Après la restitution des 26 trésors royaux au Bénin : L’urgence de l’éducation artistique pour prévenir la décadence du patrimoine culturel

Les Béninois ont accueilli dans une liesse populaire, le 10 novembre 2021, les vingt-six (26) trésors royaux restitués par la France, 130 ans après leur pillage au royaume de Danxomè. Après l’accueil à l’aéroport, la célébration s’est poursuivie dans les jardins de la Présidence de la République pour l’accueil triomphal de ce patrimoine national. L’œil de l’acteur de l’éducation sur l’événement invite à se poser une question : et après ? La réponse à cette question invite à s’interroger sur la sensibilité artistique des Béninoises et Béninois. Puisque l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde, les enfants du Bénin ont-ils une éducation artistique ? Ou encore, l’art a-t-il sa place à l’école ? Educ’Action essaie d’apporter des réponses.

En costumes-cravates bleu sombre au Palais de l’Elysée en France, ce mardi 09 novembre 2021, Patrice Talon, président de la République du Bénin, et son homologue Emmanuel Macron, de la République française, tous deux debout discutent joyeusement. Devant eux, leurs ministres respectifs de la Culture, assis, gravent, devant l’histoire, leurs signatures dans un document : l’accord de transfert de propriété, symbole de la restitution des vingt-six (26) œuvres d’art gardées en France depuis plus d’un siècle. A plus de 4.000 kilomètres à vol d’oiseau, au Bénin, l’heure est aux souvenirs, au parcours de l’histoire de ces œuvres, en un mot à la nostalgie. Selon leurs appartenances sociales, ces objets ont une certaine portée. Pendant que les praticiens des religions endogènes évoquent leurs pouvoirs mystiques, les historiens plongent dans l’histoire de la période coloniale, les descendants des rois d’Abomey célèbrent le retour de la propriété de leurs ancêtres, les spécialistes de l’art et du tourisme se projettent dans l’attractivité touristique qui va être impulsée par lesdites œuvres. Ces œuvres sont constituées de portes massives en bois polychromes sculptés sous le règne du roi Glèlè par l’artiste Sossa Dede, de trois imposantes statues royales anthropo-zoomorphes, des statues royales pour protéger l’armée, des trônes royaux et des bâtons de danse.
Essentiellement constitués de sculptures, ces trésors royaux malgré leurs valeurs culturelle et cultuelle sont avant tout des œuvres d’art par leur conception. S’inspirant du dictionnaire, Gabriel Rodriguez, responsable pédagogique de l’Ecole Secondaire des Métiers d’Art (ESMA) Hermann Gmeiner, sis dans le Village d’Enfants SOS Abomey-Calavi (VESOS-AC), affirme que l’art est une activité humaine aboutissant à la création d’œuvres. A cela, Wikipédia ajoute que l’art est une activité, le produit de cette activité ou l’idée que l’on s’en fait, qui s’adresse délibérément aux sens, aux émotions, aux intuitions et à l’intellect. Ainsi, les arts représentent une forme de l’expression du vivant, généralement influencée par la culture et entraînée par une impulsion créatrice. Ces trésors sont bel et bien vivants et traduisent la créativité des artistes de l’époque. 130 ans après, il est opportun de se demander si les Béninois ont cette fibre artistique. Si l’institution scolaire a transmis la fibre artistique à travers les nombreuses années d’enseignement et d’instruction. En un mot, quelle est la place de l’éducation artistique sous nos cieux ? Mais avant, il faut d’abord clarifier cette notion d’éducation artistique.

Ce qu’il faut comprendre de l’éducation artistique

Jeudi 11 novembre 2021, les artistes plasticiens célèbrent de façon décalée la 8ième Journée Internationale des Arts Plastiques (JIAP), qui leur est consacrée. Pour ce faire, ils se sont réunis à la salle de conférence du Bureau Béninois du Droit d’Auteur (BUBEDRA). Celui qui les a invités, c’est leur président, Philippe Victorien Abayi.

