Projets de budgets des sous-secteurs Maternel, Primaire et Secondaire : 234 milliards pour quel visage de l’école en 2021 ?

 

L’exercice, comme à l’accoutumée, a été réitéré cette année. Les ministres du Gouvernement au nombre desquels ceux des secteurs de l’enseignement ont défilé devant les honorables députés de l’Assemblée nationale pour expliciter les axes majeurs de leurs projets de budgets pour l’année 2021.

Le secteur de l’éducation, consacré priorité de l’Etat et inscrit dans les documents de politique de la nation, bénéficiera aussi d’une attention particulière, l’année prochaine, dans le cadre du processus de refonte du système. Les ministres Salimane Karimou et Mahougnon Kakpo, tour à tour, ont porté la voix de l’école avec une bonne dose de confiance, d’engagement et d’annonces en matière de réalisations, de constructions et d’acquisitions pour la vitalité et la qualité du secteur ainsi que des acteurs qui y travaillent. C’était la semaine écoulée au parlement béninois.

Le rêve d’une école réformée, équipée et de qualité sera-t-il au rendez-vous en 2021 ? Le souci de panser les plaies du secteur de l’éducation au Bénin reste perceptible et continue de saper la tranquillité de bien des acteurs et décideurs. Si tout ne se résume pas à l’argent, il sera toutefois d’une grande utilité dans le processus de refonte en cours. 126 milliards 258 millions 047 mille Francs CFA est donc le budget probable qui aidera à réaliser ce rêve d’école réformée cher à nous tous pour l’exercice 2021 contre 118 milliards 931 millions 343 mille Francs CFA en 2020, soit une légère augmentation de 6,15%. On comprend alors le souci des gouvernants de faire mieux pour le sous-secteur des Enseignements Maternel et Primaire. Pour le MEMP, Salimane Karimou, qui a su trouver les arguments qu’il faut, le budget à l’étape de projet en attendant son adoption, permettra de solutionner progressivement les besoins et priorités des Enseignements Maternel et Primaire. L’autorité ministérielle en donne lecture, mettant l’accent sur la nécessité d’accroître les infrastructures scolaires, les équipements, l’augmentation du flux d’enseignants et surtout la prise en charge de leur situation et conditions de travail. Il martèle que ce budget dédié au sous-secteur maternel et primaire traduit le fait que le Bénin est désormais en mesure de résister aux chocs, qu’ils soient endogènes ou hexogènes. Puisque, explique-t-il, malgré la crise sanitaire mondiale due à la pandémie du coronavirus, le budget de l’éducation, s’agissant du sous-secteur des Enseignements Maternel et Primaire n’a pas diminué.

Photo de famille des stagiaires EPC de la cohorte 1 avec le ministre Mahougnon Kakpo

L’EFTP prioritairement logé dans le budget 2021 du MESTFP

Des grands projets du MEMP en 2021…

Outre les exigences auxquelles doivent faire face le Ministère des Enseignements Maternel et Primaire pour éradiquer le mal du siècle qu’est la Covid-19 dans ce sous-secteur, ce budget prend en compte plusieurs autres projets phares. « Les programmes essentiels de l’éducation, notamment le pilotage de soutien aux services, l’accès, la rétention, l’équité et l’amélioration de la qualité des enseignements. Toutes les activités qui vont être menées tournent autour de ces sous-axes. Dans ce projet de budget, les acquis essentiels sont maintenus », a témoigné Salimane Karimou. Se référant aux acquis essentiels, il a tenu à présenter les projets. « Le Programme National d’Alimentation Scolaire est maintenu. Tout ce qui est lié au transfert des ressources aux collectivités territoriales pour la construction, pour la réhabilitation, pour la réfection des écoles est maintenu. Le Programme Spécial de Résorption de déficit d’enseignants à travers la mise à disposition des suppléants, des aspirants aujourd’hui est également maintenu. Tout ce qui concerne la construction des infrastructures scolaires que doit gérer l’Agence pour la Construction des Infrastructures Scolaires pour l’éducation est maintenu. Le dispositif mis en place et qui a permis à notre pays de gérer au mieux la crise sanitaire liée à la Covid-19 en effectuant deux rentrées scolaires, la première le 11 mai 2020 et la deuxième le 10 août 2020 avec les examens jusqu’à ce que l’année scolaire ait été reprise depuis le 28 septembre reste en place. Mieux, nous avons le Partenariat Mondial pour l’Education qui vient en appui aux efforts du Gouvernement. Il y a quelques jours, nous avons procédé au lancement d’un programme qui concerne toutes les écoles du Bénin, notamment celles qui se trouvent dans des milieux défavorisés », a argumenté le ministre devant les membres de la Commission budgétaire du Parlement qui voudraient en savoir davantage. « Par rapport au déficit d’enseignants et aux aspirants, nous leur avons expliqué en quel terme le problème se pose et nous avons sollicité leurs appuis. Concernant les infrastructures, nous avons montré ce que l’Etat a fait depuis 2016 jusqu’aujourd’hui et qui a permis de réduire suffisamment le déficit en infrastructures scolaires », répond l’autorité à la sortie de la séance.

