1er du Bénin au CEP 2021 avec 18,19 de moyenne : Yeizid Affo Obo rêve de la médecine comme carrière - Journal Educ'Action

1er du Bénin au CEP 2021 avec 18,19 de moyenne : Yeizid Affo Obo rêve de la médecine comme carrière

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Yeizid Affo Obo, 1er au CEP 2021 au Bénin

Les apprenants les plus performants de la session 2021 de l’examen du Certificat d’Etudes Primaires (CEP) sont connus depuis quelques jours. Avec une moyenne de 18,19, le 1er à cet examen fait la fierté de toute la nation béninoise et par la même occasion, a hissé son établissement au rang des meilleures écoles. Son nom, c’est Yeizid Affo Obo. Comme à son habitude, Educ’Action l’a rencontré pour vous, lui dont le nom est désormais inscrit dans les annales de l’histoire du CEP au Bénin. Découverte !

Né le 13 juin 2010 à Cotonou, d’une mère commerçante et d’un père opérateur économique et honorable député à l’Assemblée Nationale, cette jeune étoile filante fait désormais la fierté nationale par ses performances à l’examen du CEP, session de juin 2021. Meilleur candidat au plan national avec une moyenne d’entrée en 6ème de 19,13 et une moyenne générale de 18,19, il vient ainsi de rehausser l’image de l’établissement d’où il vient, l’école Catholique Primaire Saint Jean-Baptiste de Cotonou. Yeizid Affo Obo, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’a pas su décrire la joie qui l’a animé à l’annonce de cette nouvelle sur son rang au CEP. « C’est maman qui m’a annoncé que je suis le premier du Bénin au CEP. Quand j’ai appris cela, j’étais tellement content, j’ai ressenti une joie que je ne sais pas comment expliquer », s’est souvenu le jeune garçon avec un sourire fascinant que lui reconnaissent les autorités de son école. Cette Joie inexprimable, il n’est pas le seul à l’avoir ressentie. Directeurs de son école, parents, oncle, tous ont été portés par ce sentiment d’avoir contribué à l’ascension du premier du Bénin et, par conséquent, d’être eux aussi premiers. « Ce que ce petit nous a fait, dépasse nos espérances puisque nous rêvons de cela depuis des années. Je suis très heureux, très content de cette situation heureuse et divine », a confié de gaieté de cœur et tout souriant

Emmanuel Gnahoui, Directeur du groupe B de l’école primaire catholique St Jean-Baptiste

 

Emmanuel Gnahoui, directeur du groupe B, à l’école St Jean-Baptiste, groupe dans lequel est inscrit le jeune 1er. Cet exploit n’est pas la chasse gardée du groupe B mais c’est un exploit commun à tous les groupes de l’école. La preuve, Clément Anehon, le directeur du groupe A, célèbre la bonne nouvelle dans une extase qui transparait dans ses mots. « A la sortie des résultats du CEP 2021, nous avions vu et appris avec joie que c’est notre élève Yeizid Affo Obo qui est le premier du département et le premier sur le plan national. Nous étions très joyeux et nous avons même fêté entre collègues au sein de l’établissement. Tout le monde était content, y compris les parents d’élèves et les membres du bureau de l’Association des Parents d’Elèves (APE) », a exposé, Clément Anehon, visiblement ému. Ce résultat, n’a surpris personne au regard des qualités singulières de Yeizid.

Un garçon calme et travailleur apprécié de tous

Les qualités qui ont permis à Yeizid Affo Obo de donner le meilleur de lui pour finir tête de liste au soir du CEP sont perceptibles aux yeux de tous depuis son jeune âge. « Yeizid était encore au Cours Préparatoire (CP) quand je suis devenu proche de lui. Depuis ce moment, j’ai toujours dit à son papa que le petit est sage, qu’il sait ce qu’il veut, il sait là où il va et qu’il faudra le suivre », a confié à l’équipe de Educ’Action, Kabirou Gbadamassi, oncle du premier. En plus d’être sage, il est très travailleur, dira son directeur Emmanuel Gnahoui. « Yeizid est un garçon très calme, patient. Il aime le travail, il est très souriant, un bon collaborateur avec ses camarades. Il est aimé par ses amis de classe. Quand les résultats sont tombés, ses amis étaient informés avant lui-même », a détaillé le directeur du groupe B. Sa mère, qui n’a pas cessé de remercier Dieu pour cette grâce, n’a pas été surprise de la réussite même si elle avait certains doutes par rapport au rang que va occuper son enfant sur le plan national. « Tout d’abord, je n’étais pas vraiment étonnée du fait qu’il était premier, mais j’étais encore étonnée parce que j’ai vu les merveilles de Dieu. C’est un enfant, qui, depuis son bas âge, aime travailler, il aime les études. On ne lui demande pas d’aller prendre son cahier avant qu’il n’aille le prendre. Il a toujours été premier depuis qu’il a commencé l’école. De ce fait, je peux dire que sa performance ne m’a pas étonnée », a laissé entendre Raïmath Bocco, mère de Yeizid. Cependant, ses doutes persistaient, parce que, poursuit-elle, « je me suis dit qu’il y a des enfants qui travaillent très bien depuis leur maternelle, mais qui ne sont pas forcément premiers au plan national. C’est là que j’ai mis mes genoux à terre, pour dire merci à Dieu, parce que je n’y croyais pas du tout. A vrai dire, je doutais au moment où beaucoup le prédestinaient à cet exploit ».

