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Invitée à la 4ième édition des Rencontres Intergénérationnelles des Médias (RIMs) : Gisèle Adissoda fait l’autopsie de l’éthique dans les médias béninois

L’acte IV des Rencontres Intergénérationnelles des Médias a déroulé le tapis rouge à la doyenne Gisèle Adissoda, le mardi 29 janvier 2019, à la Maison des Médias Thomas Mégnassan à Cotonou.

En présence de Achim Tröster, Ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne près le Bénin, la communicatrice du jour et les professionnels des médias ont vidé la problématique de l’état des lieux du respect de l’éthique dans les médias au Bénin.

Il faut faire le déplacement de l’Auditorium de la Maison des Médias Thomas Mégnassan, le mardi 29 janvier 2019, pour constater que les Rencontres Intergénérationnelles des Médias initiées par le groupe de presse Educ’Action suscitent, de plus en plus, d’attention et d’engouement dans le rang des professionnels des médias et de la société civile. Pour cette première édition de l’année 2019, les étudiants de HECM et du Centre de Formation Professionnelle de l’ORTB ont rejoint la barque des RIMs pour se faire une idée non seulement de l’échographie en termes de respect de l’éthique dans les médias depuis les états généraux de la presse béninoise jusqu’à aujourd’hui, mais aussi du parcours de la doyenne de la profession Gisèle Adissoda, l’invitée de l’acte IV des RIMs. Déjà à 9 heures 45 minutes, une grappe d’étudiants et d’étudiantes des deux écoles ont occupé les premières places pour s’abreuver à la source de l’hôtesse de cette édition des RIMs. L’impatience se lit déjà sur leur visage. A la vue des journalistes en exercice que certains d’entre eux admirent, la soif de les écouter se fait remarquer aussitôt sur leurs visages. « Le milieu dans lequel j’étais éduquée était plus masculin. J’avais un peu tendance à affronter les situations difficiles. J’ai eu envie de faire les métiers dits ‘‘masculins’’, le métier d’avocat ou le métier de journaliste. Donc, après l’obtention de mon Baccalauréat, je me suis inscrite à l’UNB. J’avais commencé le droit pour être avocate, mais mon père n’aimait pas trop cette profession. Comme je sentais qu’il n’aimait pas ce métier, j’ai abandonné le droit et je suis allée faire le journalisme », a retracé l’ancienne chargée de mission à la Cour Constitutionnelle pour renseigner sur les raisons qui fondent son enlacement pour le métier de journaliste. Au cours de l’exercice de sa profession, elle a su s’imposer dans le landernau des professionnels des médias béninois et africains avec à la clé un parcours atypique digne d’une femme.

L’autopsie de l’éthique dans les médias... au lancement du prix Educ’Action de l’éthique dans les médias

« C’est une question assez délicate dans un monde de plus en plus imperméable aux vertus ». C’est par ces mots que la doyenne Gisèle Adissoda a planté le décor sur le thème ‘‘L’éthique dans les médias au Bénin : état des lieux et perspectives’’. Dans son intervention, la première directrice de publication du canard privé au Bénin ‘‘ l’Amazone du Golfe’’ n’est pas allée du dos de la cuillère pour exprimer son sentiment par rapport au thème du jour. « On sait qu’au lendemain de la Conférence Nationale, la presse béninoise était au top. Mais après cette conférence, notre presse a pris un nouveau départ. Dans les sondages, on était premier sur le continent, mais aujourd’hui, je crois que nous tirons le diable par la queue. Ce n’est pas du tout en notre faveur. Nous disons normalement que la presse est le quatrième pouvoir, mais un pouvoir se craint, un pouvoir est respecté. Est-ce qu’aujourd’hui, on peut dire que notre presse est respectée ? Est-ce que les journalistes sont craints ? », se désole la communicatrice avant d’inviter la nouvelle génération à aimer le métier avec une discipline personnelle pour réussir. Cette image que la journaliste a peinte de l’éthique dans les médias n’a pas laissé indifférent Achim Tröster, Ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne près le Bénin. « Ce que j’ai remarqué dans mes lectures de journaux, c’est que beaucoup d’articles reflètent des contraintes économiques », a laissé entendre l’autorité pour montrer en filigrane que le respect de l’éthique pèche dans le rang des professionnels des médias en raison des contraintes économiques. « Le prix sera décerné au mois de décembre de chaque année et cela concerne les journalistes qui ont au plus 40 ans. Ce sont les journalistes qui se seraient illustrés positivement avec une constance du respect du code de la déontologie et de l’éthique dans les médias. S’ils sont freelances, leurs candidatures doivent être présentées par un tiers. Une plateforme sera disponible en ligne sur le site web www.eduactions.org et sera ouverte à partir du mois d’août pour les dépôts de candidatures », a déclaré Noël Allagbada, président du jury du ‘‘Prix Educ’Action de l’Ethique dans les médias’’ pour situer sur les conditions de soumission au prix initié par le groupe de presse Educ’Action en vue de récompenser les médias qui attachent du prix au respect de l’éthique dans l’exercice de la profession.

