Résultats de recherche sur l’accès aux soins à Cotonou : La population hostile aux hôpitaux malgré la disponibilité en infrastructures sanitaires

Avec la présence de 277 officines de pharmacie et d’un nombre important d’infrastructures hospitalières, la capitale économique du Bénin dépasse ainsi les normes requises par l’OMS en matière d’accès aux services de soins, à savoir 24 médecins pour 1000 habitants.

Malgré ce déploiement en infrastructures pour couvrir la demande et les besoins en matière de santé, il ressort que la population dans sa grande majorité n’adhère toujours pas aux soins de santé de qualité. Ceci constitue un paradoxe pour des chercheurs mais beaucoup plus encore pour le public qui a bravé la pluie de la matinée du jeudi 27 septembre 2018 pour venir assister à la troisième rencontre ‘’Café de la science’’ de l’année qui s’est tenue à la paillote de l’Institut Français de Cotonou. Organisée par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) en collaboration avec la Direction Nationale de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (DNRSI), cette rencontre périodique de vulgarisation des résultats de recherche à la population sur un sujet d’intérêt public avait pour thème : « Comment les gens se soignent à Cotonou ? ». Invité à plancher sur le premier sous-thème relatif aux logiques sociales d’accès aux soins et sur l’usage des médicaments pharmaceutiques et de la phytothérapie, le représentant du professeur Roch Houngnihin explique que l’hypothèse qui émerge de la faible adhésion de la population aux soins recommandables est liée aux multiples systèmes de soins qui s’offrent aux populations. « Pour les populations, tout ce qui ressort des officines n’est pas produit au Bénin, alors ils préfèrent jeter souvent leur dévolu sur les décoctions de feuilles qui constituent une pratique courante », renseigne-t-il. Se prononçant sur les aspects statistiques et épidémiologiques de l’accès aux soins à Cotonou, Dr Jean-Yves Le Hesran informe que sur un échantillon de 630 foyers, 63 % d’adultes reconnaissent souffrir souvent de la maladie du ‘’Palu’’, une terminologie utilisée pour désigner les pathologies du paludisme ou de la fièvre dont la majorité des personnes souffrantes font souvent recours à l’automédication plutôt que la consultation dans les hôpitaux. « Même s’il arrive qu’un pharmacien refuse de servir un patient qui se présente sans une ordonnance médicale, dès qu’il se présente dans une autre pharmacie, il est servi. Il faut que des sanctions frappent les gens qui ne veulent pas se mettre en règle », plaide le pharmacien Louis Déhoumon Koukpemedji dans sa communication portant sur le thème « Comment les gens s’approvisionnent en médicaments et l’accès aux médicaments dans les officines, organisation des soins dans la famille, etc ». A tour de rôle, Gabriel Salami, praticien de la médecine traditionnelle et Vincent Akoutey, médecin de santé publique ont entretenu l’assistance sur les types de demandes reçues par les tradipraticiens y compris les pathologies fréquentes traitées et sur les raisons pour lesquelles les populations n’adhèrent pas souvent aux soins dans les hôpitaux publics.

Edouard KATCHKPE

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