Primes de rentrée à la maternelle et au primaire : La vérité sur le paiement de la cagnotte incitative des enseignants

Transmission des titres au Trésor public le 19 août prochain

Pour avoir été, depuis quelques années, l’une des sources des crises récurrentes entre le gouvernement et les partenaires sociaux de l’éducation, à l’amorce de chaque rentrée scolaire, les primes de rentrée figurent, d’ores et déjà, en bonne place dans les préoccupations éducatives.

Désormais perçues via un virement bancaire, elles présentent une autre facette au personnel enseignant. Educ’Action s’en préoccupe dans ce papier de terrain et d’information.

«D’après notre chronogramme établi, si tout va bien, on va finir les travaux préparatoires, faire la synthèse des données et passer au chargement des primes ; faire le point de tous les bénéficiaires au plan national et intégrer le fichier dans la base de données SIGFIP du ministère des finances qui l’éclate en autant de banques. Donc, tous les enseignants ayant leurs comptes bancaires à la BOA, par exemple, seront domiciliés sur un état ; idem pour ceux des autres banques. L’ensemble du processus prendra fin en août ; la transmission des titres au Trésor public est prévue pour le 19 août 2019, pratiquement à un mois de la rentrée. Car une fois au Trésor, les virements se feront dans les banques qui à leur tour, positionneront les primes sur les comptes bancaires des ayant droits. Tout cela en dix (10) jours maximum ». Voilà une frange de lumière quoi qu’importante qui éclaire la compréhension des acteurs de l’école, en l’occurrence les enseignants en position de classe ou en situation administrative sur le cheminement du paiement des primes de rentrée, parfois sources de contradictions entre parties prenantes de l’école. A travers cette dose d’explications qui certainement va soulager, Eric Akodji, actuel régisseur central du Ministère des Enseignements Maternel et Primaire (MEMP), entend convaincre et rassurer sur la volonté du gouvernement et des autorités de l’éducation, de réellement contenter les enseignants avant l’entame de la prochaine rentrée scolaire prévue pour le lundi 16 septembre 2019. En effet, longtemps sujet de diversions et de joutes verbales, l’attribution des primes de rentrée est intervenue dans les années 2000 et sanctionnée par le compte rendu de séance de travail tenue, les vendredi 14 et lundi 17 mars 2003. Il faut rappeler que cette séance de travail a enregistré la présence du directeur général adjoint du budget d’alors et des acteurs de l’éducation. Depuis lors, le personnel enseignant et le corps de l’administration éducative bénéficient de diverses primes dont le paiement se fait de tradition à la fin des journées pédagogiques qui précèdent la rentrée formelle des classes. Seulement, sous la ‘’Rupture’’, le processus de paiement des primes a connu une refonte avec désormais leur domiciliation dans les comptes bancaires des enseignants répertoriés. Ceci dans une démarche de traçabilité et de contrôle des ressources publiques.

Focus sur les primes en vigueur au niveau des Enseignements Maternel et Primaire

Dans une démarche de recherche de performance dans ce sous-ordre d’enseignement, le législateur éducatif a mis en place l’attribution des primes de rentrée au profit des enseignants en situation de classe et ceux en poste sédentaire. Ces primes sont donc de divers ordres. « Nous avons fondamentalement la prime de journée pédagogique, la prime de rentrée, la prime de travaux de nuit, la prime de rendement, la prime de gratification, la prime d’incitation pour zone d’accès difficile », a énuméré le régisseur central du ministère. De l’avis de Eric Akodji, contrôleur des services financiers, « la prime de rendement est payée aux enseignants qui tiennent les classes intermédiaires alors que la prime de gratification est octroyée aux enseignants qui ont en charge les classes d’examen, surtout les directeurs qui gardent les classes d’examen. Donc, c’est la prime de rendement ou de gratification. La prime de travaux de nuit est allouée aux enseignants en situation de classe, c’est-à-dire ceux qui sont sur le terrain et officient en situation de classe et qui travaillent de nuit pour corriger les cahiers de devoir et préparer les classes. Les enseignants en poste sédentaire dans les bureaux n’ont pas droit à cette prime ». Pour la jouissance de ces primes, les enseignants concernés doivent pouvoir remplir des conditions qui sont prises en compte à compter du mois de mai, avant chaque rentrée scolaire.

