Blaise Agossa à propos des défis du sous-secteur Primaire

 

« Nous devons améliorer le taux d’accès et le taux de rétention en 2020 »

L’amélioration des taux d’accès et de rétention reste le principal défi à relever au Primaire au titre de l’année scolaire en cours.

C’est du moins l’essentiel à retenir des propos de Blaise Agossa, directeur de l’enseignement primaire. Il n’a pas manqué de faire le point de l’année écoulée avant d’aborder d’autres questions non moins importantes de la vie de l’école béninoise. C’est à travers cette interview qu’il a bien voulue nous accorder. Entretien !

Educ’Action : Vous avez fait une tournée sur Lokossa et Grand-Popo, il y a deux semaines. Qu’est-ce qu’on peut retenir de cette tournée ?

Blaise Agossa : C’est vrai que nous sommes allés plusieurs fois à Grand-Popo dans le cadre de la rédaction des décodables afin de réviser les curricula du Cours d’Initiation (CI) en français et en mathématiques. Là-bas, comme je l’ai dit, nous sommes en train de rédiger les manuels de lecture qu’on appelle communément décodable. Lequel, sera beaucoup plus digeste, accessible que les documents de lecture que nous utilisions. En dehors de cela, nous sommes en train d’écrire aussi les cahiers d’activités puisque ces cahiers vont de pairs avec les manuels de lecture. Dans le même ordre d’idées, nous sommes aussi en train de concevoir des planches de communication orale. Nous élaborons également des fiches pédagogiques pour ces enseignants. Que cela soit en lecture initiale, en écriture ou en communication orale. Pour les mathématiques, c’est la même chose. Nous sommes en train de réviser le programme des mathématiques et cela s’est passé à Lokossa. Nous allons rédiger à Lokossa, le manuel de mathématiques CI et les cahiers d’activités de mathématiques. La structure qui a le lead de cette grande activité, c’est la Direction de l’Inspection et de l’Innovation Pédagogique (DIIP). Il y a des structures impliquées comme la Direction de l’Enseignement Primaire, l’Institut National pour la Formation et la Recherche en Education (INFRE). Nous sommes ensemble avec le cabinet qui désigne des gens, chaque fois, pour nous assister. D’ailleurs, c’est le secrétaire général du Ministère qui est le rédacteur en chef de ces documents. Il y a aussi l’Unité d’Appui Technique aux Structure du MEMP qui coordonne ces activités sous la houlette de la Banque Mondiale.

Nous avons amorcé une nouvelle année depuis deux mois. Quel bilan peut-on faire de l’année écoulée ?

Il faut partir d’abord du résultat un peu élogieux qu’on a connu par rapport au CEP. Cette année, on a évolué encore plus de 20 points puisque nous sommes à 84,18% au CEP 2019. Alors que l’année dernière, ce n’était que 64,44%. S’il faut faire aussi un bilan, c’est que nous avons réussi à évoluer dans le domaine de l’élaboration d’un document où les stratégies des alternatives éducatives ont été mises en place avec l’aide de la Coopération Suisse. Le document est presque fini. Il faut aussi dire que désormais, les directeurs gèreront les subventions alors que par le passé, c’était des comptables-gestionnaires. Nous avons également l’anglais qui fait son petit bonhomme de chemin. Avec l’introduction de l’anglais au Primaire, nous sommes déjà au CE1 maintenant et c’est une très bonne chose. Si vous allez dans les classes, vous allez voir les enfants parler l’anglais. Il faut dire aussi que nous avons travaillé de commun accord avec les PTFs comme la GIZ, Educo, le PAEFE, etc. Aujourd’hui, les enseignants, de plus en plus, sont conscients aussi bien au niveau de leur travail qu’au niveau de leurs comportements, c’est-à-dire qu’on ne sent plus les retards en classe comme auparavant. La culture de la ponctualité est entrée dans les habitudes de l’enseignant aujourd’hui.

Quels sont les défis pour cette année scolaire 2019-2020 ?

Le plus grand défi à relever, c’est d’améliorer les différents taux qui constituent les principaux indicateurs pour un système éducatif comme le nôtre, c’est-à-dire le taux d’accès. Nous devons tout mettre en œuvre pour améliorer le taux d’accès et le taux de rétention. Il ne s’agit pas d’inscrire simplement l’enfant à l’école, il faut qu’il reste jusqu’à un niveau donné. Il y a le taux de réussite aussi bien dans les classes qu’au CEP. Si on essaie d’améliorer ces taux, ce serait bien. Les cantines scolaires jouent un rôle prépondérant dans l’amélioration du taux de rétention. Lorsque l’enfant qui n’a rien à manger à la maison vient trouver un repas à chaud à l’école, il sera obligé de continuer. Le ventre affamé n’a point d’oreille. S’il sait qu’il a un repas chaud et copieux à l’école, il ira et y restera. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 61% de taux de couverture en matière de cantines scolaires. Un autre défi, nous tendons vers les 100% de couverture des écoles à cantines scolaires.

Quelles sont les perspectives pour cette année dans le Primaire ?

Je parlerai du Groupe Local de l’Education (GLE). Ce groupe évolue normalement par rapport aux questions en éducation. Nous étions très heureux lorsque notre ministre nous a annoncé que le gouvernement a pris la décision d’étendre l’éducation de base jusqu’en classe de Terminale. Désormais, c’est l’un des défis à relever parce que lorsqu’on étend l’éducation de base jusqu’en classe de Terminale, c’est que notre système éducatif est en train de s’améliorer. Le niveau de nos enfants s’améliore.

Que dire pour conclure ?

Je voudrais inviter les directeurs à bien gérer les subventions parce qu’ils sont formés pour cela. Ils n’ont qu’à gérer comme cela se doit pour qu’il n’y ait pas de ratés. Pour conclure, je voudrais souhaiter une bonne et heureuse année à tous. Que chacun ait la santé nécessaire qu’il faut pour relever les défis.

Propos recueillis par Enock GUIDJIME

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