Plus de 32% des ressources du MESTFP à l’Alphabétisation en 2019 : Vers la professionnalisation du secteur pour une AEA de qualité

Longtemps considéré comme parent pauvre des structures relevant de la tutelle du Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle,le sous-secteur de l’Alphabétisation vient d’être requinqué à travers son budget, exercice 2019.

Contrairement aux budgets antérieurs dont les courbes descendantes sont perçues aux yeux des acteurs comme un manque de volonté politique, celui du présent exercice semble bien changer la donne traduisant l’attention des décideurs politiques à l’Alphabétisation et à l’Education des Adultes (AEA). Dans le rang des acteurs et opérateurs privés du sous-secteur, on est partagé entre soulagement et déception.

L’un des chantiers ouverts par le ministre Mahougnon Kakpo à la tête de son département ministériel, reste son combat pour l’amélioration du budget réservé au sous-secteur de l’Alphabétisation. Cette ambition de l’autorité porte progressivement ses fruits ; en témoignage l’accroissement dudit budget pour l’exercice 2019, porté à plus de 32%. Ce qui constitue, aux yeux des acteurs de ce sous-secteur, un véritable acquis. Pour en arriver là, à en croire Franck Arnauld Sedjro, Secrétaire général de ReNOPAL, le parcours a été long, périlleux, et fait d’obstacles. Il rappelle, à propos, que des plaidoyers, ateliers et séminaires d’explications, des rencontres avec les Parlementaires initiés par le ReNOPAL ont été organisés pour sensibiliser les parties prenantes. « L’accouchement n’a pas été sans douleur. L’autorité ministérielle a fait de ce chantier l’une de ses priorités », a informé Arnauld Gbaguidi, enseignant de la théorie et de la pratique de l’Alphabétisation fonctionnelle dans les Universités du Bénin. Pour lui, « le ministre a fait de l’Alphabétisation une seconde religion. Il n’a donc pas hésité à porter en personne cette augmentation dans des conditions où le budget général du Ministère a été abattu. Accepter dans ces conditions budgétaires d’accorder une attention particulière au sous-secteur de l’Alphabétisation est un choix éclairé qui épouse la vision du Gouvernement déclinée dans son PAG. C’est donc une initiative à saluer. » Le Conseiller technique à l’Alphabétisation au Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle poursuit en ces termes : « le ministre est resté sensible aux différentes initiatives de certains promoteurs privés dont le ReNOPAL à la veille et tout au long du processus de vote du budget par l’Assemblée nationale. L’engagement et la proactivité de certains promoteurs privés de l’Alphabétisation ont aussi payé. « Le ReNOPAL et nous, sommes des partenaires. Et c’est un partenaire privilégié du sous-secteur de l’Alphabétisation. A chacune de leur activité, on est impliqué et à chacune des activités du ministère, ils sont impliqués. », a-t-il ajouté pour apprécier la collaboration entre le ministère et le ReNOPAL, l’un des opérateurs privés phares du sous-secteur. « L’Etat a entendu notre cri de détresse à travers l’arbitrage interne du budget au Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle. Au niveau de ce réaménagement interne, nous avons constaté que le montant alloué à l’Alphabétisation comparativement à l’année dernière, a connu une augmentation substantielle », s’est réjouit Franck Arnauld Sedjro car pour lui, les lignes ont bougé. « Je ne saurais donner un chiffre exact, mais il y a quand même une évolution qui permet d’espérer que quand nous allons poursuivre le plaidoyer, les lignes finiront définitivement et véritablement par bouger», a-t-il fait savoir. S’agissant des priorités et ambitions, renseigne-t-il, le ministère et le ReNOPAL s’engagent résolument pour le même combat : celui d’investir davantage dans le renforcement des capacités des acteurs d’une part et dépasser l’étape d’écriture et de lecture pour faire de l’Alphabétisation, un véritable secteur d’éducation et de formation professionnelle d’autre part. La réalisation de ces projets passe par des actes concrets. « Pour nous, le concret c’est que déjà au niveau du budget général de l’Etat, nous puissions voir clairement que près de 2% du budget de l’éducation soient affectés au secteur de l’Alphabétisation. J’ai pris l’exemple de 2% parce que selon l’UNESCO, les Etats parties doivent faire l’effort d’octroyer au moins 3% du budget de l’éducation au sous-secteur de l’Alphabétisation». Malgré cette hausse du budget applaudie par plusieurs acteurs du sous-secteur, Franck Arnauld Sedjro reste, tout de même, préoccupé du fait que le sous-secteur de l’Alphabétisation n’est pas encore à 1% du budget général de l’Etat comme le recommande l’UNESCO.

Jules A. LOKO (Stg)

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