00% au Baccalauréat 2019 dans des collèges privés : Des candidats sacrifiés sur l’autel des conflits internes

L’examen du baccalauréat 2019 a enregistré cette année au Bénin, un taux moyen de réussite de 50,10%, supérieur à ceux des années précédentes, à la grande satisfaction des acteurs du système éducatif.

Dans cette euphorie, dix collèges privés ont affiché leur contreperformance par 00 admis. Sur les traces de ces collèges moins performants, Educ’Action a effectué une descente sur le terrain. Enquête !

 L’avenir n’a pu être garanti pour les six (06) candidates du Complexe scolaire privé ‘‘Avenir Garanti’’ présentées à la session 2019 du Baccalauréat. Créée à la rentrée académique 2012-2013, cette école située à Djeffa dans le département de l’Ouémé a présenté des candidats à l’examen du Baccalauréat successivement en 2015 et 2016. Toutes les fois, les résultats n’étaient pas concluants, selon Thomas Olotin, directeur de l’établissement, soutenu par son comptable Léonard Bodjrènou. L’administration a dû marquer une pause en vue de revenir en force, mais hélas ! Les trois (3) années sabbatiques semblent insuffisantes pour prendre du carburant nécessaire qui va conduire le navire au quai. Le naufrage est collectif et d’un écho retentissant désagréable, aucun rescapé de ce clash scolaire n’a pu surgir pour mériter les inscriptions dans les universités du Bénin. Qu’est-ce qui pourrait expliquer cette situation d’échec collectif de toutes les candidates au Baccalauréat de ce collège ? A cette interrogation, Thomas Olotin s’est juste contenté de confesser qu’une situation interne prévaut dans la maison et pour ne pas en rajouter à la colère de ces collègues, il se garde de ne pas en dire plus sur le sujet. Interrogé sur la débâcle de son établissement au BAC 2019, Prince Gouchola accuse la direction des études de son établissement sur le très peu de sérieux qui a caractérisé la conduite des activités académiques de son école au cours de la rentrée 2018-2019. Pour lui, plusieurs des enseignants de niveau approximatif, des infrastructures presque inexistantes, des matériels didactiques non mis à dispositions sont les raisons justificatives de l’échec. « Il arrive des jours où nous faisons des exercices en classe. Arrivé à la maison, je prends les corrigés-types des épreuves traitées avec notre professeur auprès d’autres candidats du Collège Aupiais et du CEG Gbégamey, c’est tout le contraire que j’y trouve. Le professeur lui-même s’embrouille et nous renvoie à des recherches. Plus d’une fois, j’ai dit à mes parents de me changer l’établissement mais ils s’y sont opposés au motif que je veux rejoindre mes amis du quartier dans leur école pour des parties de distraction et d’amusement », a témoigné à visage découvert, l’un des infortunés candidats rencontrés au cours de notre périple sur son établissement dont nous taisons le nom pour ne pas lui faire de la publicité gratuite. A quelques kilomètres de Djeffa, toujours dans la commune de Sèmè-Podji, le Complexe Scolaire Privé « King Amachree International School » dont aucun des candidats présenté n’a réussi, la surprise est grande. Aucune infrastructure ne renseigne de la présence d’un établissement scolaire sur les lieux. Seul un bus en stationnement sur le trottoir côté droit à Pk 10, un peu avant l’Université Houdégbé dont porte l’adresse du Collège. Selon les renseignements recueillis sur place, le CSP’’ King Amachree International School ‘’ est localisé au quartier JAK à Akpakpa. Face au taux de réussite de 0% au Baccalauréat 2019 du collège, les réactions divergent d’un responsable à un autre. Eustache Adéchian, directeur administratif de King Amachree International School déclare n’avoir aucune connaissance des candidats présentés à l’examen du Baccalauréat par son école. Prenant son téléphone, il appelle Hans Koffi Agoli Agbo, le directeur des études du département français de l’établissement d’enseignement. A son arrivée aux environs de midi, ce dernier confirme l’officialité des cinq (5) candidats présentés. Les élèves ont-ils été encadrés en cours du jour ou du soir ? A cette préoccupation Hans Koffi Agoli Agbo esquive. Mais il déclare avec force : « Notre école a toujours présenté des candidats au Baccalauréat ». Seulement, poursuit-il, cette année, quelque chose s’est passée de façon spéciale et c’est après son rapport déposé qu’il pourra se prononcer. C’est dans cette ambiance de mythe développé par l’administration scolaire de ces deux collèges que l’équipe de reportage quitte le département de l’Ouémé pour une autre destination : Collège Marie Denise. Situé dans la Commune de Zè (Département de l’Atlantique) aucun des vingt candidats présentés par ce Collège privé n’a réussi au Baccalauréat 2019. En l’absence des membres de l’administration, c’est Albert Montcho, président de l’Association des Parents d’Elèves qui reçoit l’équipe de Educ’Action. « La localité comptait beaucoup d’écoles, mais avec le temps, elles ont fermé toutes leurs portes. Les parents n’aiment pas libérer à temps les droits de scolarité des enfants et cela constitue un gros problème pour l’école », a-t-il renseigné. Joint au téléphone, René Tchanou, le directeur du Collège Privé ‘’Marie Denise’’ s’est dit triste du résultat enregistré cette année au baccalauréat avant de confier qu’à la prochaine rentrée, il sera obligé de jeter la clef sous le paillasson.

Classe de Terminale du CP Marie Denise

Une classe de Terminale du CP Marie-Denise

Jules A. LOKO & Romuald D. LOGBO

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