Consultations sur la Politique Nationale Enseignante (PNE) au Bénin : Les acteurs du système éducatif ont apporté leur pierre à l’édifice

L’hotel Golden Tulip de Cotonou a accueilli du 02 au 04 Avril 2019, les consultations nationales sur la Politique Nationale Enseignante (PNE) au Bénin. Les ONGs, les Syndicats, les PTFs, les cadres de l’éducation, les Ministres en charge de l’éducation, ont tous rehaussé l’importance de ces assises par leur présence effective.

Trois jours durant, les participants à l’atelier de Cotonou ont apporté leurs contributions à la version provisoire du document de Politique Nationale Enseignante (PNE) élaboré par l’équipe technique. L’objectif principal étant de recueillir les appréciations des différents acteurs et partenaires de l’éducation au Bénin, afin d’opérer les derniers ajustements pour une PNE inclusive et holistique. Président de la Commission Béninoise pour l’Unesco, le Ministre des Enseignements Maternel et Primaire a salué, à l’entame des travaux, les participants à cet atelier et rappelé l’historique de la PNE. Il a remercié les PTFs pour leur accompagnement et souhaité plein succès aux travaux. A sa suite, le Directeur du bureau régional de l’UNESCO, Ydo Yao, a fait remarquer que la présence des trois Ministres de l’éducation témoigne de la volonté du Gouvernement béninois à faire de la PNE une référence en matière d’éducation dans la sous-région, et à l’international. Porte-parole des PTFs, il a également exprimé le satisfécit de ces derniers au regard du travail abattu, bien qu’il mérite d’être amélioré. À cet effet, les participants, selon leurs catégories, ont émis des recommandations et suggestions en vue de prendre en compte tous les enjeux du secteur éducatif au Bénin. Il faut rappeler que le document de la Politique Nationale Enseignante présenté aux acteurs de l’éducation est focalisé sur la qualité de l’offre éducative. La PNE est bâtie autour d’une vision claire : « Doter le secteur de l’éducation d’enseignant(e)s, de formateur(rice)s, d’encadreurs et d’éducateur(rice)s compétent(e)s, motivé(e)s, conscient(e)s de leur mission sociale afin de contribuer à l’atteinte des objectifs du Plan Sectoriel de l’Education 2018-2030 et de ceux du développement durable y compris l’amélioration permanente de la qualité des acquis des apprentissages. »
Les débats de ces consultations nationales, ont surtout porté sur la question de l’Ordre des Enseignants, de la professionnalisation, de la création des corps des personnels des établissements scolaires et universitaires. Mais force est de noter que tous les acteurs sont unanimes sur la qualité du draft proposé par l’équipe technique qui s’est engagée à intégrer autant que possible les divers points de vue.

Extraits de discours des deux personnalités

Salimane Karimou, Ministre des Enseignements Maternel et Primaire

L’événement qui nous réunit ce matin constitue l’aboutissement d’un travail collectif considérable, entrepris depuis notre dernière rencontre le 03 juillet 2018. Rencontre au cours de laquelle nous avons procédé au lancement et à l’adoption de la méthodologie de développement de la Politique holistique nationale sur la profession enseignante. À cette occasion, nous avions effectué une série de travaux qui ont conduit, entre autres, à la production d’un document qui retrace les objectifs, la vision, les principes directeurs, ainsi que les options politiques et les actions prioritaires capables de répondre aux diverses préoccupations du métier d’enseignant. Le moment est venu pour nous de soumettre le document élaboré à l’appréciation des acteurs du système éducatif et de recueillir leurs amendements. Il est de notre responsabilité commune de veiller à ce que les résultats des consultations passent en revue la fonction enseignante dans toutes ses dimensions, afin d’obtenir l’adhésion de tous, pour renforcer la cohésion nationale. Convaincu du rôle irremplaçable de l’enseignant, il me parait utile de rappeler que le présent document n’occulte pas les problèmes clés comme le recrutement, la formation, l’autonomisation des enseignants, la gestion des carrières, la rémunération, la motivation, l’ergonomie, et la gouvernance scolaire et universitaire. Il s’agit ici d’un outil idéal que le gouvernement et l’Unesco mettent à la disposition de notre système éducatif pour révolutionner la pratique enseignante et ouvrir à notre pays les horizons, d’une école performante, complétive, porteuse d’espoir et d’espérance pour les générations futures. Ce document permettra également d’établir entre les acteurs de la profession et l’Etat un nouveau type de partenariat, gage d’un rayonnement meilleur de l’école béninoise.

Ydo Yao, Directeur Régional Unesco Abuja à l’ouverture des consultations nationales au Golden Tulip, Cotonou, Bénin

(…). Le suivi de l’Objectif de Développement Durable 4 nous rappelle que l’absence d’équité dans l’éducation est exacerbée par la pénurie et la répartition inégale des enseignants ayant reçu une formation professionnelle, surtout dans les zones défavorisées.
Selon l’Agenda 2030, les enseignants représentent l’un des trois piliers pour l’atteinte de l’ODD4.
Le diagnostic de la question enseignante actualisée au cours de ce processus au Bénin, a fait ressortir certaines insuffisances liées, entre autres, au rendement scolaire, à la qualité des enseignants, à l’insuffisance d’enseignants dans les salles de classes, mais également aux efforts déjà réalisés par le Gouvernement, comme l’amélioration du niveau des salaires et gratifications de la profession sur les dix dernières années, conformément aux recommandations de l’OIT, 2012 ; UNESCO 2010.
Selon le rapport PASEC 2014, la plupart des élèves des classes de CE2 et de CM2 au Benin n’atteignent pas les compétences minimales en français et en mathématique et la principale cause est relative à la qualification des enseignants.
Il s’agit d’un fait récurrent également relevé par les partenaires sociaux. (…)
Pour ajouter à tout ceci, le Bénin a défini une vision claire de son système éducatif sur la prochaine décennie qui présente une nouvelle architecture rectangulaire offrant des possibilités de passerelles entre le formel et le non formel et nécessitant plusieurs réformes déjà en cours dans tous les trois ordres d’enseignement. (…) Le Benin veut répondre à ces défis par des choix politiquescorrectifs aux différents constats sur la question enseignante en vue de l’atteinte de l’un des objectifs du PSE qui est d’améliorer la qualité des enseignements et apprentissages. (…)
Globalement, nous pouvons retenir du processus et du document :
• La vision et le caractère holistique qui intègrent les questions de l’évaluation des besoins, de la formation, du recrutement, de déploiement, de gestion de carrière, de rémunération et de dialogue social qui restent pertinentes pour toutes les catégories de facilitateurs d’ENF, allant de l’éducateur(trice) dans le préscolaire au professeur des universités en passant par les instituteurs, les professeurs du post-primaire et les alphabétiseurs ;
• La réforme des curricula avec le socle commun des compétences, la dématérialisation du contenu de la formation, l’intégration des TIC, l’implication des praticiens, la mise en place d’un mécanisme cohérent d’assurance-qualité,
• L’ajout d’une dimension qu’est l’autonomisation de l’enseignant dans sa professionnalisation.
Il s’agit là d’éléments qui entrent bien dans le cadre des réformes curriculaires de la CEDEAO.
Madame et Messieurs les Ministres, nous espérons que cette phase importante du processus permettra d’améliorer les options politiques et actions prioritaires définies dans cette version provisoire.

Ulrich AHOTONDJI & Kenneth HOUNDJI

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