Proclamation des résultats du Baccalauréat 2019 : 50,10% : un taux record depuis 1973)

(Entre scènes de liesse et de peine, des enseignants tirent les leçons

La proclamation des résultats du Baccalauréat a eu lieu, le mercredi 10 juillet 2019, sur toute l’étendue du territoire national.

De la Direction de l’Office du Bac aux centres de proclamation des résultats, des scènes de joie et de peine éparses, s’entrechoquent. Educ’Action revient ici sur les évènements et le décor atypique de ce jour décisif et exceptionnel pour ces nombreux candidats, admis ou non.

 

50,10% de taux de réussite à l’examen du Baccalauréat, session de juin 2019 contre 33,43% en 2018. C’est le score enregistré au profit du sous-secteur de l’enseignement supérieur après des mois de durs labeurs. A la lumière des résultats distillés, en cette soirée du mercredi 10 juillet, par le DOB, Alphonse da Silva, en présence de Mahougnon Kakpo, ministre des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle et de Marie-Odile Attanasso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, c’est le département du Littoral qui se met en tête du peloton avec 57,87%. L’histoire retiendra que pour le Bac 2019, le département de l’Alibori a occupé la dernière place avec un taux moins élogieux de 35,11%. Le département de l’Atlantique s’octroie la deuxième place avec 56,37% suivi du département du Zou qui se retrouve à la troisième place avec 51,48%. Les départements de l’Ouémé, du Mono et du Plateau se positionnent respectivement aux quatrième, cinquième et sixième places avec pour pourcentages respectifs 50,60% ; 50,29% et 48,74%. La septième et huitième places reviennent aux départements du Couffo et du Borgou avec comme taux de réussite 44,37% et 44,23%. Le département des Collines vient à la neuvième place, s’adjugeant 44,02% de taux d’admis. La dixième place est revenue au département de la Donga avec 40,17% et l’avant-dernière au département de l’Atacora qui a eu un taux de réussite de 39,91%. A en croire le ministre Mahougnon Kakpo qui se réjouit du taux de réussite national, ces résultats n’ont pas été obtenus sans efforts avérés de la plupart des acteurs intervenants dans le processus de l’examen. « Il y a d’abord la volonté marquée et affirmée du gouvernement de relancer le secteur de l’éducation et d’obtenir davantage de performances dans ce secteur très capital et vital pour le décollage économique de notre pays. Il y a ensuite la volonté des enseignants qui ont travaillé d’arrache pieds pour que les programmes d’études soient exécutés et que l’encadrement des formateurs puisse se faire avec un regard assez pertinent… Sur le plan du dialogue social, nous avons obtenu une année apaisée ; ce qui a contribué à la tranquillisation des consciences et des cœurs, à l’apaisement du climat social dans ce sous-secteur très délicat », a-t-il déclaré en guise de félicitations. Prenant à son tour la parole, Marie-Odile Attanasso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, tout en remerciant les uns et les autres pour le travail abattu, a rappelé que ce taux de réussite remonte aux années 70. « Je voudrais féliciter les candidats qui ont réussi et leur dire qu’ils viennent en nombre élevé. Donc, on aura des difficultés à cause de la massification mais leur dire également que beaucoup d’opportunités s’offrent à eux à travers les différentes filières de formation, à travers les divers accords que nous avons noués avec les partenaires pour leur octroyer des bourses et à travers également de nouvelles filières professionnelles qui ont été retenues par le gouvernement. Ce sont des filières qui leur donnent de l’employabilité et qui leur permettent d’être sur le marché de l’emploi immédiatement opérationnel», a-t-elle rassuré les candidats déclarés admissibles avant d’encourager les malheureux à plus de détermination. De plus amples statistiques ont été données par Alphonse da Silva, directeur de l’Office du Bac, qui met un accent particulier sur le pourcentage de réussite des filles qui est de 53,12%, toutes séries confondues.

Parents, amis et élèves attentifs à la proclamation des résultats

Parents, amis et élèves attentifs à la proclamation des résultats

Des statistiques par filières et par genre...

La série la plus performante du Baccalauréat 2019 est la série F2 avec 78,18%. Elle est suivie de près par la série F3 avec un taux de réussite de 72,54%. Ensuite, se suivent la G1 avec 71,63% ; la G2 avec 69,12%, la E avec 68,42%, la série Eau et Assainissement avec 66,82%, la série C avec 66,36%, la série B avec 60,20%, la A1 avec 54,94%, la F4 avec 53,38%, puis la F1 avec 50,00%. En dessous de la moyenne, on retrouve les trois dernières séries qui ferment la marche. Ce sont les série A2 avec 49,32%, G3 avec 43,58% et enfin D qui ouvre les portes des universités et EPES à 42,12% de ses candidats. Volonté des autorités gouvernementales à la proclamation des résultats l’année dernière, la question genre a été prise en compte dans la définition des statistiques cette année. Ainsi, en ce qui concerne l’effectif des filles classées parmi les admis, selon Alphonse da Silva, « en A1, nous avons 60,11% ; en A2, 51,25% ; en B, 62,72% ; en C, 72% ; en D, 45,10% ; en E, 50% ; en EA, 67,90% ; en F1, 33,33% ; en F2, 50% ; en F3, 79% ; en F4, 62,03% ; en G1, 73,13% ; en G2, 69,64% ; en G3, 36,94% ». En sommes, à en croire le Dob, « si on ne considérait que les filles, le taux qui est aujourd’hui de 50,10% de réussite au Baccalauréat à l’échelle nationale serait de 53,12% ».

