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Elections législatives d’avril 2019 : L’école béninoise encore à l’épreuve du fractionnement du temps scolaire

Et si on encadrait l’implication des acteurs éducatifs dans les activités politiques ?

Les vieux démons sont de retour, sommes-nous tentés d’affirmer.

Et pour cause, du 07 février au 28 avril 2019, notre pays le Bénin sera en effervescence électorale avec comme pour centre d’attention et d’intérêt, le 28 avril pour couronner le processus électoral qui prendra corps le 07 février, délai de rigueur de dépôt des dossiers de candidatures pour les législatives de 2019. L’école béninoise, pourvoyeuse d’un nombre important d’animateurs et d’électeurs, sera une nouvelle fois éprouvée avec le risque du non respect du temps scolaire si on n’y prend garde.

La météo électorale annonce un ciel agité de pré-campagne et de campagne pour une température qui risque de faire exploser le thermomètre si on n’y prend garde. Pendant cette période, l’attention se focalisera sur les discours, les thèmes de campagne, les stratégies électorales des différentes chapelles politiques, les calculs politiques et politiciens, les interprétations de textes juridiques et législatifs en matière électorale vu que c’est pour la première fois que le code électoral relooké sera éprouvé. C’est dire que la fixation se fera dans cette période autour du débat politique qui n’exclut pas nos temples du savoir que l’on soit à l’école primaire, au secondaire ou encore à l’université. Oui, la tension va monter d’un cran et comme à l’accoutumée, en bon citoyen ou patriote, chacun voudra placer son mot dans le débat, que l’on soit militant ou non, électeur ou non, candidat ou non. Au profit du débat politique de l’heure lié aux enjeux électoraux, l’école béninoise dans toute sa diversité et dans toute sa plénitude sera oubliée. Au Primaire, non contents des tiraillements du moment liés aux réformes conduites par l’autorité ministérielle sur l’évaluation intellectuelle du corps d’encadrement, enseignants et enseignantes s’inviteront dans le débat pour ceux d’entre eux qui sont des militants pour la campagne électorale au détriment de l’exécution des activités académiques programmées pour la période citée supra. Les écoliers seront laissés pour compte, notamment ceux en classe de CM2 qui devront prendre part en fin d’année à l’examen du CEP. Pour les mêmes faits de campagne, au Secondaire, des absences répétées à la fois du personnel d’encadrement et des apprenants en âge de voter vont fragiliser le bon déroulement du calendrier des activités académiques et pédagogiques prévues pour la période. Lequel calendrier, qui, sans nul doute, va« boire de l’eau » comme cela se dit couramment dans le jargon vulgaire sans être un oiseau de mauvaise augure. La situation au Supérieur n’échappera pas non plus à celle des niveaux inférieurs. Bien au contraire, elle va davantage noircir le constat des vacances ou congés précoces lorsqu’on sait que le torchon brûle actuellement entre la ministre Attanasso et ses collègues enseignants du Supérieur et que parmi ces enseignants, on en trouve de politiciens, de militants et de chefs de partis politiques et qu’en face, des étudiants majeurs devront bondir sur cette inédite occasion qui ne s’offre à eux qu’une fois tous les quatre (04) ans pour y trouver leurs comptes via des prébendes dérisoires sanctionnant les campagnes. Il en sera de même pour des parents d’élèves et d’étudiants qui vont s’inviter dans la danse électorale avec l’espoir au soir des joutes électorales de faire un bon chiffre d’affaires au détriment du suivi qui devrait être le leur à l’endroit de leurs progénitures alors qu’il n’échappera à personne, que nous amorçons le dernier trimestre qui met officiellement fin aux activités académiques par les examens nationaux. La misère galopante favorisée d’une part par la situation socioéconomique du pays et par la morosité économique et financière d’autre part, préjuge de ce que, assurément, les activités académiques au cours de cette période électorale vont battre de l’aile, avec comme conséquences les lamentations, les jérémiades, les critiques, les accusations enregistrées chaque fin d’année à l’issue des examens nationaux. La débâcle aux examens nationaux visiblement à nos portes. Sans être des donneurs de leçons, nous plaidons une prise de conscience des différents acteurs de la chaîne éducative que l’on soit autorité, enseignants, apprenants ou parents d’élèves afin que ce virage électoral ponctuel ne prenne pas le dessus sur le rôle de chacun dans le système afin qu’il se porte mieux. Pour ce faire, des dispositions administratives et légales doivent être prises pour encadrer le comportement des uns et des autres au cours de la période afin de limiter les déviances et dérives éventuelles. Elles doivent, à notre humble avis, être assorties de sanctions pour parer au pire.

Romuald Domar LOGBO

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