Effectifs préthoriques et manque d’enseignants dans les écoles : Les syndicats des Enseignements Maternel et Primaire tirent la sonnette d’alarme

 

«Vous constatez avec nous l’état de décrépitude dans lequel se trouve l’école aujourd’hui, où un enseignant se retrouve devant 150 ou 180 apprenants, où dans une école de six classes, on se retrouve avec deux, trois voire un seul enseignant !

Je me demande même quelle qualité de l’éducation on veut quand l’enseignant se retrouve devant un tel effectif ? Même s’il a la volonté de donner le savoir, il ne pourra pas. C’est pour éviter cela que nous nous sommes retrouvés ensemble pour tirer sur la sonnette d’alarme. Il faudrait que nous luttions pour que l’école dont nous sommes aussi des acteurs se porte mieux ». Ces explications sont celles de Fabrice Hounsounou, 2ième porte-parole du Collectif des syndicats du Ministère des Enseignements Maternel et Primaire (MEMP) qui plante le décor de cette première conférence des Secrétaires Généraux (SG) des syndicats dudit ministère. Réunis autour de leurs porte-paroles, le vendredi 25 octobre 2019, dans la salle de réunion de l’école urbaine centre de Porto-Novo, les syndicalistes ont épluché l’actualité éducative en ce début d’année scolaire. Durant trois heures d’échanges, ils ont analysé la situation actuelle de l’école caractérisée par : des effectifs pléthoriques, le manque chronique d’enseignants dans les écoles, le flou artistique autour des aspirants au métier d’enseignant, la suspension arbitraire et paradoxale des enseignants ayant pourtant participé à l’évaluation diagnostique, l’absence de la formation des directeurs sur la question de la gestion des subventions, la ‘’terrorisation’’ par l’UPS des directeurs d’écoles à cantine et, enfin, l’inexistence d’un plan de formation des enseignants recalés après l’évaluation diagnostique, selon le relevé des conclusions de la rencontre. Au sortir des discussions, les congressistes ont décidé d’organiser une rencontre avec leur ministre de tutelle pour trouver des solutions idoines et d’organiser des assemblées générales d’enseignants sur toute l’étendue du territoire national. Aussi, ont-ils invité tous les enseignants du Bénin à se tenir prêts à toute éventualité quoique cela coûte et par les voies légales, a fait savoir Maxime Agoussou-vê, 1ier porte-parole de la faitière syndicale à travers le même document. A propos de la suite des évènements en cas de mutisme gouvernemental, Fabrice Hounsounou martèle que « si rien n’est fait, nous allons aviser. Nous n’allons pas faire une lutte pour avoir des primes, ni pour l’augmentation des salaires, mais nous allons lutter pour que l’État puisse recruter afin que dans chaque classe, il y ait des enseignants qui donnent le savoir à des enfants qui ont quitté leurs maisons pour cela ».

Adjéi KPONON

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