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Budget 2019 du sous-secteur Maternel et Primaire

Conditions de travail et qualité de l’offre éducative : les vrais enjeux

Alors qu’il aurait pu être le tout premier de la liste après le format des généralités, le décryptage du budget du sous-secteur Maternel et Primaire se pointe, aujourd’hui, dans ce spécial, tant ses spécificités sont importantes.

Déjà, il importe de rappeler que le budget annuel attribué à ce département ministériel avec l’ensemble de ses entités techniques ou non est de l’ordre de 114.051.648.000 Francs Cfa, contre 106.144.804.000 Francs Cfa en 2018, soit en hausse avec un taux d’augmentation de 7,5%. A l’occasion de cet exercice périlleux de présentation et de défense du budget devant les députés à l’Assemblée nationale, le ministre Salimane Karimou, affirmait que le budget 2019 en croissance prend en compte toutes les rubriques, notamment celles liées aux dépenses en personnel, aux dépenses en capital et également aux divers projets inscrits au PIP du ministère. De ce focus et à travers les lignes suivantes, il s’impose à nos consciences que les intentions sont bien claires, et le désir d’offrir des meilleures conditions de travail aux acteurs de l’Ecole et une éducation de qualité, inclusive à tous les apprenants, bien manifeste. Seulement, des disparités financières sautent bien à l’œil et nécessitent des explications additionnelles de qui de droit, même s’il faut encore attendre des semaines, des mois ou des années. Pour l’heure, réjouissons-nous d’une chose : de nouvelles salles de classes pour les apprenants et des logements pour les enseignants très bientôt. Toute chose qui pourrait participer de la refonte du système éducatif béninois longtemps appauvri et asséché par des performances minables. Heureusement, peut-on donc s’exclamer !

120 salles de classes à construire dans l’Atlantique, des enseignants bientôt pourvus de logements

A l’instar bien d’autres départements du pays, l’Atlantique est moins pourvu en matière d’infrastructures scolaires, surtout pour le sous-secteur primaire. En bon messie, le Japon en appui au Bénin, rebondit sur un vieux pertinent projet de construction et d’équipement des écoles primaires dans le département de l’Atlantique. « On a prévu la construction de 120 salles de classes sur le budget national. L’appui du Japon a commencé, il y a longtemps. Nous sommes à la phase 6. Donc, de la 1ière à la 5ième phase dudit projet, le Japon était déjà intervenu dans les autres départements. Maintenant, le département que le Japon a décidé d’appuyer sous la direction du ministère et où il y a beaucoup de problèmes d’infrastructures, est celui de l’Atlantique. Ils ont préféré, pour la phase 6, concentrer leur effort sur ce département qui nécessite des interventions et investissements », a fait savoir à Educ’Action Marino Gomez, Directeur Adjoint de la Programmation et de la Prospective (DAPP) pour ainsi lever un coin de voile sur les actions du Japon dans le domaine éducatif. Vu l’empressement des besoins pour les bénéficiaires, il affirme que les appels d’offre sont lancés depuis le vendredi 15 mars 2019 et la date du 30 avril prochain sera consacrée à l’ouverture des plis pour permettre la continuité du processus. En dehors de cet engagement du Japon et de l’Etat béninois, un accord de prêt a été également signé entre la Banque Islamique de Développement (BID) et le Bénin, toujours dans le sens de la construction des infrastructures scolaires. « Entre la BID et le Bénin, c’est prévu des constructions de salles de classes et même des logements pour les enseignants. Là, les entreprises sont déjà identifiées, seulement quelques problèmes à régler pour que les travaux de construction puissent démarrer. C’est un complément de financement accordé sur le budget national afin que les constructions démarrent, le plus tôt, avec une maîtrise d’ouvrage déléguée à assurer par l’Agetur », a renseigné le DAPP du MEMP.
Par ailleurs, a-t-il martelé, d’autres projets existant dans le passé, sont aussi réveillés et transférés à l’Agence pour la Construction des Infrastructures Scolaires (ACIS). Ainsi, cette dernière prend donc désormais en charge la supervision voire la réalisation des travaux de construction dans le secteur de l’éducation. « Il y a aussi un programme de constructions et d’équipements des Ecoles Normales des Instituteurs (ENIs), des Circonscriptions scolaires, des Directions départementales. Pour l’heure, nous travaillons avec l’agence sur la faisabilité du transfert des ressources », a-t-il précisé.

