Blaise Agossa, DEP/MEMP, à propos du PSE Post 2015 : « 609 salles de classes seront construites et 1.020 à réhabiliter dans le Primaire par an »

Deux (02) ans après la validation et l’adoption du nouveau Plan Sectoriel de l’Education (PSE Post 2015) en conseil des Ministres, les acteurs du système éducatif béninois demeurent dans l’attente de la mise en œuvre des orientations éducatives contenues dans ce précieux document élaboré sous la houlette du ministre des Enseignements Maternel et Primaire, Chef de file des ministres de l’éducation, Salimane Karimou.

Dans ce numéro II de la parution du mois sur la problématique du PSE, Educ’Action descend dans ce sous secteur pour y apprécier les chantiers réalisés ou amorcés en lien avec les nouvelles options éducatives prônées à l’horizon 2030. A travers cette interview exclusive, Blaise Agossa, directeur de l’Enseignement primaire, nous retrace les initiatives et réalisations de son département ministériel, pour progressivement juguler les problèmes de la demande, de l’offre, de la qualité et de la gouvernance éducative. Lisez plutôt !

Educ’Action : Quelle part réservez-vous à l’Enseignement primaire dans la mise en œuvre du PSE Post 2015 ?

Blaise Agossa : La part réservée à l’Enseignement primaire est bien considérable. Mais avant d’en arriver là, il faut parler d’abord du diagnostic qui est posé. Ce diagnostic se trouve dans la matrice d’analyse causale qui est logée dans le document relatif au PSE Post 2015, à la page 70. Ce diagnostic est composé des problèmes liés à la demande, à l’offre éducative, à la qualité et à la gouvernance. Par rapport à la demande, toutes les actions à entreprendre pour amener les parents et autres acteurs de l’éducation à inscrire massivement les enfants à l’école et à suivre relèvent de ce domaine. Si je dis demande, je fais allusion à l’accès et au maintien de l’enfant à l’école. Il ne s’agit pas d’inscrire les enfants à l’école, mais il faut aussi et surtout les suivre pour qu’ils puissent y rester. Ensuite, il y a l’offre éducative au niveau de laquelle il y a toutes les mesures entreprises par l’Etat et les collectivités à la base ainsi que les PTFs pour faciliter l’accès aux enfants. Pour atteindre cet objectif, il y a au fronton des dispositions pour la construction des salles de classes. Vous savez, lorsqu’il y a de beaux bâtiments dans une école, c’est attractif, cela attire les enfants. Mais nous n’allons pas nous contenter de la production de ces bâtiments seulement, il faut aussi viabiliser les lieux à travers l’installation des infrastructures sanitaires. Par exemple, les postes de lavage de mains, les latrines, les urinoirs et les infrastructures telles que la cuisine et autres. Toujours au niveau de l’offre éducative, il faut parler aussi de l’équipement des salles de classes, des mobiliers scolaires, des tableaux, etc. Il faut également parler des recrutements. Lorsqu’il y a manque d’enseignants dans une école, les parents n’auront pas le courage d’inscrire leurs enfants dans cette école et même lorsque l’enfant y est inscrit et qu’il n’y a pas d’enseignants, il ne peut pas y rester pour étudier. Il faut aussi mettre à la disposition des apprenants, des kits scolaires et fournitures. On les distribue chaque année. Il y a aussi la cantine scolaire. On ne retient pas l’enfant à l’école s’il ne mange pas. Le repas chaud par jour est garanti à ces apprenants. S’agissant du volet qualité, il y a la formation du personnel enseignant, la formation des cadres du personnel d’encadrement et même d’autres acteurs tels que les vendeuses de l’école. Il faut également former celles qui gèrent nos cantines scolaires. Il ne s’agit pas de donner du n’importe quoi aux enfants à manger. Enfin, la question de la gouvernance. Nos statistiques, la motivation, la carrière de l’enseignant, tout cela se trouve dans le document relatif au Plan Sectoriel de l’Education Post 2015. De façon détaillée, nous irons dans le plan d’action qui se trouve dans le PSE. L’objectif de ce plan d’action est d’assurer un meilleur accueil des enfants de 3 à 15 ans à une éducation de base, particulièrement dans les communes défavorisées. C’est une stratégie que nous menons et l’action principale est l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme de construction, de réhabilitation et d’équipement dont les salles de classes, latrines, infirmeries, clôtures, salles informatiques, multimédia dans l’éducation de base scolaire 1 et 2 de 2018 à 2021. Aujourd’hui, les constructions de salles de classes sont confiées à l’ACISE. Le résultat attendu est de 609 salles de classes construites dans le primaire public par an et 1.020 salles de classes réhabilitées dans le primaire par an.

A la date d’aujourd’hui, quel sont les activités et projets réalisés ?

Il faut partir d’abord de la distribution des kits scolaires. Nous les avons distribué dans toutes les zones défavorisées à faibles taux de scolarisation. Ensuite, il y a eu un recrutement massif où nous avions recruté au total 9.565 enseignants suppléants et aspirants. Il faut aussi parler de la cantine scolaire. Le taux de couverture en cantines scolaires aujourd’hui est de plus de 61% dans nos écoles. Nous avons ciblé certaines zones, surtout celles en bordure des cours d’eau où nous avons fait déparasiter beaucoup d’enfants. Il faut dire aussi que nous avons essayé de réduire la discontinuité éducative en recrutant massivement des enseignants, en construisant des salles de classes dans certaines écoles et en créant d’autres écoles en milieu rural pour que le recrutement ne soit plus biennal ou triennal. Nous avons permis aux parents d’élèves d’inscrire massivement les enfants scolarisables. Pour maintenir l’enfant à l’école, la question du harcèlement sexuel en milieu scolaire est abordée. Donc, nous avons mené des actions visant la réduction du harcèlement sexuel en sensibilisant et en réprimandant.

Quels sont les projets en cours de réalisation durant cette année ?

En 2020, nous avons commencé la réorganisation de l’atlas scolaire dans le secteur privé. Cette activité est en cours et l’objectif, c’est pour avoir une idée sur le nombre d’écoles en cours de création et d’extension. Nous sommes également en train de faire une activité appelée : « Suivi des activités des centres de Programmes de Cours Accélérés ». Nous préparons aussi le championnat scolaire à travers les petites activités de l’UACEP au niveau des régions pédagogiques et des départements. Le sport attire les enfants, on ne peut pas dire que ce n’est pas la rétention. Il y a la rétention et l’amélioration de la qualité, mais il y a aussi que nous devons fournir des pépinières pour le futur. C’est une activité aimée par les enfants, cela participe à l’animation pédagogique et culturelle. Ce sont des activités ludiques. Nous avons, entre autres, le Groupe Local Education (GLE) qui a réalisé un grand atelier la fois dernière. C’est au cours de l’atelier que nous avons été informés que l’éducation de base va s’étendre désormais à la classe de Terminale. Lorsqu’on était à cette séance, nous avons analysé ensemble comment il faut modifier le plan pour que cela soit une réalité.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’opérationnel ?

Dans l’exercice de notre fonction, les difficultés ne manquent pas. Mais elles sont insignifiantes et je peux vous dire qu’on peut les gérer aussi à l’interne. Il n’y a pas de grandes difficultés.

Que dire pour conclure cet entretien ?

Pour conclure l’entretien, je vais dire simplement que le Plan Sectoriel de l’Education Post 2015, est un plan que nous devons réellement mettre en pratique car, ce plan nous permet de relever le niveau de notre système éducatif.

Réalisation : La Rédaction

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