Du parcours de la 4ième invitée des RIMs…

Dans l’exercice de son métier, retrace Noël Allagbada, Gisèle Adissoda a fait ses preuves en tant que stagiaire à Daho Express dans ses dernières années et après à Ehuzu où lui-même y exerçait le métier. Etant la présidente de l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication à la fin des années 80, elle a participé à la Conférence Nationale de 1990 en représentant les femmes. Elle gagne ensuite la confiance de l’ancien président Nicéphore Soglo alors Premier-Ministre qui lui attribue le poste de Conseillère Technique à la communication au cours de la période de transition et de 1991 à 1996. Les difficultés auxquelles faisaient face les femmes en termes d’information et de pratique du métier n’étaient pas du goût de la 4ième invitée des RIMs qui ne s’est pas fait prier pour créer son propre journal. « La façon avec laquelle l’information sur la femme était traitée ne valorisait pas la femme. Je me suis dit qu’il faut que pour l’histoire, les femmes aussi s’insèrent dans ce milieu et c’est pour cela que j’ai voulu créer un journal ‘‘Amazone du Golfe’’ », a-t-elle expliqué d’un ton ferme pour éclairer sur les motivations de la création de son journal malgré ses ressources limitées. De par ses postes cités supra, elle a aussi fait le service militaire d’intérêt national avant d’embrasser le métier de journaliste.

vue partielle des journalistes en exercice et de lAmbassaseur Achim Trster

vue partielle des journalistes en exercice et de l’Ambassaseur Achim Tröster

Avis de quelques participants des RIMs

Guy Constant Ehoumi, président de l’Odem

« Je lance un appel à tous les professionnels des médias pour dire que la morale doit revenir dans la profession »

«La question d’éthique, c’est un ensemble de valeurs morales, des principes moraux que chacun doit pouvoir s’assigner. C’est pourquoi, je lance un appel à tous les professionnels des médias du Benin pour dire que la morale doit revenir dans la profession. On doit pouvoir faire le distinguo entre les biens matériels pour assurer son travail et là on s’engage dans une démarche de lutte avec ses employeurs.»

Achim Tröster, Ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne près le Bénin

« Ce sujet qui est aussi un peu difficile, a été abordé avec beaucoup d’honnêteté et de sincérité »

«Tout d’abord, c’est un honneur pour moi d’être associé à cet évènement. Aussi, à la fin, suis-je très impressionné de ce débat fort riche et fort profond que j’ai pu observer autour d’un sujet qui est prioritaire et important pour le domaine du journalisme. C’est l’éthique du journalisme. Je suis vraiment très impressionné de la profondeur avec laquelle les doyens du métier ont, d’une manière très animée, discuté avec les jeunes en formation dans le journalisme. Ce sujet qui est aussi un peu difficile, a été abordé avec beaucoup d’honnêteté et de sincérité. Pour la prochaine édition, je souhaiterais être invité afin qu’on discute de la même manière. »

Nawal Akobi, étudiante à HECM

« Je suis déçue du fait que certains professionnels des médias violent l’éthique et la déontologie du métier »

«Je suis très heureuse de prendre part à cette rencontre. Je suis déçue du fait que certains professionnels des médias violent l’éthique et la déontologie du métier. Cette rencontre m’a permis de savoir le travail qui reste à faire en tant qu’étudiante en journalisme. »

Enock Guidjime & Jules LOKO (Stg)

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