Patrice Talon et Emmanuel Macron echnageant pendant la signature de l’accord

 

Dans sa tenue locale blanche transparente, assis dans cette salle à la chaleur suffocante, il échange avec ses pairs à travers une conférence portant sur le thème : «Importance et rôle de l’agent artistique dans la gestion et la réussite d’une carrière professionnelle en arts plastiques». Epuisé à la sortie de cette rencontre, suivie d’autres réunions, il a accepté de se prêter aux questions du reporter de Educ’Action. Pour lui, «L’éducation artistique est tout enseignement visant à éveiller le sensible de l’enfant ou de l’adulte, à éveiller en eux certaines facultés qui leur permettent d’activer le beau en eux, d’être sensibles aux formes, aux couleurs». Peintre et sculpteur, il baigne bien dans le milieu. C’est le cas aussi de Dr Clarisse Napporn, qui baigne plutôt dans l’enseignement et la recherche en Sciences de l’éducation à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC). Sur la même question, l’enseignante abonde dans le même sens et répond que l’éducation artistique vise l’apprentissage de la sensibilité chez les élèves à travers plusieurs activités. Dans certains pays comme la France, qui a emprunté ce chemin du retour des œuvres du Bénin, l’éducation artistique est couplée à la culture et veut apporter, dès l’enfance, «un socle commun de connaissances et de compétences dans l’ensemble des domaines de l’art et de la culture inscrits dans la culture humaniste, développé durant toute la scolarité, de l’école maternelle à l’université, et ainsi défini par le Code de l’éducation», selon le décret n° 2006-830 du 11 juillet 2006 relatif au socle commun de connaissances et de compétences et modifiant le Code de l’éducation en France.
Cette éducation s’exprime partout, sur diverses formes selon les domaines artistiques. Les plus connus sont les arts visuels (dessin, peinture, photographie, sculpture, architecture, l’art conceptuel), les arts du spectacle (musique, théâtre, mime et pantomime, cirque, danse, cinéma, arts de la marionnette, prestidigitation), les arts littéraires, etc. Sous leurs différentes facettes, ces expressions de l’art participent à la construction de la personnalité, notamment de l’enfant.

Donner des ailes à l’enfant avec l’art

«Ces différentes formes permettent aux enfants de s’approprier le monde sensible. L’enfant apprend à apprécier la beauté du monde dans lequel il vit», soutient d’entrée de jeu Dr Clarisse Napporn, Maître de Conférences en Sciences de l’Education. Habituée à cet univers, elle rappelle une citation de Georgette et Jean Pastiaux, qui, dans leur livre ‘‘La Pédagogie’’, paru en 2006, soulignaient que la sensibilisation culturelle, la confrontation aux œuvres d’art, se fondent sur une progressive perception esthétique qui s’acquiert dans des activités de création. Dans le même sens, Gabriel Rodriguez ajoute : «l’art agit et aide à développer beaucoup plus les initiatives».
Avis partagé par le peintre-sculpteur et président de la Fédération des Associations Professionnelle des Plasticiens et Graphistes du Bénin (FAPLAG-Bénin). Sous le soleil couchant difficilement perceptible de Cotonou, ce 11 novembre, il revient sur les effets positifs de l’art sur l’enfant, et l’individu en général. «L’art c’est quelque chose qui éveille, attire. Tout individu amené au contact d’une œuvre d’art doit pouvoir gagner quelque chose. L’art peut lui apporter un bien être, un équilibre psycho-somatique et un équilibre tout simplement de son être», souligne le cinquantenaire assis sur la chaise bourrée devant son bureau dans son espace de création à Cotonou.
Entouré de tableaux illustrant divers portraits et peintures, le peintre-sculpteur est dans l’action, car exercer en qualité d’artiste, c’est être dans l’action. Comme le dit si bien l’enseignante-chercheur, «l’enfant doit agir, passer à l’action».