Au CEG 1 Abomey-Calavi, les enseignants tirent les leçons

« A présent, nous vous livrons les résultats du Baccalauréat 2019. Centre de composition d’Abomey-Calavi … ». C’est sur ces mots que les éparpillés aux abords du CEG 1 Abomey-Calavi se regroupent pour former une foule plus compact devant le bâtiment I en même temps que commence la lecture des noms et prénoms suivis des numéros de tables des candidats admissibles au Baccalauréat 2019. Au milieu du calme plat qui règne, de part et d’autre de la clôture nord de l’établissement, seuls les coups de klaxon et les bruits des moteurs se font entendre longuement avant le premier cri de joie. Parents d’élèves anxieux, apprenants méditant sur leur sort pendant que d’autres s’informent à distance du match Bénin-Sénégal comptant pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations de football 2019. Le ballet incessant des vendeuses de différents aliments dans le centre ne suffit pas à éparpiller l’attention des apprenants. Au moment où les correcteurs se frayaient un chemin au milieu des nombreux véhicules, des parents d’élèves, vendeuses et autres, la salle de la supervision générale est transformée en une véritable forteresse. Rencontré dans la cours, Alexandre Adjinan, porte-parole de la Coordination nationale des enseignants pour les travaux du Baccalauréat (CONETRA-BAC) au centre de correction et de délibération du CEG 1 Abomey-Calavi, se prononce sur le déroulement des évènements depuis la phase de correction. « A 7 heures, les présidents et les membres des différents jurys étaient en place. Après les formalités d’usage, les jurys se sont mis au travail. Les différentes étapes ont été franchies pour la délibération. Il s’agit de la vérification des notes, des éventuelles corrections des totaux ou des parties non corrigées ; cela est répercuté sur les notes, et enfin suit le désanonymat. Et maintenant, nous sommes à la phase de proclamation des résultats », a-t-il déclaré. Il est déjà 17 h 30 minutes. Les uns après les autres, les différents centres de composition sont passés au crible. A propos du travail fourni par les apprenants, Alexandre Adjinan se veut discret. Avec toutes les précautions requises, il lâche au micro de Educ’Action que : « après avoir passé le stylo rouge, mon sentiment est que nous enseignants avons encore beaucoup à faire pour que les élèves s’approprient véritablement les méthodologies liées aux différents exercices du Bac. Parce que lorsqu’on finit la correction, on doit faire de la remédiation car l’examen est une évaluation. Quand nous allons retourner dans nos classes à la rentrée, nous devons pouvoir faire des remédiations en fonction des remarques que nous avons faites ici et des insuffisances que nous avons notées au niveau des copies des candidats ». De son côté, un enseignant d’anglais qui a requis l’anonymat, a renchéri en indiquant que « quand on lit les copies des apprenants, on sent qu’ils ont compris ce qu’on leur a demandé. Ils ont compris les textes, ils ont une maîtrise plus ou moins bonne de ce qui leur a été demandé et surtout les épreuves ont été à leur portée cette année. Et la correction ne peut que suivre ce mouvement-là. Moi, j’ai corrigé 140 copies parmi lesquelles 98 ont eu la moyenne. J‘ai même eu à donner 18/20 à un candidat ».

Les deux amies se soutenant mutuellement

Sènami (à droite) consolant Yèmissi (à gauche)

A Sème-Podji, les lauréats compatissent aux douleurs des malheureux

18 h 52 minutes heure béninoise. Nous sommes à Sème-Podji, dans le centre de correction et de délibération. Les candidats de la série B et D sont déjà fixés sur leur sort. Les émotions sont fortes. Les heureux élus jubilent de joie. Accolades et sursauts se voient ici et là. Les peines et les exigences de la classe de Terminale se conjuguent ainsi au passé, car certains pensent déjà aux défis de la vie estudiantine, méditant sur une probable filière d’avenir. C’est le cas d’ailleurs de Sènami Sandrine Gnonlonfoun. « C’est ma première expérience au BAC série D et je suis admise. Je remercie beaucoup le Seigneur qui m’a aidée à avoir ce résultat. Mon rêve, c’est de devenir docteur en médecine. C’est un vœu cher à moi », a confié Sènami avec une voix à peine audible. Cependant, la désormais jeune étudiante garde un fond de tristesse car, soutient-elle, « ma joie n’est pas complète parce qu’une amie chère à moi a échoué. Ce qui me fait vraiment mal ». La candidate malheureuse en question est Yèmissi. Les deux années se sont enlacées avec des pleurs et des gémissements, Senami manquait de mots pour compatir aux douleurs de Yèmissi. Soudain, un appel aux candidats de la série A1 : « Les candidats suivants sont admissibles à la première délibération. Jury 191, Série A1 ». La formule consacrée relance encore l’attention des candidats. C’est au fil des noms et numéros matriculent qui se succèdent qu’on entend : « oooh, Dieu merci ! oooh, Dieu merci !... », s’est exclamé un parent qui s’est détaché violemment de la foule avec des cris. Approché, Nicolas Akodékou s’explique au micro de Educ’Action. « On vient de m’appeler de la maison pour me dire que ma fille est admise. On l’appelle Sandrine Mondoukpê Akodékou. Elle est à sa deuxième tentative. Vraiment, je suis animé d’une grande joie. Quand je quittais la maison, tout le monde était triste. Maintenant qu’elle est admise, la joie va remplir toute la maison», a fait savoir Nicolas. Tout joyeux, il fait déjà le choix de la profession dont il rêve pour sa fille : « Sandrine a dix-neuf (19) ans. Comme elle a fait la série A, je veux qu’elle soit journaliste ou avocate », a-t-il dit, le sourire large.

La Rédaction

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