Des préoccupations des députés

Les représentants du peuple ou encore députés ont soulevé des préoccupations en rapport avec les zones, localités ou départements dans lesquels les résultats des examens de fin d’année n’ont pas été reluisants et peinent, depuis des années, à s’améliorer. Vivants au sein des mandats, ils ont suggéré qu’un programme éducatif spécial soit conçu pour lesdites zones afin d’améliorer les résultats en baisse. Une exigence dans le plan de refonte de l’école qui nécessite l’implication, de l’avis des députés, du gouvernement, des partenaires techniques et financiers. Ils ont, par ailleurs, souhaité que les cantines scolaires soient maintenues et étendues à toutes les écoles maternelles et primaires du Bénin.

La situation des aspirants proccupe les dputs

La situation des aspirants préoccupe les députés

Le réveil de l’ETFP dans le Secondaire : une priorité pour 2021

La relance de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (ETFP) reste la priorité majeure du sous-secteur Secondaire pour l’année 2021. Elle passe par la mise en œuvre et de façon efficiente de la Stratégie nationale de relance de l’ETFP qui trouve une part importante dans le projet de budget du Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle. Mahougnon Kakpo, l’autorité ministérielle, en a largement évoqué le contenu avec les députés à travers son projet de budget, exercice 2021, évalué à la somme de 107 milliards 766 millions Francs CFA. C’était le jeudi 19 novembre 2020 à l’Assemblée nationale. Le MESTFP a donné les moindres détails sur les différents chapitres et axes de son budget qui fait la part belle à l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle. « Aujourd’hui, lorsque vous rentrez dans le système ETFP, vous sortez avec un métier. A partir de ce moment, il faut un budget conséquent et le gouvernement a mis à notre disposition, le budget nécessaire pour toutes ces activités. Nous avons également besoin, dans le cadre de l’Enseignement Secondaire Général, de la formation des formateurs. Tout le problème qui se pose aujourd’hui avec la catégorie d’enseignants que nous appelons les pré-insérés ou les aspirants, c’est une question de formation parce que les enseignants que nous envoyons devant nos apprenants doivent être bien formés, ils doivent être des enseignants qualifiés. Or, le plus gros problème qui se pose dans notre système éducatif, c’est d’abord un déficit d’enseignants et un déficit d’enseignants qualifiés », a élucidé Mahougnon Kakpo, indiquant que l’une des priorités de son département pour 2021 est la formation d’un capital humain compétent, compétitif et capable d’induire les actions de développement et prêt à l’emploi. Pour former ce type de capital humain, poursuit-il, il faut la formation professionnelle. « Notre système de l’Enseignement et la Formation Technique et Professionnelle ne permettait pas une meilleure formation pour ce type de capital humain. Le secteur privé n’était pas impliqué et le format de la formation était qu’on formait des gens qui étaient des spécialistes ou bien étaient formés sur des filières », souligne-t-il avant d’insister sur la formation du corps d’encadrement. « Nous avons aussi la formation du corps d’encadrement à faire parce que s’il y a les enseignants et qu’il n’y a pas les conseillers pédagogiques, qu’il n’y a pas les inspecteurs en nombre suffisant, nous ne pourrons pas obtenir un encadrement de qualité. Ce budget nous permet aussi d’aller dans ce sens », a-t-il expliqué aux députés, ouvrant par ailleurs la fenêtre de l’alphabétisation qui est aussi prise en compte dans le projet du budget 2021 de ce sous-secteur. « … puisque cela permet aux déscolarisés et aux non-scolarisés de pouvoir partir de l’alphabétisation, soit dans leur langue, soit en français, pour réaliser leurs activités économiques », évoque-t-il.