Formation en art, la marginalisée des programmes scolaires

«Nous avons rencontré un artiste qui a un centre de formation des musiciens. Entre-temps, nous nous sommes rapprochés de lui pour voir dans quelle mesure nous pourrions collaborer. Il ne nous a pas pris au sérieux. Par hasard, je crois que dans ses activités, on a dû lui demander certaines preuves, certaines certifications sur ce qu’il fait. Il est alors venu vers nous. Il a commencé sa formation avec nous vu qu’il a déjà un niveau universitaire. Il suivait les cours jusqu’à obtenir son CAP en Science et Technique des Métiers d’Art, spécialité piano, puis son DT dans la même discipline. Dès le début des cours, il a demandé à nous rencontrer un jour sous le prétexte qu’il voudrait nous faire une confession. Il a dit que s’il avait la possibilité aujourd’hui de récupérer ceux qui sont passés par son centre, il va tenir un autre langage. ‘’J’ai créé une calamité. Si je peux les retrouver, je vais tout faire pour les remettre au pas’’, a-t-il confessé». Ce témoignage est celui d’un ancien apprenant de l’ESMA, raconté par Gabriel Rodriguez, le responsable pédagogique de l’école créée en 2002. Voilà qui plante bien le décor de la nécessité de formation des acteurs et par conséquent des apprenants pour avoir une relève de qualité et des Béninois attachés à l’art et à leur culture, premiers consommateurs des biens artistiques, culturels et touristiques de leur pays.
Et pour cause ! Dessin et couture, sont les seules disciplines artistiques inscrites dans les cours d’éducation artistique à l’école primaire. En dehors de l’école maternelle où les bambins (les enfants Ndlr) s’exercent à cœur joie à travers le graphisme et les autres activités manuelles, puis de l’école primaire, l’éducation artistique est laissée sur le banc de touche des programmes scolaires. Seuls les établissements privés, notamment confessionnels, s’adonnent à de pareils enseignements généralement inscrits dans le rang des activités extra-scolaires. Dans l’enseignement secondaire, l’Ecole Secondaire des Métiers d’Arts (ESMA) semble être la seule qui s’y consacre. Dans son bureau orné de toutes parts par les trophées et médailles remportés par l’école, le responsable pédagogique fait savoir que l’enfant qui vient à l’école pour étudier l’art, a la possibilité de développer le talent qui est inné en lui mais qu’il exprime peut-être de manière archaïque. Là, il prend un chemin qui lui permet de faire des réalisations. «Un enfant qui va dans une école d’art, qui a été formé, à qui on a appris à utiliser telle couleur, à utiliser tel matériel pour faire ci ou ça, commence à faire agir plus son cerveau. Et lorsqu’il a commencé à solliciter son cerveau depuis son très jeune âge, afin d’exprimer certains faits de la vie, cela active beaucoup plus les neurones», martèle l’homme revêtu d’un costume bleu ciel posé sur un tee-shirt bleu. De l’individu à la société Il n’y a qu’un pas.

L’éducation artistique profite-t-elle à la société ?

Brève et concise, la réponse de Georgette et Jean Pastiaux, dans leur livre La Pédagogie, paru en 2006 est décapante : «L’éducation artistique aide au développement global et harmonieux de la personnalité, favorise l’acquisition de connaissances en rapport avec les processus de la création passée et contemporaine, suscite l’expression et la créativité personnelle», soutient Dr Napporn. Autour de cette position, toutes les personnes semblent faire front commun. Pour le responsable pédagogique de l’ESMA, un enfant qui a suivi une formation à une façon différente d’agir dans les situations de la vie. Par ailleurs, il rappelle aussi que l’art a été la bouée de sauvetage de beaucoup de jeunes. Qu’il s’agisse de la musique, des arts plastiques ou des arts scéniques, soutient-il, ils ont permis de «récupérer des jeunes qui sont complètement tombés dans le décor». Avec son teint d’ébène, ses propos légèrement teintés d’un sourire, il ne manque pas d’évoquer de nombreuses situations dans lesquelles l’éducation artistique peut aider à résoudre des problèmes de la société, même dans la prévention de la Covid-19.
Plongeant aussi dans le quotidien des populations, Victorien Philippe Abayi, Président de la FAPLAG-Bénin, ne manque pas d’exemples sur les effets positifs d’une éducation artistique nourricière des sensibilités artistiques des Béninois. «Si vous prenez deux, trois vendeuses de la même marchandise, vous allez voir qu’il y a plusieurs sensibilités dans les dispositions de leurs étalages. Il y en a une qui va accrocher mieux à cause de la manière dont c’est présenté. La sensibilité artistique de l’individu transparaît dans tout ça et cela accroche, cela attire», développe l’homme tout de blanc vêtu. De même, continue-t-il, «Si vous êtes vendeuse d’Akassa et que vous étalez convenablement les feuilles avant d’emballer l’Akassa, si bien que vous n’avez pas des feuilles qui se présentent pêle-mêle, forcément cela va accrocher. On aura du plaisir à venir vers vous plutôt que vers une autre vendeuse. L’art permet tout cela».
Tous ont convenu que pour en arriver à cette réalité, il faut développer la sensibilité artistique chez l’enfant d’aujourd’hui qui sera l’adulte de demain, mais aussi chez l’adulte d’aujourd’hui, afin d’amorcer une transformation de la société. La question, c’est comment le faire !

