoir un œil regardant sur les apprenants. « Les points de jeux causent des dommages à l’école. Les élèves laissent les cours pour participer à ces jeux. Il y a un babyfoot qui a été installé tout juste derrière ma classe, sous l’arbre, et les élèves, même en classe, suivent de loin ce jeu par les persiennes. Le collège des directeurs s’est rendu chez le tenancier pour le conscientiser mais il n’avait pas voulu obtempérer. Nous étions obligés de faire appel aux parents d’élèves pour qu’ils puissent intervenir. Donc, depuis plus de quatre (4) mois, il n’est plus là. Il y avait aussi une salle de Play Station qui était à 150 mètres de nous. Quand nous sommes au cours, les élèves quittent les classes pour jouer. Nous avons entrepris la même démarche pour le déplacer. Donc aujourd’hui, il n’y a plus de centre de jeux autour de nous », a rassuré, Eustache Ganyé, directeur de l’Ecole Primaire Publique Adovié C pour renseigner sur le travail abattu dans le cadre de la délocalisation de ces points de jeu. Etonné d’apprendre par les reporters de Educ’Action qu’un point de loto est installé devant l’école non loin du supermarché, Eustache Ganyé revient néanmoins sur le rôle qui est celui d’un directeur dans cette condition. « Nous leur donnons des conseils en civisme et sur le bon comportement que l’élève doit avoir parce que l’élève qui a un comportement exemplaire, ne peut pas laisser les cours et jouer à ces jeux », a-t-il fait savoir. Pour Rodrigue Blenon, directeur du Complexe Scolaire Ste Bernardette de Hêvié, école non loin de qui, il y a installation d’un point de jeu, la veille est maintenue au niveau des apprenants de la classe de CM2. « Il est vrai que les apprenants des classes intermédiaires sont actuellement en vacances, mais des dispositions sont prises pour contrôler ceux de la classe de CM2. Entre autres dispositions, il y a l’interdiction stricte aux apprenants de se trouver à ces endroits dont l’impact est négatif sur leur avenir », a-t-il affirmé. Il invite par ailleurs les autorités compétentes à réglementer l’installation des points et centres de jeux. Soulignons que les directeurs ont déploré le fait que des parents d’élèves envoient leurs enfants à ces lieux de distraction qui, selon eux, développent l’amour du gain facile.

Réalisation : La Rédaction

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