Rencontre d’urgence entre Syndicats et Gouvernement, vendredi dernier : L’Ecole béninoise, la seule gagnante (Vers une sortie de crise des pré-insérés)

 

En réponse à l’urgence, les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales du Bénin ont tenu une séance de travail avec le Ministre d’État, chargé du Plan et du Développement (MEPD), Abdoulaye Bio Tchané, et le Ministre des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle (MESTFP), Mahougnon Kakpo.

Cette énième rencontre qui a eu lieu dans la soirée du vendredi 30 octobre 2020, au cabinet du Ministre d’État, a été l’occasion pour les partenaires sociaux et les représentants du gouvernement de concilier leurs positions autour des points revendicatifs, en l’occurrence la question du déploiement des pré-insérés et des 30 heures, objet de controverses entre les deux parties. Au sortir des échanges, un début de dégel semble se profiler à l’horizon

Résolution partielle ou définitive de la situation liée au déploiement des enseignants dits aspirants dans les établissements publics ainsi que l’épineuse question des 30 heures de cours par semaine. Ce sont-là les points majeurs de désaccord abordés à cette énième rencontre qui a réuni, autour d’une même table, syndicalistes et délégation ministérielle. Face aux ministres du gouvernement Abdoulaye Bio Tchané et Mahougnon Kakpo, se trouvent les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales que sont la CSA-Bénin, la CGTB, la COSI-Bénin, l’UNSTB, la CSUB et la CSPIB. A la suite des deux récentes séances de travail que ces partenaires sociaux ont eues avec le Président de la République sur ses invitations au Palais de la Marina, celle du vendredi dernier semble marquée un début de dégel de la crise qui cristallise, depuis le début de cette année scolaire 2020-2021, les activités pédagogiques dans l’Enseignement secondaire.

Des apprenants espérant une reprise effective des cours

Des apprenants espérant une reprise effective des cours

Difficile équation du déploiement des enseignants aspirants

Selon les informations parvenues à la rédaction de Educ’Action, jusqu’à la date du mardi 27 octobre 2020, seuls 8.738 enseignants pré-insérés ont effectivement pris service sur les 9.279 officiellement déployés depuis septembre 2020, soit 94% de l’effectif total attendu dans les salles de classes dans le public. Sur la base de cet effectif, l’évaluation des besoins en enseignants par discipline pédagogique révèle que 4.116 postes restent encore à pourvoir. Ainsi, pour combler le gap, l’option aurait été faite de mettre à contribution les aspirants en poste l’an dernier et ne figurant pas dans la base de données, soit un effectif de 1.310 enseignants. A eux, vont s’ajouter 788 enseignants sur les 981 qui ont réussi au dernier test organisé en 2020, portant ainsi l’effectif à 2.098 enseignants. Ces derniers vont donc être déployés et devraient avoir pris service depuis, hier, lundi 02 novembre 2020. Pour atteindre cet objectif, les deux représentants du gouvernement ont fait savoir aux centrales et confédérations syndicales que les services de l’Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE) et les Directions Départementales des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle (DDESTFP) sont instruits pour rester exceptionnellement ouverts durant le week-end dernier afin de répondre à l’urgence des aspirants.

Mathématiques et EPS, des disciplines toujours orphelines

Malgré cet effectif total d’enseignants pré-insérés qui s’élève désormais à 11.378, il reste néanmoins des postes en Mathématiques et en EPS qui ne sont toujours pas pourvus, faute d’enseignants non disponibles dans la base de données. Pour faire face à ce besoin, différentes options ont été formulées lors de cette séance de travail. A en croire nos informations, il s’agit d’abord de recourir aux heures supplémentaires accordées aux fonctionnaires, aux ACE et aux gestionnaires comptables des établissements secondaires pour combler les heures de Mathématiques, puis de doter uniquement les classes d’examens en professeurs d’EPS. Les responsables syndicaux, moins enthousiastes, ont, en revanche, rappelé au gouvernement l’existence en nombre suffisant d’enseignants qualifiés formés aussi bien en Mathématiques qu’en EPS dans les écoles normales mais qui, pour diverses raisons, ne figurent pas dans la base de données. Ils ont donc demandé qu’un recrutement exceptionnel soit fait afin que ces derniers puissent combler les heures vacantes en Mathématiques et en EPS. Cette option des syndicats sera étudiée en conseil des ministres, a expliqué la délégation ministérielle.

Les oubliés de la base de données

Les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales ont, une fois de plus, saisi l’occasion pour attirer l’attention des deux ministres du gouvernement sur les nombreux cas d’omissions contenus sur les deux listes publiées par le ministère en charge de l’Enseignement secondaire. Pour les responsables syndicaux, certaines personnes figurant dans la base de données n’ont pas encore été déployées jusqu’à ce jour. Pour corriger le tir, il a été retenu que le ministère instruise très rapidement les DDESTFP pour collecter et communiquer l’ensemble des cas signalés. Par ailleurs, les organisations syndicales ont été invitées à faire remonter au ministre de tutelle tous les cas d’omissions à leur connaissance.

Quota horaire : Exit les 30 heures ! La bataille des 24 heures et des 26 heures commence !

La question des 30 heures de quota horaire des aspirants a refait surface lors de cette rencontre. Désormais, pour une sortie de crise, le gouvernement propose 26 heures de cours et 2 heures d’Animation Pédagogique par semaine pour les aspirants. Du côté des organisations syndicales, cette option est à revoir. Les représentants des travailleurs ont ainsi proposé, quant à eux, que le quota n’excède pas 24 heures de cours. Avant de lever la séance, les syndicats ont évoqué la signature des contrats de cette catégorie d’enseignants et le retard accusé par les services de l’ANPE. Ils ont donc recommandé l’accélération et l’allègement de la procédure de même que le paiement des salaires de ceux qui sont en poste depuis deux mois tant au Ministère des Enseignements Maternel et Primaire (MEMP) qu’au Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle (MESFTP). Sur la question, les deux représentants du gouvernement ont pris l’engagement d’obtenir cette mesure de paiement du Ministre de l’Economie et des Finances (MEF), indiquent nos informations.

Adjéi KPONON

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