Béninois et Béninoises, tous des artistes !

Selon Alain Godonou, directeur du programme musée à l’Agence Nationale de Promotion des patrimoines et de développement du Tourisme (ANPT), qui s’est exprimé dans un article publié par nos confrères de la télévision allemande DeutcheWelle, le 30 juillet 2021, les œuvres culturelles retracées qui sont sujettes à des revendications seraient évaluées à près de cinq mille (5000). Le pactole ! De nombreuses infrastructures sont en train d’être construites pour en accueillir le maximum, sinon la totalité. Sur ce point, les acteurs de l’art et du tourisme se frottent déjà les mains : galerie nationale, théâtre national, musées, etc., sont en train de sortir de terre pour la redynamisation de la place touristique béninoise. A côté du tourisme international, la question du marché national se pose avec acuité. Il urge alors de mettre en place les dispositifs pour développer le goût artistique chez les Béninois, ce qui passe une fois de plus par l’éducation artistique sous toutes ses formes, afin de ne pas se retrouver dans le snobisme que semblent développer les artistes et duquel prévient le président de la FAPLAG. Répondant à la question de savoir comment aider les Béninois à développer ce sens artistique chez eux d’abord et ensuite chez leurs enfants, il a répondu : «Je crois que c’est aux artistes d’aujourd’hui qu’il faut commencer à parler et leur dire qu’il est important qu’ils soient artistes, producteurs d’œuvres pour leur population plutôt que de viser une consommation externe. C’est-à-dire que je suis Béninois mais je crée des œuvres que des Français, des Américains aiment. Ce genre de raisonnement dénote d’un snobisme qui au finish tue l’artiste». Poursuivant dans ses explications, il a ajouté : «Il faut qu’on produise davantage pour nos populations et les amener à aimer ce que nous faisons, à se familiariser avec, à l’intégrer à leur quotidien et par la suite, nous allons constater que l’art deviendra quelque chose de courant et participera à notre culture de tous les jours, à notre quotidien».
S’intéressant particulièrement aux conditions d’éducation artistique des enfants, Dr Clarisse Napporn, Maître de conférences des universités du CAMES, insiste sur l’environnement et le jeu. «C’est bien si l’école peut en donner le goût. Mais dans le milieu, c’est important de laisser les enfants jouer. Malheureusement, nos sociétés ont été dénaturées par l’extraversion. Les enfants fabriquant leurs jouets eux-mêmes pour jouer, ont laissé la place à des enfants consommateurs de jouets inadaptés, ou d’écrans. Il n’y a pas une politique du loisir axé sur les activités constructives et bénéfiques pour l’enfant. Une étude sur la gestion du temps libre en milieu urbain publiée en 2018 a révélé qu’à peine 1% des enfants interrogés pratiquait une activité artistique ou manuelle», conseille et fustige l’enseignante-chercheur du Département des Sciences de l’Education et de la Formation (DSEF) de l’Université d’Abomey-Calavi. Dans le même sillage, Gabriel Rodriguez ajoute que c’est un travail qui doit commencer très tôt dans la vie de l’enfant. Puisque l’école est le lieu par excellence de socialisation de l’enfant, son rôle n’est pas à négliger.

