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Animation des Ecoles Maternelles Publiques : La pénurie d’animatrices comme obstacle au bon déroulement des activités pédagogiques

La vie des Ecoles Maternelles Publiques du Bénin semble bien compromise par la pénurie d’enseignants.

Des groupes de classes et sections surfent sur des éducatrices et éducateurs, parfois, dépourvus de compétences pour alléger la tâche. Face à l’impasse, des directrices et directeurs des Ecoles Maternelles Publiques, le dos au mur, plaident urgemment pour le recrutement de personnels qualifiés en vue de parer au plus pressé. Ils se sont confiés aux reporters de Educ’Action.

Vendredi 22 février 2019 à l’Ecole Maternelle Publique de Suru-Léré à Akpakpa. Il sonnait autour de 14 heures. Le soleil, avec ses rayons ardents, éreintait déjà les quelques instruments de jeux et jouets installés dans l’enceinte de l’école. Dans l’une des cinq (05) classes que compose l’école, se faisait entendre la voix aigue de l’animatrice interférée à celle des enfants qui répondaient en chœur à chacune des questions qu’elle posait. Débarquée de l’Ecole Normale des Instituteurs d’Allada où elle a suivi sa formation et actuellement en stage professionnel dans cette école, elle apprenait avec exaltation aux enfants les différentes parties de la tête dans l’une des langues locales, le ‘’Goun’’. Dans cet exercice d’apprentissage, la stagiaire était encadrée par l’une de ses aînées dans le métier, un collège de directrices où y figurait Falola Vénise Djogbénou, directrice de l’EMP de Suru-Léré. « Nous avons cinq (05) classes, mais nous évoluons avec deux animatrices au lieu de cinq. La gestion du personnel à l’école maternelle est très délicate, ce n’est pas facile. Nous nous battons pour la survie de l’école. Il faut reconnaître que cela fait plusieurs années que les écoles maternelles sont dépourvues d’animatrices », a déclaré, très bouleversée, la directrice de l’EMP de Suru-Léré, Falola Vénise Djogbénou, alertant ainsi sur les maux qui minent le fonctionnent et l’évolution des activités pédagogiques dans son école. Devant l’impasse et animée par le souci de pallier cette pénurie criarde d’animatrices, elle se voit obliger de recourir, à l’en croire, aux éducatrices et éducateurs qui souvent n’ont pas les compétences nécessaires et la pédagogie idoine pour encadrer les enfants selon les normes éducatives. «Ils viennent combler le vide mais il faut dire que leur rôle n’est pas d’animer les sections de la maternelle, mais d’aider l’animatrice ou l’enseignante qui est en situation de classe. Ils font des fiches que nous corrigeons. Nous allons dans les classes, nous déroulons les séquences qu’ils observent. Nous corrigeons au fur et à mesure. A force de faire et de refaire, ils finissent par avoir la main », a expliqué en détaille à Educ’Action, Falola Vénise Djogbénou, elle qui est également secrétaire général adjoint du SYNAEM-Bénin. Face à l’état des lieux, elle plaide pour le recrutement de personnels qualifiés au profit des écoles maternelles publiques et la formation continue des enseignants déjà en situation de classe. Même discours de la part de la directrice de l’EMP d’Avotrou. « J’aimerais qu’on fasse un recrutement approprié pour pourvoir les écoles maternelles publiques du Bénin d’enseignants qu’il faut dans l’intérêt des tout-petits », a sollicité, peinée, Félicité Codjo de l’Ecole Maternelle Publique d’Avotrou. Présentant la situation de son école, elle affirme à Educ’Action : « A l’Ecole Maternelle Publique d’Avotrou, nous sommes au nombre de quatre. Nous avons deux sections autorisées et trois sections ouvertes compte tenu de l’effectif des enfants. Les trois qui sont ouvertes ont des effectifs pléthoriques. On devrait ouvrir plus que cela. C’est le manque d’infrastructures qui nous oblige à rester sur les trois qui sont ouvertes. En termes d’enseignants, je suis la seule. Les trois autres sont des éducatrices et dames de ménage auxquelles on a fait recours pour sauver la face. »

De la confusion entre animatrices et éducatrices...

« Les écoles manquent d’effectif de façon criarde. Surtout à la maternelle, ça ne va pas du tout. Les tatas (éducatrices) sollicitées ont d’autres rôles à jouer. Mais on les confond aux animatrices pour camoufler un peu le manque d’enseignants sur le terrain. ». Ainsi s’exprimait la directrice de l’EMP d’Avotrou, pour établir la différence entre animatrices et éducatrices et mettre à nu la confusion qui s’observe sur le terrain. Propos soutenu par sa collègue de l’EMP Suru-Léré. « Il faut dire qu’à la maternelle, c’est criard ; quand on voit les éducatrices ou éducateurs à l’œuvre, on croit que dans les écoles maternelles publiques, il y a du personnel suffisant mais en réalité, il n’y en a pas », a-t-elle reconnu, clarifiant ainsi les choses. Outre cette situation flagrante, une autre semble bien visible et plus sérieuse dans des écoles maternelles publiques et impacte négativement l’animation des différentes sections. Dans la commune de Grand-Popo où s’est retrouvée, dans son périple, l’équipe de reporters de Educ’Action, bien d’animateurs et éducatrices d’EMP sont sans salaires depuis des années. C’est bien le cas à l’Ecole Maternelle Publique de Houndjohoundji. «Nous ne sommes pas payés depuis des années. Nous travaillons dans des difficultés. Mais comme c’est notre travail, nous le faisons quand même. Mais, ce n’est pas facile. On nous a promis le rappel sur salaire et nous comptons sur cela, raison pour laquelle nous ne baissons pas les bras malgré la situation que nous vivons. Ma directrice aussi est dans le cas », a confié à Educ’Action Apolline Hadé, éducatrice dans ladite école, avant d’exprimer des doléances qui se résument en des jouets et de modules pour l’apprentissage des tout-petits. Cette situation de non-paiement de salaires serait aussi latente dans les EMP Honkihoué et Agniguinou, toujours dans la commune de Grand-Popo.

Enock GUIDJIME

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