Blaise Agossa, à propos de la gestion des subventions allouées aux écoles

 

« Désormais, ce sont les directeurs d’école qui vont gérer les subventions »

Bonne nouvelle pour les chefs d’établissements au Primaire et à la Maternelle.

Ils auront à compter de cette année scolaire, à eux-mêmes gérer directement les subventions gouvernementales pour leurs écoles. Ce scoop, nous le tenons du Directeur de l’Enseignement Primaire Blaise Agossa. Plusieurs autres questions liées à l’année scolaire écoulée et celle en cours ont été également abordées avec notre interviewé, qui, sans langue de bois, renseigne sur les changements majeurs qui vont être opérés à l’enseignement primaire au cours de la présente année scolaire. Entretien !

 

Educ’Action : Monsieur le directeur, quel bilan pourriez-vous nous dresser de l’année scolaire 2018-2019 ?

Blaise Agossa : Je remercie d’abord tous les acteurs de notre système éducatif pour le travail accompli au cours de l’année scolaire 2018-2019. S’il y a un bilan à faire, c’est pour vous dire que le bilan est globalement positif. A voir le taux de réussite que nous avons eu au CEP, 84,18%, je ne peux que me réjouir. Le bilan est satisfaisant. Les enfants ayant composé sont admis brillamment. En dehors de cela, il y a aussi le climat vraiment apaisé. C’est une année scolaire où il n’y a pas eu de grève. C’est ce qui a permis aux enseignants d’avoir ce résultat très encourageant. Donc, on ne peut que remercier les partenaires sociaux, les enseignants, les élèves eux-mêmes qui ont travaillé et pour finir les parents d’élèves. Donc au cours de cette année qui vient de s’achever, on peut dire que le bilan est positif.

Les acteurs du système éducatif ont renoué déjà avec les classes. Quel a été la mission de la Direction de l’Enseignement Primaire en termes de préparatifs de cette rentrée ?

A la Direction de l’Enseignement Primaire, la première action que nous avons menée, c’est l’élaboration conjointe du calendrier scolaire avec la direction de l’enseignement secondaire général. Après cette élaboration, nous avons vulgarisé le calendrier qui est connu de tous. En dehors de cela, toutes les tâches administratives liées à la préparation d’une bonne rentrée de classe sont menées. On peut dire donc que la rentrée est aujourd’hui effective sur l’ensemble du territoire national. Après le lancement, nous avons effectué une tournée de rentrée. Cette tournée a duré cinq (05) jours, c’est-à-dire du lundi 16 au vendredi 20 septembre dernier. Cette tournée nous a permis de parcourir presque tous les départements de notre pays. L’objectif de cette tournée est de contrôler l’effectivité de la reprise des classes. Est-ce que les enfants sont arrivés ? Est-ce que les enseignants vont travailler ? Est-ce que les enseignants sont là pour le démarrage des cours ? C’est ce que nous cherchions à vérifier en initiant cette tournée. C’est une tournée composée d’une délégation des directeurs techniques et centraux, des chefs services, des Directeurs Départementaux des Enseignements Maternel et Primaire, des Chefs de Régions Pédagogiques, des Conseillers Pédagogiques, des directeurs d’écoles. Cette tournée est dirigée par le ministre lui-même.

Quels sont les changements majeurs qui entrent en ligne de compte pour cette année académique à l’enseignement primaire ?

Pour le compte de l’année scolaire 2019-2020, comme nous sommes confrontés à la pénurie d’enseignants, nous avons essayé de procéder à des fusions de classes dans des complexes scolaires. Nous avons donc fait ces fusions pour pouvoir utiliser le nombre d’enseignants ailleurs afin que les classes sans enseignants soient pourvues. Tout le Bénin est concerné par cette fusion. Lorsqu’on va dans une école et on voit que l’effectif d’une classe n’est pas trop, on agit. Si c’est deux classes qui ont 15 ou 20 élèves par exemple, il vaut mieux fusionner pour avoir une seule classe et utiliser le second ailleurs. En ville, nous avons des effectifs pléthoriques. Il y a des classes de 80 élèves, des classes de près de 70 élèves, de 100 et autres. On ne peut pas avoir ce nombre d’élèves dans une classe alors qu’ailleurs, il y a un seul maître pour 15 seulement. Il y a aussi l’expérimentation de l’introduction de l’anglais dans notre système éducatif. L’expérimentation a déjà touché le CE1. Comme changement, nous sommes en train de faire la relecture des programmes et des manuels scolaires. Si les choses vont bien, nous pouvons avoir de nouveaux documents. En dehors de cela, il y aura aussi des changements au niveau de la gestion des subventions allouées aux écoles. La gestion va connaître un peu de changement entre les comptables gestionnaire et les directeurs. Désormais, ce sont les directeurs d’école qui vont gérer ces subventions.

Qu’est-ce qui justifient ces changements ?

C’est d’abord la bonne gestion. C’est pour gérer avec parcimonie le nombre d’enseignants que nous avons. Il faut dire qu’il manque cruellement d’enseignants. On ne peut pas continuer à gérer les enseignants de cette manière où un seul enseignant prend en charge 15 ou 20 enfants. Ce n’est pas bon. Il faut respecter le ratio élèves-maître.

En tant qu’acteur du système éducatif, quel message avez-vous à adresser aux élèves en ce début de rentrée ?

Si j’ai un message à adresser aux élèves, c’est un message de paix. C’est pour leur dire de travailler sérieusement et de respecter toutes les consignes qui seront données par leurs enseignants. Seul le travail paie. C’est fini avec les vacances. Il faut renouer avec les classes. En ce moment, je pense que si un enfant travaille correctement, le résultat sera bon.

Propos recueillis par Enock GUIDJIME

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