L’école, fabrique de l’Homme nouveau

«Depuis la maternelle, vous avez un certain nombre d’enfants. Si vous leur donnez un thème à développer, ils prennent leurs crayons et commencent après vos explications. Il y a toujours une différence dans les œuvres. Sur dix œuvres que vous allez prendre, chaque œuvre va exprimer un état d’âme, un comportement qu’il faut vite lire et savoir renforcer. Cela voudra dire que la maternelle fait ce qu’il faut», fait savoir Gabriel Rodriguez, assis devant son bureau bondé de documents, les yeux alertes. Poursuivant ses explications, il ajoute : «Au primaire, ce n’est pas toujours suivi. Les enfants font le dessin à l’examen des fois, mais est-ce qu’il y a des maîtres qui savent comment amener ces enfants à bien dessiner ce qu’ils ont pensé ? Je ne pense pas».
Sur la même lancée, Victorien Abayi fait observer que le fait qu’on inscrive les disciplines artistiques en termes de matières facultatives est déjà une facette du problème. Pour le professionnel de la peinture et de la sculpture, l’enseignement des disciplines artistiques devrait être obligatoire comme c’est le cas pour l’anglais dont on veut faire une deuxième langue. Ainsi, les mains posées sur sa table de bureau, il estime qu’il faut opérer des réformes et amener les encadreurs à maîtriser davantage l’art, le dessin parce que si les encadreurs maîtrisent bien le dessin, il n’y a pas de raison que leurs apprenants ne s’investissent pas pour les imiter. «Ça se dit, ça se proclame tout le temps mais la réalité est là», déplore le responsable en redressant son chapeau traditionnel sur la tête.

                          Dr Napporn

Actrice de terrain pour des questions éducatives, Dr Napporn souligne que l’éducation artistique, qui est un champ de formation à l’école primaire, ne reçoit pas l’attention méritée dans les écoles. En effet, souligne une enquête effectuée en 2015 qu’elle cite, «les enseignants lui préfèrent les champs de formation français ou mathématiques». Par ailleurs, elle fait aussi observer qu’il y a des établissements qui la développent et font faire des activités intéressantes aux élèves. «Et puis, continue l’enseignante jointe par correspondance, la tendance est grande de considérer l’art comme quelque chose de futile». Se remémorant son enfance et l’impact positif de ses parents et de ses enseignants, elle souhaite que le temps libre des enfants soit consacré à des activités manuelles, artistiques systématiques. «Certaines actions sont en cours, mais je ne les trouve pas bien structurées. Les communes pourraient jouer un rôle prépondérant si elles gèrent les écoles», ajoute-elle. Quelle place pour les parents d’élèves ?

Les parents, alpha et oméga de l’éducation

Pour Gabriel Rodriguez, «nous devons laisser tomber nos considérations archaïques qui disent que l’artiste est ci, il est ça. Il faut que les gens soient convaincus que comme les autres matières, comme les autres disciplines, l’art peu permettre à l’individu de déployer ses potentialités, ses compétences et faire la différence par rapport à un comportement et à donner même la vie à la nation». Pour le responsable pédagogique, cette déconstruction mentale est nécessaire pour que les parents ouvrent véritablement les yeux sur les potentialités de leurs enfants. «Le rôle du parent doit être d’observer son enfant par rapport à ses comportements pour voir, en son temps, comment orienter son enfant dans le domaine pour qu’il puisse vraiment s’épanouir», soutient-il en se redressant dans son fauteuil.Dr Napporn ne dira pas le contraire : «Il faut que les parents en aient compris l’importance eux-mêmes pour jouer un quelconque rôle. Autrement, cela fait partie des missions de l’école. Comme tout le monde ne fréquente pas l’école, si on est attentif, il y a l’art autour de nous». Cet art qui est partout est le fruit de notre identité culturelle, nourri par notre sensibilité artistique et patrimoniale, qu’il faut sauvegarder face à la mondialisation de tout et n’importe quoi, même la science.

Comme partout dans le monde, le Bénin a aussi embrassé la course aux Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques (STIM). Ce retour de notre patrimoine, laisse pendante une question : Faut-il continuer de négliger la transmission du patrimoine matériel et immatériel, possible à travers une véritable éducation artistique et culturelle, au profit de la course aux STIM ? En attendant, la réponse de chaque Béninois et Béninoise, Pascal nous avertit : ‘‘Science sans conscience, n’est que ruine de l’âme’’ ! Wait and see !

Adjéi KPONON

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