A cœur ouvert avec Veritas In’tisor Koudogbo, président de la FNEB : « Etant une organisation qui respecte l’autorité, nous nous sommes mis dans la dynamique d’obéir » - Journal Educ'Action
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A cœur ouvert avec Veritas In’tisor Koudogbo, président de la FNEB : « Etant une organisation qui respecte l’autorité, nous nous sommes mis dans la dynamique d’obéir »

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Deux mois après sa prise de fonction à la tête de l’organisation estudiantine la plus représentative de l’Université d’Abomey-Calavi, Educ’Action a tendu son micro au président de la Fédération Nationale des Etudiants du Bénin (FNEB). à travers cette interview, Veritas In’tisor Koudogbo, président du Bureau Exécutif Fédéral aborde les préparatifs de la rentrée universitaire et la décision de la suspension des activités paramilitaires sur les campus universitaires.

Educ’Action : Comment se porte la FNEB depuis votre prise de fonction ?

Veritas In’tisor Koudogbo : Depuis ma prise de fonction, il faut avouer que la FNEB se porte très bien. Nous avons pris fonction le 29 juillet 2022 et nous avons pour objectif de travailler à améliorer les conditions d’études et de vie sociale de nos camarades étudiants. C’est ce que nous avons comme objectif principal. Pour cela, nous allons œuvrer à garantir la sécurité des biens et des usagers de l’université.

Quelles sont les grandes ambitions que vous portez pour l’organisation durant votre mandature ?

La FNEB est l’organisation la plus représentative de l’Université d’Abomey-Calavi. Nous allons œuvrer pour que les actes académiques soient délivrés à temps et que les prix qui sont fixés soient respectés. Nous allons œuvrer aussi à ce que les activités académiques se passent en toute sérénité et en toute quiétude pour que nos camarades étudiants puissent composer à temps et que les résultats puissent sortir à temps. Aussi, comptons-nous jouer notre partition pour que les Procès-Verbaux soient envoyés à la Direction des Bourses et Aides Universitaires (DBAU) afin que les étudiants entrent en possession de leurs allocations le plus tôt possible. Nous allons faire des innovations dans le domaine culturel, artistique, sportif. Pour ce qui concerne le volet social, nous allons œuvrer pour garantir les trois repas par jour aux étudiants dans les restaurants universitaires. Nous allons travailler aussi à ce que le matériel roulant, je veux parler des bus, qui ne sont pas en état, soient réfectionnés et que le gouvernement fasse l’achat de nouveaux bus. Nous avons beaucoup de projets et la faîtière ne va pas baisser les bras. Nous ferons ce qui est de notre mieux pour améliorer les conditions de vie et de travail de nos camarades étudiants.

Comment appréciez-vous la décision relative à la suspension des activités paramilitaires sur les campus ?

Vous savez, nous sommes dans une République. Le Bénin est un Etat et l’Université d’Abomey-Calavi est dans la république du Bénin. Quand il y a des situations qui prévalent à l’université et que l’Etat est alerté, il se doit de prendre ses responsabilités. Sinon, l’Etat serait pris comme un Etat irresponsable. Le gouvernement a été alerté d’un certain nombre de situations à l’université. C’est d’ailleurs pour cela que le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique a pris une note demandant à ce que nous puissions suspendre les différents dispositifs sécuritaires de nos faîtières. La FNEB étant une organisation qui respecte l’autorité, si tant est que cela ne va pas contre les intérêts des étudiants, nous nous sommes mis dans la dynamique d’obéir. J’ai sorti alors une décision depuis le 19 août dernier portant suspension des activités de la Police universitaire, de la BCI et portant dissolution de la garde fédérale.

Pensez-vous que cette mesure pourrait fragiliser la qualité des services du transport étudiant et des restaurants universitaires où ces institutions spécialisées interviennent pour veiller au grain ?

Je ne pense pas que cette décision pourra fragiliser le transport étudiant ou la restauration. C’est une décision qui demande de dissoudre. Nous avons des militants actifs de nos organisations et ils vont travailler à ce que les choses soient bien faites dans nos restaurants et au niveau du transport universitaire. Nous avons le Bureau de Coordination des Comités de Lignes (BCCL) qui est une institution spécialisée qui s’occupe bien du transport étudiant. Pour ce qui concerne les restaurants universitaires, la rentrée n’a pas encore commencé, mais je pense qu’étant une organisation représentative, nous nous devons de nous faire représenter dans les restaurants. Ces dispositifs ne seront plus présents, mais la FNEB aura quand même ces représentants pour s’assurer de la bonne qualité et de la quantité du repas à servir à nos camarades.

Quel est l’état des lieux de la collaboration et du dialogue entre étudiants et autorités avec l’expérience de l’élection des organisations estudiantines les plus représentatives ?

Je peux vous assurer que la collaboration est bonne. Des retours que j’ai eus, aucun problème ne se pose à ce niveau. J’ai pris fonction le 29 juillet où l’administration universitaire était en congés. Mais les situations urgentes qui sont parvenues à mon niveau au cours de cette période, les autorités ont répondu promptement pour que des solutions soient trouvées. Donc, pour ce qui concerne la collaboration, elle est parfaite. Je viens à peine de prendre les rênes, je ne vais pas tirer une conclusion si tôt. Nous allons continuer dans la même dynamique et voir ce que cela va donner par la suite.

Les universités rouvrent bientôt les portes pour une nouvelle année académique. Comment la FNEB s’organise-t-elle à son niveau ?

Nous avons fait un travail de fond avec nos instances de bases et il faut avouer qu’à leur niveau, ils font un travail minutieux. Nous aussi, nous avions participé à un certain nombre de journées d’orientation où nous avons porté l’information qui était nécessaire aux nouveaux bacheliers qui bientôt vont nous rejoindre. Les instances de bases qui sont les Bureaux d’Union d’Entité sont en train d’être renouvelées et ce n’est qu’après cela que nous allons nous asseoir pour voir ce qu’il y a à faire dans l’urgence. Mais, nous prenons quand même nos dispositions afin que tous ceux qui vont reprendre puissent le faire dans de bonnes conditions.

Quels sont les défis actuels à relever pour une année universitaire paisible pour les étudiants ?

Comme j’ai l’habitude de le dire, je rêve de faire un mandat apaisé, une année paisible. Pour le moment, sur le volet académique, il n’y a pas d’urgence. Mais pour le volet social, le problème de matériel roulant se pose et nous travaillons déjà afin de pouvoir trouver satisfaction. Je pense que d’ici peu, nous aurons satisfaction.

Que dire pour conclure cette interview ?

Nous allons remercier Educ’Action pour ce qu’il fait pour l’éducation béninoise. A nos camarades qui nous ont porté leur choix sur nous en faisant de la FNEB, l’organisation la plus représentative, nous n’allons pas les décevoir. Nous sommes très confiants. La tâche qui nous incombe n’est pas facile. Nous sommes conscients de ce que nous ne pouvons pas tout faire étant donné que la lutte estudiantine est un combat générationnel. Que nos camarades ne cessent de prier pour nous, de nous écouter et ensemble, on fera beaucoup de choses. Comme on le dit, seul on va plus vite, mais ensemble, on va loin.

Propos recueillis par Edouard KATCHIKPE

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