Du processus d’octroi à la date d’obtention des primes

Tel un défi, le régisseur central du MEMP et ses collaborateurs directs doivent franchir des étapes, aplanir les difficultés pour rendre effectives et disponibles les primes des enseignants avant la rentrée scolaire. Pour la tradition, un courrier circule dans le cercle éducatif, invitant les enseignants à se tenir prêts pour fournir les dossiers appropriés. « Nous avons l’habitude d’inviter courant avril-mai, à travers une correspondance, tous les enseignants en situation de classe et présents à leurs postes de travail, à produire un dossier constitué de trois (03) grandes pièces que sont : une copie lisible du bulletin de paie de l’enseignant, celle du relevé d’identité bancaire et l’attestation de travail de présence au poste dûment signée par son supérieur hiérarchique. Cela veut dire qu’un absentéiste n’a pas droit à ces primes de rentrée », a fait savoir, d’un ton ferme, Eric Akodji. Visage serein et les mains entrelacées, le régisseur central renseigne sur la tâche qui revient, dès cet instant là, à la régie centrale après la fourniture des dossiers par les différents corps d’enseignants de son sous-secteur. « C’est sur la base de ces informations qu’une mission se déplace sur le terrain par département. On travaille par couple de département ancienne formule. Dans la Donga, on a réussi à traiter les dossiers du département de l’Atacora. On dépouille les dossiers que les enseignants ont déposés. Nous intégrons les données dans une base de données conçue à cet effet. Par rapport aux différentes primes auxquelles l’enseignant a droit, il y a une équipe du niveau central où le travail se fait de façon collégiale. S’il y a des insuffisances sur le terrain ou des compléments d’informations à fournir par l’enseignant, on lui fait appel pour complément d’information », a déclaré à Educ’Action Eric Akodji, ancien chef service du budget et du suivi des dépenses du MEMP. Le travail ne s’arrête pas là, a notifié l’actuel régisseur central à Educ’Action. « Nous imprimons deux (02) fois les données et après, nous les collationnons à la suite d’une liste arrêtée de tous les enseignants par département, par circonscription et même par école qu’on affiche dans les régions pédagogiques », a-t-il laissé entendre avant de souligner que sa régie invite après chaque enseignant à consulter les listes dans les régions pédagogiques concernées pour vérification des données saisies. Passée cette étape dont le but final est de libérer les primes aux enseignants, surtout une (01) voire (02) semaines avant la rentrée scolaire 2019-2020, les cadres du ministère ont entrepris une tournée depuis le 16 juin 2019. « Nous avons commencé une tournée qui consiste à la collecte et au traitement des données. Les renseignements relatifs aux enseignants pour bénéficier des primes de rentrée. Donc, c’est dans le cadre des travaux préparatoires qui doivent conduire au paiement à bonne date des primes de rentrée, que cette tournée a été entreprise », a rappelé le régisseur central. Néanmoins, il n’a pas occulté les difficultés qui plombent parfois l’évolution de la tâche placée sous le contrôle du ministre de tutelle.

Des difficultés enregistrées …

Le retard enregistré pour la validation conjointe des listes de zones déshéritées avec le MESTFP et par ricochet, le retard dans le démarrage des travaux préparatoires, la communication de numéros de comptes erronés ou non opérationnels par certains enseignants, la production d’un numéro de compte épargne, la production de dossiers par les enseignants qui ne sont pas éligibles, l’inexistence de numéros matricules pour certaines catégories d’enseignants (nouvelles recrues, reversés), sont autant de difficultés, de l’avis du régisseur, qui plombent la bonne marche du travail. « Certains enseignants ne produisent pas de bons dossiers. Depuis l’avènement de la Rupture, il a été demandé de procéder à la bancarisation des primes. Cela demande de la part des enseignants la production des informations. Mais il y a certains qui, à la première édition, ont communiqué de faux numéros de comptes. Des numéros qui n’existent pas ou qui sont erronés. D’autres produisent des fois des numéros d’un compte épargne. Certains qui ne sont même pas présents aux postes, produisent des dossiers incomplets et viennent réclamer. Il y a ceux qui n’ont pas aussi droit à ces primes, mais qui produisent des dossiers. Nous avons le cas des enseignants communautaires reversés dont la situation est toujours en attente », a détaillé Eric Akodji, collaborateur de Wilfrid Akpata, le Directeur Administratif et Financier (DAF) du ministère.

