Accroître les performances dans les centres barka : 219 animateurs du PAEFE renforcés et gratifiés(417 jeunes sortis distingués et célébrés à Parakou)

Le Programme d’Appui à l’Education et à la Formation des Enfants exclus du Système éducatif (PAEFE) de la Coopération Suisse exécuté au double plan opérationnel et pédagogique par le consortium HELVETAS-Swiss Intercooperation et Solidar Suisse, s’est illustré positivement, le weekend dernier, par une série d’activités bénéfiques au profit des animateurs, animatrices et apprenants des centres barka, les écoles de la deuxième chance.

Ces différentes manifestations organisées, les 07 et 08 septembre 2019, respectivement à l’ENI Kandi et à l’Ecole de formation médico-sociale de Parakou, lient renforcement de capacités et distinctions des animateurs, puis distractions, reconnaissance et célébration des 417 jeunes apprenants formés aux métiers professionnels, sortis des centres barka.

Dans le calme olympien de la célèbre Ecole Normale des Instituteurs de Kandi, embelli des cris et chants des oiseaux, animateurs et animatrices des centres barka du Borgou et de l’Alibori du Programme PAEFE ont été portés au pinacle. Au nombre de 219 au total (173 anciens et 46 nouveaux), ils ont bénéficié, trois (03) semaines durant, et sous le leadership des inspecteurs formateurs du MEMP, du Cradenf et de Solidar, d’un recyclage pour les anciens animateurs, d’un accompagnement en matière de transcription et d’apprentissage des langues nationales (dendi, bariba, peuhl, nago, bo) pour les nouveaux, ainsi que de cours en pédagogie et bien d’autres notions éducatives aux fins de mieux s’aguerrir pour bien amorcer l’année scolaire 2019-2020. Outre cette cérémonie de clôture de la formation, ils ont été également distingués pour une saine émulation entre animateurs et ceci dans le cadre de la célébration de la 2ième édition de la Journée de reconnaissance des animateurs et animatrices des centres barka. Diversement habillés et constamment au chevet de ces milliers d’enfants béninois au destin, pour certains hypothéqué, parce qu’exclus de l’école formelle ou déscolarisés, les animateurs et animatrices ont reçu les honneurs de la coordination du PAEFE et des membres du CoTIP. En témoignent la trame des discours prononcés par les parties prenantes à l’occasion et le contenu des prix offerts.

Des mots et allocutions ...

Nadine Anicette Adétayo Oké, coordonnatrice du PAEFE, a, dans son mot de bienvenu, remercié les animateurs et animatrices des centres barka pour leur dévouement, esprit de sacrifice et abnégation à porter le programme au profit des enfants béninois enrôlés. A l’en croire, les réflexions sont en cours pour la définition d’une stratégie opérationnelle pour le passage à l’échelle de l’expérience de l’éducation alternative barka. « Nous pouvons nous réjouir de la qualité des formations données dans les centres barba au vu des dispositifs de renforcement des capacités et d’assurance qualité mis en place et qui prennent en compte tous les aspects techniques et pédagogiques de la formation », a-t-elle confessé, faisant un clin d’œil à l’ensemble des parties prenantes pour leur forte implication dans la réussite du PAEFE. Pour le coordonnateur adjoint de Solidar Suisse, représentant le consortium Helvetas-Solidar, Valentin Ilboudo, le mérite revient aux animateurs, animatrices ainsi qu’aux inspecteurs et formateurs pour leur travail de qualité qui ne cesse de produire des fruits positifs. « Les résultats admirables obtenus sont la preuve du sérieux et de la persévérance des animateurs et animatrices, ainsi que du professionnalisme des experts formateurs... », a-t-il appuyé, réaffirmant les remerciements du consortium au Ministère des Enseignements maternel et primaire pour son soutien constant. Abibou Bachabi, maire de la ville de Kandi, a dit tout le bien de l’éducation car, pour lui, une école fermée est une prison ouverte. Selon lui, l’école de la deuxième chance qu’offre le PAEFE est une tribune à saisir par tous pour reculer les barrières de l’ignorance dans notre société. « Notre rôle est de faire en sorte que nous puissions accompagner cette belle initiative pour être pérennisée et généralisée», a souligné l’autorité communale avant d’exhorter les uns et les autres à redoubler d’efforts pour plus de résultats. Le représentant du Directeur de cabinet du Ministre des Enseignements maternel et primaire, président du CoTIP/PAEFE, Justin Houadjèto, rappelle que la formation dédiée aux animateurs participe du champ d’action du PAEFE et vise à doter les participants des armes dont ils ont besoin pour conduire à bon port l’ensemble des activités qui marquent au quotidien la vie et le fonctionnement des centres barka. « Je salue cette vision de la coordination du PAEFE qui a pris corps et forme grâce à l’implication conjointe du consortium Helvetas-Solidar et du Cradenf pour la gestion pédagogique du programme », a-t-il indiqué avant de déclarer close la formation des animateurs et animatrices du PAEFE.

