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Vie dans nos marchés à Cotonou et ailleurs : Quand des filles en âge scolarisable, troquent leur avenir contre la vente à la sauvette

«L’instruction est le premier besoin de l’Homme après le pain », disait Jules Ferry. Cette maxime, à nul égard, repositionne la question de l’éducation au centre des préoccupations de développement et dans la vie de tout humain.

En effet, le jeudi 07 mars 2019, veille de la célébration de la Journée Internationale de la Femme, un fait certainement anodin pour d’aucuns, continue de polluer, hélas, notre environnement, nécessitant un sursaut collectif. Dans les allées du marché Saint Michel de Cotonou, une fillette d’environ 10ans a fini par troquer son instruction contre la vente à la sauvette des beignets. De teint noir d’ébène, taille en croissance, environ 1,30m, elle portait sur sa tête un plateau contenant des beignets fabriqués à base de la farine de blé. « Je m’appelle Clotilde Mintchi. Je suis originaire d’Adja. J’étais en classe de CE2. Mes parents ont préféré m’amener à Cotonou pour... », a confié la petite Clotilde à Educ’Action, sans aller loin dans les détails, saisie d’un air de pitié couplé de rancœur. Et cela se comprend aisément. Alors qu’elle rêvait sûrement grand pour son avenir, la voilà arrachée de force de l’école. Et depuis lors, la vente de beignets est devenue son quotidien. Tout comme Clotilde, il y a bien des fillettes soumises aux mêmes caprices destructeurs de leurs parents, éloignées ainsi des couloirs de l’école et des lieux d’instruction pour des prébendes. Elles sont majoritairement des enfants placés auprès des proches ou non dans les grandes villes du Bénin, de plus en plus, contre rétributions. Parfois maltraitées, les plus courageuses prennent la poudre d’escampette, espérant avoir la vie sauve mais seulement avec un avenir éducatif brisé. Et pourtant, par ici, il est bien décrété la gratuité de l’école pour toutes les filles dans le primaire comme dans le premier cycle du cours secondaire. Face à l’abaissement de la gent féminine, il y a bien lieu de se désoler, à la limite s’irriter pour des pratiques qui maintiennent la femme dans la dépendance instructive, éducative, voire sociale parce que dépourvue de tous les moyens de défense, d’affirmation et de révélation. Alors qu’on venait de célébrer le 08 mars cette inoubliable Journée Internationale de la Femme, les réflexions doivent être muries, les discours bien peaufinés dans le sens de l’accompagnement réel et de l’affranchissement de la femme. Faisons alors en sorte que de milliers de ‘’Clotilde’’ qui déambulent dans les allées des marchés, retournent dans les écoles pour une éducation qui fera le bonheur non seulement de chaque foyer, mais de la société entière. Car une femme instruite est une Nation éduquée !

Jules A. LOKO (Stg)

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