2ième séminaire international du programme APPRENDRE : Vers la création d’un observatoire de la recherche en éducation

Du 25 au 27 juin 2019, s’est tenu le 2ième séminaire international du Programme d’Appui à la Professionnalisation des Pratiques Enseignantes et au Développement des Ressources (APPRENDRE).

La rencontre a mobilisé des responsables des Écoles Normales Supérieures des pays engagés dans le programme ainsi que des enseignants-chercheurs porteurs de projets de recherche de 12 pays de la Francophonie à l’hôtel Azalaï à Cotonou.

19 communications faites par les représentants de 12 pays, des travaux en ateliers pour réfléchir sur l’état de la recherche en éducation dans les pays francophones, notamment du Sud, des recommandations pour créer des dynamiques synergiques nationales et internationales, remise du 6ième prix Louis D’Hainaut de la meilleure thèse en technologies éducatives. Ce sont-là les grands moments qui ont marqué ce deuxième séminaire international du programme APPRENDRE autour du thème « La recherche en éducation ». Financée par l’Agence Française de Développement (AFD) et mise en œuvre par l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), cette deuxième rencontre mobilise les bénéficiaires du premier appel à projets de recherches contextualisées en éducation dont la thématique est : « Documenter et éclairer les politiques éducatives en Afrique francophone ». A l’ouverture de la rencontre, Marie-Odile Attanasso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique du Bénin, a reconnu que les deux composantes du programme APPRENDRE : appui à la structuration de la recherche en éducation et appui à la production des savoirs scientifiques, « peuvent apporter un soutien significatif à l’amélioration de nos systèmes éducatifs, notamment dans la recherche de pédagogies innovantes pour le succès de la mission de formation des formateurs qu’assure l’enseignement supérieur afin de doter les autres ordres d’enseignement en personnel enseignant de qualité ». Statistiques à l’appui, Jemaiel Ben Brahim, directeur régional Afrique de l’Ouest de l’AUF, a peint le tableau de la recherche en éducation dans les pays francophones du Sud. Dans son allocution, le directeur régional a évoqué la quantité et la qualité des productions scientifiques en Afrique francophone qui sont loin de celles des pays anglophones avant de faire le panorama des projets et actions de l’AUF. Après l’ouverture officielle des travaux par la ministre, les participants sont entrés dans le vif du sujet avec la présentation des différents communications et projets de recherche.

Les participants attentifs aux communications

Les participants attentifs aux communications

Aperçu des travaux des assises de Cotonou …

La première communication a focalisé l’attention des participants. Marguerite Altet, professeure honoraire de l’Université de Nantes, a présenté la conférence inaugurale intitulée « Recherches en éducation et professionnalisation des acteurs : l’exemple des travaux sur les pratiques enseignantes dans leurs rapports aux apprentissages ». Au fil des heures et des jours, les participants ont eu droit à la présentation des 17 projets de recherche dont deux proviennent du Bénin, sous le regard des membres du Conseil Scientifique du programme. L’ensemble des communications s’est focalisé sur six (6) axes de recherche qui sont : profession : enseignant, les technologies de l’information de la communication pour l’enseignement (TICE) ; parcours d’enseignantes et d’enseignants ; l’évaluation des apprentissages ; discipline littéraire et sciences humaines et enfin, mathématiques et sciences. Ponctuées de discussions, les présentations ont été l’occasion d’échanges approfondis tant sur la forme que dans le fond des projets en passant par des débats méthodologiques. Dernière communication et non des moindres, c’est celle animée par Jacques Marchand, ancien expert de l’AFD et portant sur le financement de la recherche. Au terme des trois journées d’activités, les participants ont formulé diverses recommandations dont la création d’une revue scientifique et d’un observatoire de recherche en éducation pour les pays francophones. L’occasion faisant le larron, le 6ième Prix Louis D’Hainaut de la meilleure thèse en technologies éducatives a été remis à Dogbe-Semanou Dossou Anani Koffi (Togo) pour sa thèse intitulée : « Persévérance et abandon des apprenants à distance en Afrique subsaharienne francophone : cas du Togo », soutenue le 19 juillet 2016 à l’Université de Lomé.

IMPRESSIONS DE QUELQUES PARTICIPANTS

Jacques Wallet, Professeur à l’Université de Rouen, Président délégué du Conseil scientifique de APPRENDRE

«Mes impressions, c’est que ce séminaire est une réussite, car malgré que la présentation des projets soit finie, les chercheurs et les directeurs d’ENS sont toujours là et discutent. On m’interroge sur pourquoi dans un programme qui porte essentiellement sur un appui à l’enseignement de base dont on connaît les problèmes, on fait une place à la recherche ? La réponse est assez simple parce que beaucoup de problèmes ont été identifiés, mais les données de ces problèmes sont assez mal connues. Nous venons de vivre des journées où des chercheurs confirmés ont exposé leurs projets de recherche. A chaque fois, ils ont exprimé qu’il y avait une attente des ministères par rapport à ce qu’ils découvriraient sur le terrain et en particulier, le fossé qui existe entre les usages prescrits et les pratiques réelles des enseignants. Le programme a une grande ambition dans le domaine de la recherche. L’objectif dans l’amélioration des pratiques enseignantes, c’est d’utiliser des outils que le programme proposera à tous les acteurs du système éducatif pour permettre de professionnaliser leurs pratiques ».

Degbe-Semanou Anani Koffi, lauréat du prix Louis D’Hainaut, enseignant-chercheur à l’Université de Lomé


« Ce sont des impressions de fierté teintées d’humilité qui m’animent. Si nous avons eu ce prix, ce n’est pas par notre seul effort, mais c’est l’œuvre de la Francophonie. Je voudrais demander à l’AUF de toujours soutenir les étudiants dans leurs efforts de recherche et de vouloir aller de l’avant. A mes jeunes frères et étudiants, je voudrais demander de persévérer comme le dit le titre de la thèse.

Stefano Amekoudi, directeur du Campus Numérique Francophonie de Cotonou

«APPRENDRE n’est qu’à ses débuts. Pour le moment, seul quatre pays bénéficient réellement du programme APPRENDRE. Le Bénin sera le 5ième pays si nos autorités avancent rapidement dans les réflexions. Normalement, dans le mois de septembre prochain, un atelier APPRENDRE doit pouvoir se tenir sur l’observation des pratiques enseignantes à l’intention des conseillers pédagogiques et des inspecteurs. APPRENDRE n’est pas un projet où l’AUF vient au Bénin avec des solutions toutes faites. Mais c’est un programme en co-construction avec les acteurs locaux. C’est aux acteurs du système éducatif béninois de construire et de dire ce qu’ils veulent faire. APPRENDRE viendra avec les outils qui sont à sa disposition pour répondre à ces besoins ».

Adjéi KPONON

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