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le présidium à l’ouverture de la double activité...

Des résultats de l’évaluation des animateurs et animatrices du PAEFE

Au bout des trois semaines de formation, les animateurs et animatrices des centres barka du PAEFE ont été évalués avec à la clé de très bonnes performances. Les résultats sommatifs en termes de notes sur 20 reçues par chaque animateur en dit long à la lumière des statistiques rendues publiques par le représentant des inspecteurs formateurs, Didier Idohou. Ces notes tutoient les 19 sur 20 pour les animateurs cracks. Des 16, 17 et 18 sur 20 sont aussi enregistrés par ailleurs même si des animateurs ont également reçu moins de 15 sur 20. Avec de tels résultats, l’espoir est bien possible et les perspectives très bonnes, de l’avis de l’inspecteur, pour les centres barka du PAEFE. D’ailleurs, la coordonnatrice du programme a réaffirmé toute la détermination de la coordination et du Cradenf à mettre un accent particulier sur les centres barka de l’Alibori afin d’espérer au soir des résultats de l’examen du CEP 2020, des résultats de l’ordre de 100% dans plusieurs centres.

Des prix offerts...

Divers lots sont remis aux animateurs et animatrices des centres barka du PAEFE. Ils ont reçu, des responsables du programme, des sacs pour une meilleure conservation de leurs effets didactiques. Les animateurs des centres barka de Gnel-Boukatou, Djilidjalarè, Wari-goura et Diguidirou ont bénéficié de tablette de marque Samsung pour avoir obtenu un taux d’admissibilité de 100% à l’examen du CEP 2019. Quant à l’animateur du centre barka de Beroubouey, un récidiviste de ce type de prouesse, il a reçu un ordinateur de grande capacité pour avoir obtenu non seulement un taux d’admissibilité de 100% à l’examen du CEP 2019, mais surtout pour avoir fait passer un nombre important de candidats à cet examen, quinze (15) au total. Diverses attractions culturelles ont ponctué les deux cérémonies qui résonnent comme un coup double.

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... et gratifiés pour leurs performances au soir des résultats du CEP 2019

Un festin pour honorer les 417 sortis des centres barka

Le lendemain, dimanche 08 septembre 2019, cap a été mis sur Parakou pour une réjouissance offerte par le PAEFE au profit des apprenants sortis des centres barka. Ils sont 417 à être initiés, cette année, à divers métiers et activités professionnelles, associés à l’apprentissage et à la formation dispensés dans les centres barka. Pendant des jours et sous la conduite des artisans professionnels avec la supervision de la chambre des métiers Borgou-Alibori, ces enfants ont reçu des notions en matière d’élevage des lapins, l’installation des panneaux solaires, la réparation des portables ainsi que le perlage. A l’occasion de cette cérémonie organisée à l’Ecole de formation médico-sociale de Parakou et qui a vite pris l’allure d’une grande fête où discours, jeux dotés de prix, chants et danses s’entrelacent, la coordonnatrice du PAEFE, Nadine Oké, a dit tout l’intérêt de cette réjouissance. « Nous voulons célébrer ces enfants qui ont prouvé au cours de leur formation leur désir à se prendre en charge à travers des métiers innovants et porteurs », a-t-elle précisé. Pour Jérôme Zannou, vice-président de la Chambre des métiers Borgou-Alibori, les 417 apprenants ont surpris par leur capacité d’acquisition et de rétention. « A l’entame, on ne savait pas qu’en peu de temps, ils pourraient développer cette capacité de maîtrise des notions assez techniques pour des enfants de leur âge », a-t-il dit, assurant de la qualité de la formation transmise avant de plaider pour une durée plus longue pour les prochaines éditions. Jean Benoît Alokpon, directeur de cabinet du Ministre des Enseignement Secondaire, Technique et de la Formation professionnelle, a dit toute son admiration pour ces jeunes apprenants sortis du PAEFE. « Je remercie le PAEFE qui a écouté le cœur de ces enfants qui, à la fin des quatre (04) ans de formation, s’interrogent et se demandent quel va être leur devenir. C’est pourquoi à la sortie des 217 de l’année dernière, il a été suggéré par le ministère l’élaboration d’un plan de suivi pour l’encadrement continu des enfants une fois de retour chez eux. Vous comprenez donc toute mon admiration de savoir et de voir que des initiatives soient prises pour aider ces enfants à mettre en pratique ce qu’ils ont appris et pour à la longue, s’auto-employer... », a-t-il indiqué, louant les talents des sortis du PAEFE. Des témoignages, explications et démonstrations in vivo des métiers appris ont été faits par les représentants des jeunes apprenants. Des jeux-concours dotés de prix sont aussi organisés pour récompenser les tout jeunes les plus méritants. Les enfants ont aussi communié avec les artistes Ananfi, Koffra et Tiaff qui ont égayé le public. Une agape fraternelle au profit des enfants a mis fin à la cérémonie au moment où il sonnait 18h34 minutes dans les locaux de l’Ecole de formation médico-sociale de Parakou.