De nouvelles infrastructures scolaires érigées pour 2021

Les infrastructures scolaires occupent également une place de choix dans les axes de dépenses inclus dans le projet de budget du MESTFP. Le ministre Mahougnon Kakpo indique : « … de 2016 à 2020, nous avons construit plus de 2.000 salles de classes par rapport à ce qu’on était à 2016, c’est-à-dire qu’on était à moins de 1.700 salles de classes en 2016 et aujourd’hui, nous avons plus de 2.000 en plus de ce nombre qu’on avait. Ce qui signifie que le Gouvernement, en 4 ans, a construit plus que ce qu’on avait fait en 10 ans en matière d’infrastructures. Cependant, avec l’accroissement de l’effectif des apprenants, les infrastructures scolaires deviennent, de plus en plus, insuffisantes. Il est prévu dans ce budget, des ressources pour construire davantage d’infrastructures scolaires en 2021. Ces ressources existent non seulement en matière de Projets d’Investissement Public avec des ressources intérieures comme extérieures. Nous avons donc programmé pour 2021, la construction de plusieurs infrastructures scolaires ».

Le ministre Mahougnon Kakpo lors de la prsentation de son budget lAssemble Nationale

Le ministre Mahougnon Kakpo lors de la présentation de son budget à l’Assemblée nationale

La situation des aspirants : les députés en parlent

Les élus du peuple ont posé des questions majeures telles que : pourquoi des aspirants sont-ils à la maison alors que d’autres sont déployés ? Pourquoi les classes sont toujours sans enseignants alors que nous sommes en train de finir deux mois de cours après la rentrée du 28 septembre ? En somme, des préoccupations qui ont obtenu des réponses du ministre Mahougnon Kakpo qui renseigne : « Nous avons donné toutes les explications nécessaires s’agissant de la constitution de la base de données ; nous venons de lancer un communiqué pour organiser un nouveau test pour ceux qui ont des diplômes requis et qui peuvent passer le test pour être dans la base de données. Le test aura lieu le 12 décembre prochain. Le communiqué commence à passer déjà et je pense que cela va nous permettre de recruter des enseignants dans les matières où il y a des déficits notamment, en Mathématiques, PCT et en Français pour qu’au début de janvier ou à la fin du mois de décembre, nous puissions déployer ceux-là dans les classes. De toutes les façons, ces questions seront résolues d’ici la fin du mois de décembre au plus tard et notre école redémarrera de façon sécurisée ». Il n’a pas manqué de livrer ses sentiments à la sortie de la séance : « Je viens de passer devant la représentation nationale pour présenter le projet de budget 2021 du Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle. Je dois préciser que ce budget est de l’ordre de 107 milliards 766 millions et est en accroissement de plus de 19% par rapport au budget de l’année dernière. Les grandes actions qui ont nécessité ce type de budget concernent la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de l’Enseignement et la Formation Technique et Professionnel».
C’est dire que sous peu, les deux ministres des enseignements auront des ressources suffisantes pour ouvrir les nombreux chantiers qui permettront de mettre l’école béninoise, en l’occurrence l’ETFP, sur orbite avec à la clé des enseignements de qualité dispensés par des enseignants en nombre suffisant et de qualité.

Edouard KATCHIKPE & Estelle DJIGRI

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