A cœur ouvert avec Romaric Zinzindohoué, sur le tandem école-famille pour la réussite des enfants : « L’une des méthodes que j’utilise, c’est de redevenir l’élève lorsque je travaille avec mes enfants »

 

Informaticien en service au Ministère des Finances, Romaric Zinzindohoué est le père du candidat arrivé deuxième du Bénin à l’examen du Certificat d’Etudes Primaires 2020. A travers cette interview accordée au journal Educ’Action, l’homme partage sa méthode de travail avec ses enfants qui pourrait inspirer bien des parents.

 

Educ’Action : Quel plan avez-vous mis en œuvre pour atteindre ce résultat ?

Romaric Zinzindohoué : J’ai toujours dit à mes enfants que le hasard n’existe pas, il faut qu’ils soient prêts à tout moment. Une leçon faite aujourd’hui doit être apprise avant le prochain cours. Elle doit être étudiée, comprise et approfondie. L’une des méthodes que j’utilise, c’est de redevenir l’élève lorsque je travaille avec mes enfants. C’est eux qui m’expliquent le cours et me donnent des exercices. Au moment où ils conçoivent l’exercice, je déduis alors qu’ils ont compris le cours et qu’ils ont pu appréhender les difficultés contenues dans la leçon. D’abord, je suis l’enseignant et ils sont les élèves et après je deviens l’élève et ils deviennent l’enseignant. Je me comporte parfois comme un grand frère avec eux. Donc quand je leur dis que c’est l’heure d’étudier, ils n’ont pas peur. D’ailleurs, je leur dis toujours que c’est l’animal qu’on bât mais l’homme on le fait réfléchir. Mes enfants n’ont jamais eu de répétiteur. Je leur fais comprendre qu’ils devraient être capables de transmettre toutes les valeurs que je leur inculque à leurs enfants. Quelqu’un a dit que tout ce que l’on comprend s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément. S’ils arrivent à comprendre quelque chose, ils doivent être capable de le restituer autant de fois que nécessaire.

Comment avez-vous réussi ce tandem école-famille pour prendre le relai du travail qui se fait à l’école ?

Quand ils viennent à la maison, après avoir fait les travaux domestiques, je leur demande quelles sont les leçons qu’ils ont faites aujourd’hui. Je prends le temps de corriger les fautes qu’ils ont commises dans leurs leçons en leur enseignant les leçons de grammaire et d’orthographe correspondantes. Ensuite, je leur demande de m’expliquer ce qu’ils ont compris. A ce niveau, je corrige aussi les fautes qu’ils commettent dans leurs explications. On passe ensuite à la pratique qui exige les exercices. On fait les exercices de premières difficultés, ensuite celles de deuxièmes difficultés puis les exercices d’approfondissement. Quand c’est fait, je leur demande enfin de faire un résumé de ce qui a été fait et je clos le cours avec eux. Quand je constate qu’une nouvelle notion a un lien avec d’autres qui ont déjà été vues, je tisse les liens entre les deux notions. C’est en faisant ces liens qu’ils développent le sens de la logique de sorte que leurs idées ne soient pas éparses. C’est ainsi qu’ils construisent leur raisonnement. Donc quand ils reviennent de l’école, ils se mettent quelque chose sous la dent. Ensuite, ils font les travaux domestiques, puis ils se reposent un peu. Aux alentours de 20 heures, ils reprennent les cahiers et on travaille. Je fais en sorte qu’au plus tard à 22 heures, ils soient couchés. Vers 5 heures, ils sont déjà sur pieds pour réviser leurs leçons. C’est surtout les week-ends que je travaille avec eux. On exploite le temps à son maximum. Il n’y a pas de divertissements mis à part le journal.

Votre fils a promis à son enseignant qu’il allait le faire connaître. Comment avez-vous inculqué ce mental de confiance en soi à vos enfants ?

C’est pourtant simple : croyez et vous le verrez. Les textes bibliques sont mieux indiqués pour développer ces qualités en nous. Je leur raconte aussi ma vie personnelle. Tout ce que je rencontre comme difficultés et la façon dont le Seigneur m’aide à surmonter ces difficultés. Je ne suis pas un beau parleur. Ils me voient dans l’action au quotidien. Donc, je leur montre que l’exemple n’est pas loin mais il est proche d’eux, à travers la vie de leur papa. Croire pour comprendre et non comprendre pour croire.

Comment vous instaurer cette relation de proximité avec vos enfants ?

J’avais emmené mon enfant au campus une fois pour qu’il fasse des photos pour le dépôt de ses dossiers. Je me suis levé pour aller me soulager. Après quelques instants, le photographe a dit à l’enfant d’appeler son grand frère pour qu’il l’assiste. Le petit lui a répondu : ce n’est pas mon grand frère hein, c’est mon papa. L’enfant est quelqu’un qu’il faut mettre à l’aise afin qu’il s’épanouisse. La vraie éducation ne se donne pas dans la violence. Il faut de la souplesse dans l’éducation. Il y a deux choses pour lesquelles ils savent que je suis très rigoureux : la prière et le travail. Ils savent que lorsqu’ils ne prient pas ou qu’ils font mal leur devoir, papa devient méchant. Quand l’enfant a trop peur des parents, cela n’est pas bon. Lorsqu’il aura des problèmes, il ne va pas les partager avec ses parents et cela le rend plus timide. Lorsqu’ils me posent des questions dont je n’ai pas de réponse, je leur demande de faire la recherche sur internet.

Propos recueillis par Edouard KATCHIKPE et Adjei KPONON

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