Module de classe

De nouveaux modules de classe attendus cette année scolaire

3.601 enseignants en attente de recrutement pour la maternelle et le primaire

La pénurie ou l’insuffisance d’enseignants est l’autre maladie qui effrite le système éducatif béninois. Des salles de classes vides, des apprenants laissés à leur sort, c’est le lot quotidien qui plombe les activités pédagogiques dans le sous-secteur des enseignements maternel et primaire. Heureusement, l’envie de réguler et corriger le tir semble, de plus en plus, affichée. « Nous avons fait la réorganisation de la carte scolaire. C’est-à-dire que nous avons fusionné des groupes pédagogiques qui n’ont pas d’enseignants dans les Complexes scolaires. Ce qui nous a permis de récupérer 3.088 enseignants déjà dans le système, que nous avons redéployés dans d’autres écoles. Nous allons continuer dans cette lancée », a laissé entendre à Educ’Action l’adjoint de Adèle Dagbéto, Directrice de la Programmation et de la Prospective. A travers ce discours rassurant, l’autorité fait donc un focus sur le choix raisonné du Gouvernement de recruter davantage d’enseignants pour garder les classes dégarnies d’encadreurs. « Actuellement dans le primaire, environ 7.500 enseignants manquent dans nos écoles primaires. Je dirai même au-delà de 7.500. Le manque dans la maternelle oscille autour de 2.000 enseignants. Vous comprenez donc que ce déficit est lié à beaucoup de choses », a-t-il fait savoir, insistant sur les causes de la situation. « Entre autres problèmes, les départs à la retraite et les décès font parties intégrantes des raisons de ce défit d’enseignants », a poursuivi le DPP adjoint. Il rappelle, par ailleurs, qu’un concours de recrutement de 3.601 enseignants est en cours depuis 2017, mais les réformes au niveau du Ministère de la Fonction Publique dont l’objectif est de voir les besoins réels en enseignants satisfaire, est en cours de dénouement. « On devrait faire ce recrutement avec la fonction publique. Actuellement, toutes les dispositions sont prises pour parvenir à cet objectif », a confessé Marino Gomez.

Formation des enseignants dans les ENIs : Un budget drastiquement en baisse

Pour cette année 2019, le ministre Salimane Karimou et ses cadres ont fait l’option de la réduction des ressources destinées aux Ecoles Normales d’Instituteurs (ENIs). En effet, un montant global de 66.322.000 Francs CFA a été donc retenu sur le budget réservé à ces écoles spécialisées de formation des enseignants. En revanche, les internats semblent bien garnis avec le maintien intact des fonds alloués à leur bon fonctionnement. A en croire les indiscrétions, cette formule tout trouvée de l’autorité entend répondre au désir et à l’épineuse question du bien-être des élèves-maîtres. Les années antérieures, d’importantes gymnastiques financières ont été réalisées pour la prise en charge réelle de ces futurs acteurs professionnels de l’éducation, internés et suivis dans les différents centres (ENIs) pour la durée de la formation. Le tableau en dessous renseigne sur les montants prévisionnels alloués à chaque ENI.

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Les DDEMP : Plusieurs milliards chiffrés pour appuyer la décentralisation et la déconcentration éducatives

Le régime de la Rupture continue inexorablement sa marche vers la décentralisation et la déconcentration éducatives pour une gestion rationnelle de l’Ecole. A l’image des Directions Départementales de l’Enseignement Secondaire, Technique et la Formation Professionnelle, les Directions Départementales des Enseignements Maternel et Primaire (DDEMP) jouissent également de l’attention financière de l’Etat ou du Gouvernement, dans une logique de répartition des ressources nationales et du rapprochement des populations cibles, en l’occurrence les acteurs du système éducatif à la base. Chaque DDEMP s’en sort donc avec un important budget pour faire fonctionner les écoles. Seulement, il convient de relever que d’autres semblent moins lotis. C’est, nul doute, le cas du DDEMP-Zou qui a vu diminuer ses ressources de près de moitié. Qu’est-ce qui pourrait motiver la coupe sombre ? On craint que cette diminution impacte négativement les résultats scolaires de ce département, lui qui a positionné l’un de ses fils dans le trio gagnant des trois meilleurs élèves au BEPC 2018 au Bénin.

Entretien et réparation des infrastructures scolaires : Les communes au creux de la vague ?

Le Fonds d’Aide pour le Développement des Communes (FADEC) est cogéré par les ministères sectoriels et le ministère en charge de la décentralisation. Selon les explications du DAPP, le volet entretien et réparation des infrastructures scolaires ne relèvent pas du ressort du ministère. « C’est avec le ministère en charge de la décentralisation que cela se gère. Le FADEC fait partie des ressources intérieures. Il y a deux types de FADEC. Le FADEC investissement et le FADEC entretien. Depuis un certain nombre d’années, nous avons remarqué que le cadre de dépenses à moyen terme n’a cessé de diminuer. C’est-à-dire qu’on voit l’évolution des agrégats économiques et on voit jusqu’à quel degré notre PIB, la recette nationale va évoluer d’ici les trois ans, voire les cinq ans à venir. Donc dès qu’on connaît la tendance, on sait à peu près les ressources qu’on peut mobiliser pour le budget en année n+1, n+2, n+3 parce que le budget est souvent triennal. Donc eux, ils tiennent compte des aléas, des agrégats économiques, la croissance au niveau du plan et regarde de quelle manière la recette nationale va évoluer et comment mobiliser les ressources pour exécuter le budget de l’Etat. Donc à partir de cela, on formate le budget. On dit, par exemple en 2020, on ne peut mobiliser globalement tel montant et à partir de ce montant-là, on fait la répartition au niveau de chaque ministère. C’est ça le cadre de dépenses à moyen terme. Donc, c’est cela qu’ils font pour définir le montant à allouer à chaque ministère, à chaque institution », a clarifié Marino Gomez, tout en ajoutant : « ... si on te donne un montant qui est inférieur au montant que tu as eu l’année antérieure, tu ne peux rien faire. Tu tiens compte de cela et tu mets en place les priorités dans ton budget. Donc, la grande priorité chez nous, c’est l’investissement. Si dans le CDMT, les gens n’approvisionnent pas cette ligne, on ne peut rien faire. Cette année, nous avons eu des ressources sur l’investissement. Ce sont des ressources que nous transférons aux communes pour les constructions, réhabilitation et équipement ». Seulement, il faut souligner qu’en dépit de cette disponibilité au niveau communal, nos écoles baignent dans la détérioration. Que faire alors ?

