Mise en œuvre du PSE 2018-2030 à la maternelle : 301 salles de classes à construire dans 150 écoles pour 640 enseignants à recruter (Encore des difficultés à aplanir pour atteindre ces objectifs)

Fidèle à son engagement d’occuper une partie des colonnes de votre journal Educ’Action avec la thématique du Plan Sectoriel de l’Education 2018-2030 tout au long du mois de mars, une incursion a été faite dans le sous-secteur de l’Enseignement maternel.

Organisée en trois phases à savoir 2018-2021 ; 2022-2024 ; 2025-2030, la nouvelle architecture du système éducatif donne une place de choix au préscolaire qui fait partie de l’éducation de base de 12 ans et en est d’ailleurs la première composante. Educ’Action, dans sa troisième livraison sur la thématisation cette semaine, vous introduit dans les trois modes qui assurent l’accès à cette option d’enseignement tout en révélant les actions inscrites et réalisées dans ce bréviaire éducatif. Un coin de voile a été levé sur les projets en cours de réalisation. Laissez-vous emballer par la mise en œuvre du PSE 2018-2030 dans l’Enseignement maternel.

Enseignement maternel : Les 4 objectifs spécifiques pour accroître le taux de scolarisation au préscolaire à 25% en 2021

Considéré comme un luxe et facultatif pour les parents d’élèves, l’Enseignement maternel reste cependant la première priorité du secteur de l’éducation. L’objectif de cette option d’enseignement à l’horizon 2030 est d’assurer aux enfants de 03 à 15 ans, l’acquisition de compétences nécessaires pour une post éducation de base. Pour adresser cet objectif, le mode public, le mode privé et le mode communautaire sont mis à contribution pour passer du taux brut de scolarisation au préscolaire en 2015 de 15,6% à 25% en 2021 avec une intention accrue sur la promotion du mode préscolaire communautaire. « Accroître l’accès et la rétention des enfants de 03 à 15 ans à une éducation de base, assurer aux enfants de 03 à 15 ans, une éducation de base équitable et inclusive en favorisant, entre autres, l’accès et le maintien des filles à l’éducation de base, assurer aux enfants de 03 à 15 ans une éducation de base de qualité, l’amélioration de la gestion et du pilotage de l’éducation de base concernant à la fois toutes les composantes de l’éducation de base », fait savoir à Educ’Action, Mireille Afouda, directrice de l’Enseignement maternel pour renseigner respectivement sur les quatre objectifs spécifiques visés pour atteindre l’objectif principal. De l’atteinte de ces objectifs spécifiques dépendent certaines stratégies en perspective.

Pour passer à 25% de taux de scolarisation au préscolaire en 2021 : Des stratégies mises en place pour la concrétisation du rêve

Pour ce qui est du premier objectif spécifique, les stratégies mises en place sont l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de sensibilisation des collectivités et communautés locales sur les questions de préscolarisation. Toujours dans cet objectif spécifique, il est prévu également l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme d’appui aux initiatives pertinentes des ONGs et des communautés, la création de nouvelles écoles maternelles publiques et des centres préscolaires communautaires dans les zones rurales avec une attention pour les zones défavorisées. Pour ce qui relève de l’objectif spécifique N°2, il est prévu la mise en place des mesures favorisant le recrutement et le maintien des enseignantes dans les zones rurales pour servir de modèles. Les stratégies et les actions prévues pour être à la hauteur de l’objectif N°3 sont en général transversales. « Il y a la formation initiale et continue des enseignants et du personnel d’encadrement avec un accent sur la formation d’inspecteurs et de conseillers pédagogiques spécialisés dans l’encadrement des enseignants du préscolaire 2018-2030 ; l’adaptation des programmes de formation à la nouvelle approche de l’éducation de base, ce qui implique la définition des profils d’entrée et de sortie dans l’éducation de base, la revue des programmes en lien avec les profils d’entrée et de sortie de l’éducation de base, l’actualisation des programmes pour leur adaptation au profil 2018-2030, rendre disponibles et à temps dans tous les établissements de l’éducation de base, y compris les établissements spécialisés, les intrants pédagogiques 2018-2030 », a détaillé Mireille Afouda, collaboratrice de Salimane Karimou.

Une brochette d’actions réalisées dans l’Enseignement maternel

182 écoles maternelles publiques et privées sont créées pour le compte de la rentrée scolaire 2018-2019 ; 723 enseignants suppléants ont été recrutés pour le compte de la rentrée scolaire 2019-2020, mais 627 ont effectivement pris service, 163 écoles maternelles publiques ont bénéficié du mobilier et du matériel ludique et didactique, 73 kits pédagogiques ont été distribués par l’UNICEF dans les espaces enfances. Ce sont les actions réalisées par le MEMP depuis l’élaboration de la nouvelle armature éducative jusqu’à aujourd’hui pour l’amélioration de l’accès au préscolaire. Suivant en effet le principe de la tenue biennale du Conseil Consultatif National, il est loyal d’attendre celui de 2020 pour autoriser d’autres créations d’écoles. A l’instar de la création des écoles, le mode préscolaire communautaire tant voulu pour booster le taux de préscolarisation dans les zones défavorisées est déjà une réalité. « Ce mode existe même avant la validation du Plan Sectoriel de l’Education post 2015, dans certaines communes avec l’appui des PTFs et ONGs comme UNICEF, LARES, RACINES. Pour plus d’effets, dans ce domaine, des activités sont en cours cette année 2020, aux fins de faire créer davantage par la population des zones indiquées supra des centres préscolaires communautaires, ceci dans une approche participative et consensuelle », a expliqué Mireille Afouda, directrice de l’enseignement maternel pour mettre en lumière l’effort des PTFs et ONGs pour le rayonnement de la petite enfance. Par rapport aux infrastructures à réaliser, renseigne la directrice, des communes ont bénéficié du fonds FADeC pendant que certaines constructions sont faites et d‘autres projets y relatifs sont en cours. Toujours au niveau de ce sous-secteur, la formation continue des enseignants, suit son cours pour l’amélioration de la qualité de l’éducation des tout-petits. « Avec le soutien des PTFs et ONGs, la formation continue se réalise à travers les visites et inspections de classe assurées par les Chefs de Région Pédagogique et les Conseillers Pédagogiques », a laissé entendre Mireille Afouda. Des réformes sont en cours toujours dans la perspective de parfaire certains compartiments de ce secteur. « Des réformes sont prévues dans les textes d’admission des enseignants dans les écoles normales de formation et élèvent le niveau d’entrée dans ces écoles au BAC au lieu du BEPC, pour un enseignement de qualité. La maternelle n’est pas exclue. Par ailleurs, l’évaluation du programme et des documents d’accompagnement en vigueur dans les écoles maternelles est prévue pour cette année. Par rapport aux intrants pédagogiques, des prévisions d’achat du matériel sont faites à partir des besoins exprimés par les écoles. La structure responsable de cet achat est déjà saisie pour le nécessaire à faire », a précisé la directrice de l’enseignement maternel.

