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Raoul Atohoun, STP intérimaire du PDDSE, à propos de la mise en œuvre du PSE post 2015

" Si déjà 75% des actions planifiées sont réalisées, nous aurons une avancée qualitative de notre système éducatif "

Après deux années d’intenses activités, le Plan Sectoriel de l’Education (PSE post 2015) a définitivement pris corps.

Structure de pilotage, le Secrétariat Technique Permanent du Plan Décennal de Développement du Secteur de l’Education (STP-PDDSE) a conduit, de bout en bout, les travaux pour le bonheur du système éducatif. Après l’endossement du plan par les PTF la phase de concrétisation du document, porteur des nouveaux rêves nourris pour le secteur au Bénin, est désormais attendue de tous les vœux. Pour en être édifié, Educ’Action a ouvert ses colonnes au STP intérimaire, Raoul Atohoun. Il revient ici sur les étapes de la mise en œuvre du PSE post 2015 et les activités actuellement en cours.

Educ’Action : A quoi s’attèle actuellement le STP-PDDSE après l’endossement du PSE post 2015 ?

Raoul Atohoun : C’est vrai que le document du PSE post 2015 a été élaboré sous la supervision de notre structure, le STP-PDDSE. Pour la phase d’opérationnalisation, il serait judicieux qu’avant sa mise en œuvre, nous allions dans une phase d’intensification de la vulgarisation de ce document stratégique qui constitue désormais la boussole du secteur de l’éducation auprès des acteurs de la planification, de la budgétisation et de la mise en œuvre des politiques au niveau des trois ordres d’Enseignements. Nous sommes dans cette dynamique d’intensification pour que la grande masse soit informée des nouvelles réformes qui sont exprimées dans ce document sectoriel.

Où en êtes-vous dans sa mise en œuvre ?

Nous sommes au début de sa mise en œuvre et précisément dans la phase préparatoire. Les différents ministères sous-sectoriels sont en train de prendre les dispositions pour que désormais, le PSE soit au cœur de toute planification dans le secteur de l’éducation. En dehors des activités régaliennes qui ont été reprises au niveau du PSE et qui devaient concourir à la mise en œuvre de certaines politiques qui ont été exprimées à travers le PSE, nous avons de nouvelles réformes en préparation dans les ministères sectoriels. On peut évoquer les activités entrant dans le cadre de la stratégie de développement de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle qui sont en cours d’élaboration. Nous sommes donc dans la préparation de la mise en œuvre du PSE post 2015. Certaines activités se menaient déjà, mais ce sont les nouvelles réformes qui ont des activités préparatoires en cours. Il faut aussi mettre en place les différentes instances utiles à l’heureux aboutissement des projets et notamment le dispositif de suivi-évaluation. Nous avons aussi le CNE qui est en cours d’installation. Le CNE a une action un peu plus transversale dans le secteur et il prendra en charge la vision en termes de suivi et de coordination sectorielle et de pilotage du secteur.

A ce propos, la mise en œuvre du PSE post 2015 conditionne-t-elle l’installation du CNE ?

Est-ce que cela conditionne ! De toutes les façons, je sais que cela était exprimé dans le PSE. Ce n’est pas une conditionnalité. Le CNE est une vision réformiste du gouvernement. C’est une instance très importante dans le secteur.

Qu’en est-il des ressources mobilisées par la Banque Mondiale et le Gouvernement pour la mise en œuvre du PSE post 2015 ?

Le Gouvernement a introduit sa requête au secrétariat du Partenariat Mondial pour l’Education en vue du financement de la phase 2 du premier PME. Notre dossier est en cours d’étude. Nous espérons un avis favorable quant à l’issue de notre candidature afin que nous puissions mettre en place tout ce qui pourrait permettre une mise en œuvre efficace et efficiente des activités pour l’atteinte d’une partie des objectifs exprimés dans le PSE. Nous avons sollicité 19,4 millions de dollars qui sont repartis en trois composantes. La première composante concerne la qualité. La deuxième composante porte sur l’accès et la rétention scolaire et la troisième concerne la gouvernance. Ce programme est plus focalisé sur l’amélioration des pratiques enseignantes pour rehausser le niveau de l’enseignement dans le secteur de l’éducation. Au niveau du Gouvernement, ce sont les ressources nationales qui ont été mobilisées et qui sont réparties dans les différents secteurs. Le secteur de l’éducation aura sa part et il y aura un arbitrage intra-sectoriel au niveau de l’éducation pour que chaque sous-secteur ait sa part.

Quelles sont les réformes qui vont être mises en œuvre en 2019 ?

Je ne peux que donner l’exemple du modèle de collège qui est en réflexion depuis et dont les résultats des travaux ont été pris en compte dans l’élaboration du PSE. Cette année, une planification des activités va être faite pour permettre d’évoluer dans la mise en place de cette réforme pour que véritablement, nous ayons des collèges de proximité. Au niveau du primaire, c’est le dispositif pédagogique qui sera renforcé à travers le programme du PME. L’accent sera mis sur les apprentissages des élèves du CI et du CP afin de renforcer leurs acquis, notamment en français. En effet, un enfant qui a un bon niveau de maîtrise de la langue peut mieux appréhender les autres matières. Il y a des supports qui étaient prévus dans le cadre du programme pour raviver cette flamme des acquis chez nos enfants du CI et CP. Je pense que dans l’Enseignement supérieur, il s’agit aussi de consolider le dispositif pédagogique avec la mise en place des cellules de pédagogie universitaire. En plus de cela, il y a la construction des maisons des enseignants dans les universités et la promotion des Instituts Universitaires d’Enseignement Professionnel (IUEP). Les premières promotions vont certainement commencer d’ici là.

Quel est le niveau d’engagement de l’État béninois et sa participation à la réalisation du PSE ?

Pour la phase de 2018-2021, le cadrage macro-financier a dégagé un gap de plus de 40 milliards à rechercher pour compléter les ressources domestiques afin d’atteindre les objectifs escomptés. La contribution du PME de 19,4 millions de dollars tourne autour de 10 milliards de francs CFA. Les 30 milliards sont à mobiliser auprès d’autres partenaires bilatéraux et multilatéraux.

Que devient le STP-PDDSE maintenant que le Plan entre dans sa phase de mise en œuvre et avec l’installation du CNE ?

Je ne peux pas me prononcer sur cela, car je n’en sais rien.

Votre mot de fin pour conclure cet entretien

Le PSE est un document qui constitue désormais la boussole de notre secteur. Ce qui tient à cœur aux autorités, c’est sa mise en œuvre concrète pour un mieux-être de notre système éducatif. Les activités entrant dans le cadre de sa mise en œuvre et de son appropriation par les acteurs sectoriels, vont permettre d’aller à la concrétisation de ce rêve. Nous gardons espoir car si déjà 75 % des actions planifiées sont réalisées, nous aurons une avancée qualitative de notre système éducatif.

Propos recueillis par Adjéi KPONON

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