Examens de fin d’année dans les centres de composition : Quand l’accompagnement des parents est diversement apprécié

Les mois de mai et juin riment avec le déroulement des examens de fin d’année au Bénin.

Et déjà, le premier à retenir les attentions, la semaine écoulée, est bien le Brevet d’Etudes de Premier Cycle (BEPC). Plus de 205.000 candidats l’ ont passé avec en back office les parents pour soutenir et remonter le moral à leurs progénitures. Nombreux, ils ont pris d’assaut les centres de composition le lundi 27 mai 2019 pour témoigner leur affection parentale. Ce qui est mal apprécié des chefs centres qui décèlent dans ce comportement des parents de graves conséquences sur les candidats. Reportage !

«Ce matin, nous avons voulu filtrer l’entrée, mais c’est presque impossible. Les mamans ne voulaient pas se séparer de leurs enfants et se sont introduites dans l’enceinte de l’établissement. C’est avec l’aide de la police que nous sommes parvenus à les renvoyer pour la sécurité du centre. Les enfants n’ont pas besoin de l’aide des parents jusqu’à ce niveau puisque cela risque de les stresser davantage ». Ainsi se confie, irrité, le Chef centre du CEG Houéyiho, ce lundi 27 mai 2019, premier jour de l’examen du BEPC. En effet, tôt le matin, de nombreux candidats ont rallié ce centre de composition, logé au cœur de la ville de Cotonou. Diversement habillés, ils bénéficient des soins, affection et attention de leurs géniteurs qui, également, ont marqué leur présence de ce centre. On y dénombre presque autant de candidats que de parents. Pour ce premier jour de composition, le centre grouille de monde au grand dam des responsables du centre qui ne cachent pas leur aversion. Pas loin de là, au centre de composition du CEG Vèdoko, le constat est identique. « Ce n’est pas un bon comportement. Il faut laisser les enfants voler de leurs propres ailes à un certain âge. On ne peut pas être collé aux enfants sinon, ils n’auront pas à développer des aptitudes personnelles. Un enfant, il faut le couver mais à un âge donné, il faut savoir lâcher », a déclaré à Educ’Action Albert Rodriguez, Chef centre.

De la réaction des parents de candidats

A l’opposé des discours des chefs centres, les parents ont aussi leurs argumentaires qu’ils soutiennent mordicus. Pour Pascal Zountchémin, directeur du Centre Africain de Formation et de Perfectionnement en Journalisme (CAFPJ), parent d’élève par ailleurs, ‘’il faut savoir lâcher… C’est simple de le dire. Mais il y a plusieurs motifs liés au fait que les parents tiennent à jouer ce rôle’’. A l’en croire, cet accompagnement du moment a bien des effets positifs sur le candidat : « ... ça rassure le candidat qu’il n’est pas abandonné et que son parent est avec lui. C’est aussi le moment de lui prodiguer les derniers conseils nécessaires à sa réussite. Personne ne sait comment son enfant s’est réveillé ce jour d’examen pour ensuite l’abandonner à son sort. Donc, ce geste peut être en réalité un accompagnement psychologique, un réconfort moral pour l’enfant. C’est une hypothèse. Dire que cela stresse en est une autre qu’il faudra démontrer. Moi, je suis universitaire et je ne puis tolérer de telles affirmations gratuites.» Pour dame Solange Atindogbé, parente de candidat rencontrée sur les lieux, «c’est une première pour ma nièce, élève au CEG les Pylônes et qui compose ici au CEG Vèdoko. Je ne me vois pas en train de l’envoyé seul à son centre d’examen. Aujourd’hui est un jour spécial. Si tout va bien, c’est la seule fois ou m’a fille s’en va composer au BEPC. Je me dois en tant que mère, de lui apporter tout mon soutien moral, physique et spirituel ; quitte à mettre toutes les chances de son côté» Outre ce soutien majeur dont elle qualifie sa présence, elle a également fort heureusement aidé un autre candidat qui se perdait, à retrouver son numéro de table et sa salle de composition. « Je remercie cette maman qui m’a témoigné son amour en aidant à retrouver mon numéro de table », a dit fièrement et heureux ce candidat dont le moral était précédemment éprouvé par la situation. Ousmane Nico, parent de candidat, rassure, quant à lui, que « c’est bien le seul moment où on sent que l’enfant sera apeuré. Or si toi le parent, tu l’accompagnes, tu pourras lui remonter le moral.» Faux ! rétorque le chef centre Albert Rodriguez pour qui : « Ce comportement ne motive en rien parce que la séparation est parfois douloureuse au niveau de la salle de classe et ce n’est pas bien. Il faut pouvoir dire au revoir à l’enfant depuis le seuil de la maison, c’est largement suffisant ». Pour Pascal Zouncthémin, sûr de lui-même : « A priori l’adressage des salles d’examens ne permettent pas aux candidats de vite retrouver leurs numéros. La veille d’ailleurs, pour des raisons qui se justifient, on interdit aux parents de venir voir les numéros. Ces derniers viennent en renfort aux candidats pour retrouver leurs salles d’examens et leurs numéros de table. Autre constat est que les noms sont affichés en abondance sur les tableaux. Il n’est donc pas aisé à un enfant de se retrouver rapidement sur une liste. Par conséquent, la présence des parents, loin de stresser, ne devrait pas susciter de polémiques... »

Ancine DJENGUE (Stg)

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