 

Avis des personnalités et animateurs

Justin Houadjèto, représentant du DC/MEMP, Président du CoTIP/PAEFE

« ... il y a de bon augure par rapport à la vie et à la survie du PAEFE et le partenariat entre le ministère et la coordination du PAEFE »

«C’est un sentiment de joie et de grande fierté qui m’anime quand on sait ce que le PAEFE fait au côté du système éducatif formel. C’est vrai, la formation a commencé, il y a trois (03) semaines dont deux (02) semaines de formation pédagogique et c’est à l’actif du PAEFE. Le PAEFE, dans le cadre du partenariat qui le lie avec le Ministère des Enseignements maternel et primaire, a mis en place un creuset de réflexions qu’on appelle le CoTIP et c’est au sein de ce creuset que se prennent les grandes décisions. Je puis vous affirmer qu’il y a de bon augure par rapport à la vie et à la survie du PAEFE et le partenariat entre le ministère et la coordination du PAEFE. »

Abibou Bachabi, maire de la commune de Kandi

« A Kandi, le PAEFE vient combler un trou en offrant cette possibilité à nos enfants de mériter d’une seconde chance d’instruction »

«C’est heureux que ma ville soit choisie pour abriter cette double activité. Vous comprenez donc la joie qui m’anime. Nous sommes tous unanimes sur la performance des animateurs et animatrices après l’évaluation de la formation dispensée. Nous devons ensemble relever le défi de l’école de la deuxième chance. Les statistiques ne sont pas en faveur de la ville de Kandi. On se rend compte que beaucoup d’enfants de la commune ne profitent pas suffisamment de l’éducation formelle. Les résultats des examens de fin d’année en disent long. Le PAEFE vient donc combler un trou en offrant cette possibilité à nos enfants de mériter d’une seconde chance d’instruction. Nous ne pouvons qu’accompagner cette belle initiative du PAEFE. Cela y va de la bonne gouvernance et de la réussite du système éducatif formel ou non formel au Bénin. »

Valentin Ilboudo, Coordonnateur adjoint de Solidar Suisse

« La mise à échelle du PAEFE est l’autre défi ... pour impacter plus de départements et d’apprenants des centres barka »

«Un sentiment de satisfaction totale me comble en ce moment au vu des résultats engrangés par les animateurs et animatrices formés et ceci au terme de l’évaluation finale. Nous pensons que ces animateurs formés sont assez aguerris pour bien commencer la nouvelle année scolaire au niveau des centres barka. En termes de défi, nous avons et de façon constante l’amélioration de la qualité de la formation dispensée aux apprenants des centres barka. Nous allons donc nous évertuer pour une qualité supérieure parce que nous visons la perfection même si elle n’est pas de ce monde. La mise à échelle du programme est l’autre défi qui nous tient vraiment à cœur pour impacter plus de départements et d’apprenants. »

Adamou Gago Chabi, représentant des animateurs formés

« Nous plaidons pour que l’Etat nous confère les mêmes considérations et traitements que les enseignants de l’école formelle »

«C’est un sentiment de gaité qui m’envahit. Cette formation est spéciale en cela qu’elle nous a outillés, aguerris pour mieux conduire nos classes dès la prochaine rentrée des classes au niveau des centres barka. Notre souhait est que l’initiative puisse perdurer dans le sens du renforcement des capacités des animateurs et animatrices. Nous plaidons afin que notre situation soit prise en compte par l’Etat et qu’on bénéficie des mêmes reconnaissances et considérations que les enseignants de l’école formelle. »

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