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Face à la décrépitude et aux conditions ardues de travail : Sauvons l’EPP Sikè-Nord !

La qualité de l’offre éducative constamment remuée et agitée, même au niveau décisionnel, est tributaire de la qualité des infrastructures et des conditions de travail dans le cadre scolaire ou universitaire.

L’Ecole Primaire Publique (EPP) Sikè-Nord semble bien se soustraire de cette vérité d’évangile, offrant des architectures caduques et en état de dégénérescence couplées aux conditions de travail, les moins enviables. Qui pour sauver alors l’EPP Sikè-Nord ?

Mon cœur saigne et recherche en vain réconfort ! Et tout comme moi, l’Ecole béninoise peine sérieusement à trouver et retrouver réconfort et équilibre. Tant le sinistre est important et les mots pour le décrire, parfois abjects. Sans vouloir faire une peinture ironique de la situation qui me prive ainsi violemment de mon sommeil, depuis deux semaines jour pour jour, je vous souffle juste à l’oreille que c’est ‘’gâté’’ là-bas. Pour vous en convaincre, offrez-vous ce tour de ville qui échoue à l’EPP Sikè-Nord. Mais attention ! Les esprits bien malingres sont interdits de vivre cette épreuve qui pourrait leur arracher de fortes larmes face à la désolation. Des salles de classes sans fenêtres, des toitures rouillées et percées par endroits, laissant couler l’eau à la première précipitation, des bureaux de directeurs privés de tout confort, une salle multimédia inachevée et abandonnée, privant les apprenants d’air de jeux, un compteur d’électricité de la SBEE arraché sur deux pour non paiement de facture, des sols crevassés, des apprenants qui s’assoient à même le sol... Les effectifs dans les classes sont tout aussi pléthoriques avec un nombre d’enseignants catastrophiquement limité. Et c’est justement là le comble. Imaginez-vous dans une école de trois (03) groupes pédagogiques, soit six (06) classes par groupe, avec au total dix (10) enseignants. Pour vous qui aimez les détails, retenez alors que le groupe A dispose de quatre (04) enseignants pour six (06) classes donc, le groupe B de trois (03) enseignants et le groupe C de trois (03) également. Au nom du droit de tous les enfants à l’instruction, la formule idéale est bien les classes multigrades, c’est-à-dire qu’un enseignant se charge de deux (02) ou trois (03) classes de différents niveaux pour permettre l’animation pédagogique dans toutes les classes. De l’avis de quelques responsables qui ont requis l’anonymat, il s’agit d’une situation qui perdure. L’autre casse-tête est bien le fonctionnement de l’école, privée de ressources conséquentes. Sur une subvention annuelle de 900.000 francs Cfa, seulement 120.000 francs Cfa sont mis à disposition à la date d’aujourd’hui, contraignant les premiers responsables de l’école à des gymnastiques financières atypiques dignes des temps révolues. Ils ont appris, dans la durée, à colmater les brèches, négociant parfois avec des fournisseurs privés qui les pourvoient de boîtes de craies, de registres, etc. Et c’est bien cela l’état des lieux.

Quid des résultats scolaires

La situation de l’EPP Sikè Nord n’est guère reluisante. Elle n’est pas, sans nul doute, la seule école sur le territoire à hériter de cette décrépitude ; d’autres baigneraient dans des situations plus catastrophiques que la sienne. Mais déjà, courrons au secours de l’EPP Sikè-Nord. Et comme vous pouvez vous en douter, l’autre problème qui découle logiquement de cette peinture de l’école est bien la qualité des résultats scolaires. Je préfère, à ce point culminant, vous donner le quitus de l’évaluation personnelle et de la réflexion. Seulement, est-ce qu’on peut s’attendre à des résultats pharaoniques d’une telle déchéance infrastructurelle et des conditions de travail aussi alarmantes ? Au soir des résultats des examens de fin d’année, en l’occurrence le Certificat d’Etudes Primaires (CEP), on va pourtant se hâter à publier la liste des écoles ayant fait piètre figure et si possible, limoger les directeurs ou directrices d’écoles ayant fait 0% de taux de réussite. C’est désormais la norme par ici et vous le savez mieux que moi. Je plaide tout simplement qu’on offre les meilleurs cadres et les meilleures conditions de travail aux principaux acteurs et animateurs de l’école (directeurs ou directrices, enseignants, apprenants...) pour espérer d’eux, de bons résultats à la fin de l’année. C’est ma part de vérité.

Serge-David ZOUEME

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