Mise en œuvre du PSE 2018-2030 à la maternelle : 264 salles de classes à construire au profit de 132 Centres Préscolaires Communautaires chaque année

Toutes les actions ont toujours des fruits qu’ils soient positifs ou négatifs. Utilisant des stratégies et actions, des résultats sont attendus à court, moyen ou à long terme dans les différents objectifs spécifiques déclinés plus haut. Donc, les résultats attendus pour la création annoncée sont 301 salles de classes construites dans 150 écoles maternelles par an avec 264 salles de classes déjà construites au profit de 132 Centres Préscolaires Communautaires par an. « Il y a également l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme de construction, de réhabilitation et d’équipement des écoles maternelles publiques dont les salles de classe, latrines, clôtures, points d’eau, aires de jeux, etc. Nous avons également l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de recrutement des enseignants de l’éducation préscolaire », a renchéri la DEM pour montrer toute l’attention et l’engagement des acteurs de l’éducation, notamment ceux de la petite enfance à rendre attractive et riche l’option maternelle. En outre, les résultats attendus en termes de recrutement sont 640 enseignants recrutés dans le préscolaire public par an de 2018 à 2030. Pour ce qui est de l’assurance du bien-être des enfants et des enseignants dans l’éducation de base, il y a la promotion des activités sportives, ludiques et culturelles dans les établissements de l’éducation de base par la mise en place des mesures favorisant le recrutement et le maintien des enseignants dans les zones rurales pour servir de modèle.

PSE 2018-2030 à la maternelle : Des goulots d’étranglement plombent certaines réalisations

La nouvelle charpente éducative qui se veut ambitieuse, ne manque pas d’essuyer des difficultés, notamment au niveau de l’enseignement maternel. Ce qui affecte aussi la qualité de l’éducation préscolaire. A cet effet, le niveau de la réalisation est encore en deçà des attentes. « l’accès à la maternelle rendu non-obligatoire par les textes que sont la loi N° 90-32 du 11/12/90 portant Constitution du Bénin qui n’a rendu obligatoire que le primaire en son article 13, la loi N° 2003-17/11/11/03, portant orientation de l’éducation du Bénin amène certains parents à inscrire directement leurs enfants au CI, le faible engagement des ONGs et PTFs dû à cet accès non obligatoire et qui les conduit à plus mobiliser leurs actions vers le primaire où certains continuent de s’y investir. Il y a aussi l’inexistence des écoles maternelles privées dans les zones rurales, surtout celles enclavées et la faible implication des collectivités locales et des parents dans la vie des écoles fragilisant ainsi la relation école-famille-collectivité », a confié à Educ’Action le numéro 1 de la Direction de l’Enseignement Maternel renseignant sur certains problèmes qui affectent ce sous-secteur. Tout comme les autres sous-ordres, le manque du personnel qualifié que sont les enseignants et éducateurs sont également des problèmes au niveau de l’éducation des petits enfants. Ce qui, à en croire Mireille Afouda, impacte négativement la qualité de l’enseignement et la performance des enfants au primaire. L’autre problème qui empiète sur les actions à réaliser dans les écoles maternelles est le ratio élève-maître dont la barre est haute. « Le ratio élève-maître très élevé, contrairement aux normes à cause de la démotivation au sein des enseignants par manque de savoir-faire professionnel et le manque de clarté, de précision dans les approches, démarches pédagogiques et contenus notionnels du programme en vigueur, occasionnant des disparités de pratiques pédagogiques dans les écoles », dira-t-elle. Le faible suivi des enseignants sur le terrain dû à l’insuffisance numérique du corps d’encadrement qui est source de toutes sortes de déviances pédagogiques et morales couplé à l’inexistence du corps d’encadrement spécialisé maternelle ; le faible financement de cette option qui ne garantit pas la mise en place suffisante des infrastructures et équipements appropriés associé à l’utilisation des infrastructures inadéquates dont les classes sous paillote, des salles manquant dans des normes ou sous les arbres, anciens magasins de stockage des produits ou intrants agricoles transformés en salles de classe exposant ainsi la santé fragile des enfants ; la faible prise en compte des enfants à besoins spécifiques due au manque d’infrastructures d’accueil et d’enseignants qualifiés sont les autres difficultés chevauchant sur les projets de ce sous-secteur.

Réalisé par la Rédaction de Educ’Action

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