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Blaise Coovi Djihouessi sur la partition des chefs religieux à l’ESS

 

« ... S’ils n’étaient pas là, nous pourrions commettre des erreurs »

Dans ce long processus de mise en place et d’implémentation de l’Education à la Santé Sexuelle, figurent en bonne place les chefs et responsables religieux et traditionnels.

Ils ont activement contribué à la définition des contenus d’enseignement et de la rétention de l’approche éducative. Dans ce dernier extrait de son interview qui boucle la série de dossiers, Blaise Coovi Djihouessi, Directeur Général de l’INIFRCF, revient sur la contribution de ces garants et dignitaires religieux ainsi que le rôle des Ongs dans le même dispositif d’instruction sur l’ESS.

Educ’Action : Quelle est la contribution des autorités religieuses ?

Blaise Coovi Djihouessi : Ce sont nos partenaires et nous sommes très attentifs à ce qu’ils nous apportent comme contributions. Ceux que j’ai à l’esprit sont : l’Imam de la mosquée de Ouando (Porto-Novo), le directeur national de l’enseignement catholique, un dignitaire des religions endogènes. L’apport de chacun a permis au programme de ne pas connaître de résistances au Bénin. Parce que nous ne les invitons pas pour les convaincre, mais nous les invitons pour qu’ils puissent nous orienter. En séance, il y a des débats qui se mènent sur les choix à opérer.

Comment avez-vous apprécier la sortie de l’Église Catholique du Bénin ?

L’Église Catholique, les fidèles musulmans et ceux des religions endogènes ont tous contribué à l’orientation de cette initiative. Ils ont tous participé aux choix terminologiques parce qu’au début, c’était ‘’l’Education Sexuelle Intégrée’’. Nous avons compris très tôt que le terme d’Education Sexuelle pouvait porter à confusion. En effet, quand on parle d’Education Sexuelle, il y a la sexualisation qui porte sur notre façon d’utiliser notre sexualité. Est-ce qu’on veut apprendre aux apprenants à utiliser leur sexualité de telle ou telle façon ? NON! Et ainsi de suite. C’est de commun accord avec les responsables religieux et les garants de la tradition que nous avons opté pour la dénomination Education à la Santé Sexuelle (ESS). Toutes les dispositions ont été prises pour éviter d’éventuels dérapages et pour éviter des représentations tendancieuses des activités que nous menons.

Quelle est votre appréciation de la participation des leaders religieux et traditionnels ?

Je peux dire que s’ils n’étaient pas là, nous pourrions commettre des erreurs. Leur participation nous a emmené à éviter certaines erreurs. Ils participent tous à nos ateliers et interviennent lors des débats où c’est le consensus qui domine. Nous ne votons pas parce que le vote, dans ce contexte-là, peut nous poser un certain nombre de problèmes. Ce n’est pas la voix de la majorité qui l’emporte, c’est le poids de l’argumentaire. Quand l’argumentaire est bien fondé et se justifie, même si c’est une seule personne qui a un point de vue différent de celui des autres, il a alors raison de la majorité.

Quel retour avez-vous de la part des parents ?

La plupart des parents sont satisfaits. Ils voudraient même qu’on les forme pour qu’ils puissent nous accompagner dans le processus.

Quelles relations entretenez-vous avec les ONGs du secteur ?

Nous travaillons avec certaines ONGs. Mais nous avons aussi un document qui a été édité pour définir les conditions d’intervention des ONGs sur la thématique de l’Education à la Santé Sexuelle. Avant d’intervenir dans un établissement, toute ONG doit avoir une autorisation. Il nous est parvenu que certaines ONGs distribuent des préservatifs aux enfants dans les écoles. Il y a même un parent qui a découvert des préservatifs dans le sac de sa fille de 12 ans. Quand il a demandé leur origine à sa fille, cette dernière a dit que cela leur a été distribué à l’école. J’ai été obligé d’intervenir sur une chaîne de radio pour montrer que cette ONG a agi sans autorisation. Le ministre a instruit les directeurs départementaux pour qu’ils veillent à ce que les ONGs présentent le dossier qui les autorisent à aborder cette thématique avant d’intervenir dans les écoles. Leur intervention peut en effet, perturber le travail scientifique qui est fait. Bientôt, nous aurons une séance de cadrage avec ces ONGs pour que les parents n’aient pas une mauvaise représentation de cette initiative parce qu’une ONG aurait abordé avec maladresse la thématique de l’Education à la Santé Sexuelle (ESS).

Réalisé par la Rédaction de Educ'Action

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