Des avantages à tirer de la bancarisation des primes

Depuis l’avènement du paiement des primes de rentrée par virement bancaire, des gains économiques ont été faits. Au nombre de ceux-ci, il y a la réduction des tracasseries administratives enregistrées au cours des travaux préparatoires, c’est-à-dire la mobilisation des ressources, la confection et la multiplication des états de paiement. Il y a également la suppression du risque de détournement des ressources publiques couplée à celle du risque de braquage au cours du transfert des ressources du niveau central vers les départements pour le paiement. Il faut aussi noter la réduction du coût d’organisation des missions de paiement des primes de rentrée.

Du montant des primes de rentrée par catégorie d’enseignants

Les primes de rentrée sont payées au début de chaque rentrée scolaire aux personnes ayant participé aux activités de ladite rentrée. Pour les enseignants en situation de classe ou au bureau, les conseillers pédagogiques et inspecteurs en situation d’encadrement ou au bureau, la prime de rentrée annuelle s’élève à 21.000 francs Cfa sans distinction de catégories. Mais le respect de l’ordre hiérarchique s’observe au niveau des primes de journées pédagogiques allouées aux différents corps d’enseignants. Les enseignants en situation de classe ou au bureau sont à 25.000 francs Cfa par an au moment où les conseillers pédagogiques en situation d’encadrement ou au bureau sont à 30.000 francs Cfa et les inspecteurs en situation d’encadrement ou au bureau sont à 35.000 francs Cfa. Les enseignants des zones déshéritées et/ou d’accès difficile bénéficient également des primes d’incitation liées aux diverses zones dans lesquelles se trouvent leurs écoles. 60.000 francs Cfa, 66.000 francs Cfa, 78.000 francs Cfa pour respectivement les enseignants en zone déshéritée encore appelée zone jaune, les enseignants en zone d’accès difficile appelée aussi zone orange et les enseignants en zone déshéritée et d’accès difficile appelée également zone rouge. A la question de savoir s’il y a une différence, voire une augmentation sur la cagnotte allouée au personnel enseignant les années antérieures et l’année scolaire à venir, le régisseur central se confie en ces termes : « elle varie dans un pourcentage très minime. Quand bien même des départs à la retraite sont enregistrés, il y a aussi des entrées si bien que l’on dépasse toujours les 30.000 enseignants. Pour éviter des problèmes à l’élaboration du budget, le service qui s’occupe de prévoir les crédits s’arrange pour qu’il n’y ait pas d’insuffisance de ressources pour faire face au paiement des primes. Il n’y a pas tellement de différence dans les crédits alloués ». Il faut souligner qu’aucun enseignant n’a droit de façon simultanée à la prime de rendement et celle de gratification.

Vue partielle dune pile de dossiers des enseignants candidats aux primes de rentre

Vue partielle d’une pile de dossiers des enseignants-candidats aux primes de rentrée

De l’avis d’un enseignant sur la bancarisation des primes

Si la paye des primes de rentrée des instituteurs et institutrices de la maternelle et du primaire se fait par virement bancaire depuis 02 ans, les enseignants ont des appréciations. De l’avis de Vivien Ahouélété, enseignant à l’EPP Missité dans la région pédagogique 28, ce nouveau mode de paiement des primes de rentrée est le bienvenu. Malgré cela, il met un bémol. « Ce qui est à déplorer, ce sont les omis et les erreurs au niveau des numéros de comptes malgré les multiples vérifications et corrections », a-t-il déploré, invitant ainsi les autorités compétentes à opter pour une amélioration dans ce sens. Reconnaissant le rôle que joue désormais la banque dans la rétribution des primes, l’enseignant applaudit l’action du gouvernement en ces termes : « aujourd’hui, l’enseignant peut prendre ses primes en toute tranquillité. Il n’y plus de multiples états de paiement à remplir et tout se fait en toute sécurité. Avant, certains étaient braqués, notamment les enseignants dans les zones reculées ou déshéritées puisque tout le monde était informé du jour de paiement des primes ».

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Enock GUIDJIME

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