Le PASEC, une baisse de ressources de plus de 21 millions par rapport au budget 2018

«En réalité dans le cadre du PASEC, un budget est alloué pour l’évaluation ; puis une équipe nationale est mise en place pour conduire au niveau national la question, avec l’appui de l’équipe de base qui est à Dakar (Sénégal). Une convention est signée avec chaque pays. L’échantillon qui va servir à faire l’enquête est défini et toutes les activités, les étapes à suivre sont évaluées. Nous avons dans la convention le coût global de l’évaluation pour chaque pays qui participe à l’évaluation. Sur ce coût, il y a une partie que la Confemen même contribue à mettre en place. Le reste, c’est le pays qui participe à l’évaluation qui finance. Donc, il y a un montant global qui est fixé pour chaque pays pour l’évaluation dont une contribution nationale. La contribution se fait par un transfert sur un compte de la Confemen », a renseigné Mario Gomez, Directeur adjoint de la Programmation et de la Prospective du MEMP. Il revient, par ailleurs, sur les raisons de la baisse des ressources pour le compte du budget alloué au PASEC en 2019 qui est de 98.410.000 Francs CFA contre 120.000.000 Francs CFA en 2018.
« L’espoir que nous avons eu en mettant à contribution les partenaires techniques, n’avait pas porté au départ parce que le FCB-PME qui nous appuie énormément, arrivé à terme, n’avait pas un indicateur pour justifier le décaissement sur ces fonds s’il n’avait pas la certitude que l’évaluation allait s’achever et qu’ils auront les résultats et les rapports avant l’échéance du programme FCB-PME. Donc, ils ont dit qu’ils ne peuvent pas prendre le risque d’appuyer le Bénin en finançant cette contribution que nous avions à payer. Il fallait alors l’inscrire sur nos propres budgets. Inscrire en bloc prêt de 300.000.000 Francs CFA sur le budget national, c’est très compliqué compte tenu des difficultés financières du Pays. Nous avons estimé qu’il faille payer par tranche. Sur le budget de 2017, on avait prévu 90.000.000 Francs CFA pour 2018 ; on a inscrit 120.000.000 Francs CFA sur le budget de 2019. Nous avons étalé cela sur trois années », a justifié, sans tergiverser, le DAPP avant de rappeler que le Bénin avait abrité la Confemen. Il informe que le Bénin se prépare actuellement pour une autre évaluation avec les techniciens de la Confemen basés à Dakar.

Examens, concours et tests nationaux : Une baisse de 504.360.000 Francs CFA sur les ressources de 2019

Les ressources dégagées pour l’organisation des examens, concours et tests nationaux dans le sous-secteur des Enseignements Maternel et Primaire ont enregistré une coupe sombre de près de 500 millions Francs CFA par rapport au budget alloué en 2018, édifient les statistiques collectées en la matière. Aussi, faut-il préciser que la Direction des Examens et Concours du MEMP n’est pas épargnée de cette politique de rétrécissement des budgets annuels. Elle bénéficiera, du coup, d’un montant amputé de plus de 4 millions, plus précisément de 4.360.000 Francs CFA pour son fonctionnement. Le tableau ci-contre en dit long.

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Des projets en perspective pour améliorer la qualité de l’offre éducative

Les perspectives semblent bien bonnes en dépit de cette vague de rétrécissement des budgets observés ça et là pour diverses structures et entités du sous-secteur des Enseignements Maternel et Primaire. Les points de relance seront perceptibles dans les domaines de constructions et d’équipements avec une série de projets en cours et d’autres en attente de démarrage grâce à l’appui des partenaires. L’accompagnement du Japon à travers son projet, phase 6, en est une illustration. En effet, et pour rappel, dans l’accord du Programme, le Japon s’engage à décaisser 2.500.000.000 Francs CFA pour appuyer le Bénin dans cette tâche noble et salvatrice au profit de l’Ecole béninoise. L’autre projet qui frappe, à plus d’un titre, est celui du développement de l’éducation de base, phase IV, qui va se faire de concert avec la Banque Islamique de Développement (BID) et dont le montant s’évalue à 1.110.000.000 Francs CFA. Le FADEC-investissement et l’initiative Ecole et Langues Nationales en Afrique (ELAN) sont, entre autres, les autres projets prévus pour le compte de ce sous-secteur.

Quelques projets en vue pour le bonheur des apprenants de la Maternelle et du Primaire

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La Rédaction

 

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