Blaise Coovi Djihouesi, à propos de l’expérimentation de l’Education à la Santé Sexuelle

Blaise Coovi Djihouesi, Directeur général de l’INIFRCF et Président du Comité technique chargé du suivi de la mise en œuvre de l’ESS, se penche ici sur la phase expérimentale de ce programme qui est en cours d’exécution dans 76 CEG et Lycées, 24 écoles maternelles et 48 écoles primaires dans tous les départements du Bénin

 Educ’Action : En quoi consiste cette phase expérimentale ?

Blaise Coovi Djihouessi : On élabore un document didactique sur la base d’hypothèses et c’est l’expérimentation qui permet d’infirmer ou de confirmer les hypothèses de base. Nous avons commencé l’expérimentation dans 76 collèges et lycées, 20 écoles maternelles, 48 écoles primaires. Les enseignants formés sont en train de mettre en œuvre le contenu des documents infusés sur le terrain. Les Conseillers pédagogiques (CP) et les inspecteurs formés sont aussi sur le terrain. Nous suivons de près tout ce qui se passe au niveau de l’INIFRCF. Au début de l’expérimentation, certains parents nous ont demandé pourquoi impliquer les enfants de la maternelle et qu’est-ce qui leur sera enseigné. Eh bien, au niveau de la maternelle, nous insistons sur l’hygiène corporelle parce que le concept que nous avons choisi nous amène à cela. Comme je l’ai dit, l’éducation à la santé sexuelle est liée à notre attitude et comportement face à notre santé et les conséquences de l’activité sexuelle. L’expérimentation se déroule sur toute l’étendue du territoire national, dans des établissements qui ont été choisis, selon des critères bien précis de représentativité.

Quels sont ces critères ?

Nous avons identifié des écoles dans des zones urbaines, dans des zones périphériques et dans les zones rurales, surtout au niveau des écoles publiques. Nous avons un autre critère qui prend en compte les établissements privés et les établissements confessionnels. Nous avons également identifié des écoles mixes, puis des écoles pour filles et pour garçons.

Quelles sont les premières conclusions qui se dégagent ?

Les premières observations, c’est qu’il y a encore des enseignants qui trouvent des difficultés à aborder la thématique de l’éducation à la santé sexuelle dans leur classe malgré qu’ils aient été formés. Cela est essentiellement dû aux pesanteurs socio-culturelles malgré que nous leur ayons dit que tout est pensé pour qu’ils puissent l’aborder avec la conviction de réussir. L’autre difficulté à laquelle les CP sont confrontés sur le terrain, c’est la mutation des enseignants formés de leurs écoles expérimentales vers d’autres écoles qui ne le sont pas. Nous allons nous engager dans un plaidoyer pour que les enseignants formés ne soient pas mutés durant cette période expérimentale, en attendant la généralisation.

Comment se présente le mécanisme de suivi des activités sur le terrain ?

D’abord, nous avons élaboré des outils de suivi. Ensuite, nous avons formés les CP de la maternelle, puis du primaire et du secondaire, et ensuite des inspecteurs des différents ordres d’enseignements. Des documents ont été réalisés par les cadres de l’INIFRCF et de l’INFRE. Tous les directeurs des établissements d’expérimentation ont été également formés, car ils sont les premiers conseillers pédagogiques de leurs établissements. Ils ont tous été formés à l’utilisation des outils de suivi. Dernièrement, nous avons eu une rencontre qui a permis de procéder à des réajustements. Nous suivons tout ce qui se passe dans les établissements car nous recevons régulièrement des rapports de suivi envoyés par les CP et les inspecteurs. Cela nous permet de faire les réajustements nécessaires.

A quand la généralisation ?

2018-2019 est la phase expérimentale. L’année qui suit, 2019-2020, est la phase d’étude approfondie des rapports de suivi qui ont été produits, de correction, de réajustement des actions sur le terrain avant de passer à la généralisation. Comme je l’ai dit, les documents didactiques sont élaborés sur la base d’hypothèses. C’est l’implémentation sur le terrain qui permet de confirmer ou d’infirmer les hypothèses. En fonction de cela, la phase de généralisation sera certainement pour l’année scolaire 2020-2021.

Réalisé par la Rédaction de Educ'Action

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