Yeizid Affo Obo ne reste pas indifférent à ses qualités qu’on lui reconnaît. Il dira d’ailleurs : « Je suis 1er parce que j’ai bien travaillé. Je réfléchissais, j’étais concentré en classe. Je me comporte bien, je suis gentil, je partage mes connaissances avec mes camarades de classe quand le maître nous donne un exercice et sort parfois ». Bien qu’il soit brillant et travailleur, il n’est pas très sollicité par son maître pour aller au tableau. Et pour cause : « Comme je ne suis pas trop élancé, le maître ne m’envoie pas trop au tableau », a laissé entendre le garçon d’un mètre 25 (1m25), emportant ainsi toutes les personnes réunies autour de lui dans un moment de fou rire.
Dans son cocon familial, celui qui fait la fierté de ces parents a élaboré un emploi du temps qu’il suit avec rigueur. Il explique avec un visage assez innocent et inoffensif, qu’il a un temps pour apprendre et un temps pour s’amuser. « A la maison, j’ai un temps pour apprendre et un temps pour m’amuser. Quand le moment vient pour travailler, je suis au travail à fond. J’ai un répétiteur à la maison. J’ai élaboré un emploi du temps pour la maison. Le matin, j’apprends la Mathématique et le Français. Le soir, ce sont les leçons, les ES et EST. Mais à midi, je me repose, je m’amuse », a-t-il fait savoir. Pour montrer que les premiers ne sont pas des personnes extraordinaires qui ne savent pas prendre du plaisir, Yeizid énonce les loisirs auxquels il s’adonne. « J’aime jouer au ballon, je regarde par moments la télévision ou bien je joue à la PlayStation », a-t-il informé. Autre confidence faite par le petit garçon de 11 ans, mais qui n’a aucune incidence sur son rendement scolaire, « quand le maître n’est pas en classe, je bavarde un peu ».

L’image d’une école rehaussée

Reçue dans le bureau du directeur du groupe B, Emmanuel Gnahoui, en présence du 1er au CEP, de sa mère, de son oncle ainsi que du directeur du groupe A,

Yeizid Affo Obo, 1er au CEP entouré de ses directeurs et parents

l’équipe du journal Educ’Action n’a pas manqué de s’informer sur ce que représente cette performance de Yeizid Affo Obo pour l’école Catholique Primaire Saint Jean-Baptiste de Cotonou. La réponse s’est fait vite connaître. « L’école Catholique Primaire Saint Jean-Baptiste est un établissement d’excellence dont les produits exercent aujourd’hui de très hautes fonctions au Bénin et à l’extérieur. Ces temps-ci, on a constaté une certaine faiblesse », a fait observer le directeur du groupe B pour faire l’état des lieux. Mais la détermination de tous les directeurs et enseignants a tôt fait de changer la donne au cours de cette année. « J’ai été enseignant ici pendant des années et j’ai quitté pour aller tenir la direction ailleurs. C’est seulement l’an dernier que j’ai repris service ici en tant que directeur et dans mes propos je disais qu’il faut que l’école St Jean-Baptiste produise l’un des meilleurs aux examens de fin d’année. Ensemble, avec le directeur du groupe A et celui du groupe C, François Zounhou, nous nous sommes investis corps et âme dans le travail avec les maîtres. A l’approche des examens, quand il fallait aider les enfants, au moment du bachotage, nous avions prêté mains fortes aux enseignants de CM2. Nous avons fait des examens blancs, on allait régulièrement dans les classes pour encourager les enfants, on les pousse à travailler », a informé Emmanuel Gnahoui, espérant vivement que l’école puisse garder ainsi le cap pour les années à venir. Son collègue du groupe A, Clément Anehon, pense, pour sa part, qu’il est possible de garder le cap avec les mêmes méthodes déployées cette année pour sortir premier. « Pour garder le cap au cours des années prochaines, nous allons continuer à travailler surtout comme on l’a fait cette année avec les contrôles au niveau des enseignants, surtout ceux des classes d’examen ; on va toujours continuer par organiser des examens blancs parce qu’avant d’avoir un meilleur, il faut beaucoup travailler et nous avons compris surtout cette année, on a multiplié les examens sur des examens blancs et Dieu nous a exaucés et on a eu le meilleur du Bénin », a-t-il promis au nom du collège des enseignants. Malgré le travail acharné des uns et des autres pour cette performance, toute la gloire revient à Dieu, s’accordent à dire toutes les personnes rencontrées.

Mettre Dieu avant et après tout, gage d’une réussite certaine

Tous réunis dans le bureau du directeur Emmanuel Gnahoui,chacun reconnaît la place indéniable de Dieu dans le résultat obtenu. « J’ai beaucoup prié aussi », a confié Yeizid Affo Obo pour montrer la place de Dieu dans cette réussite. Ses prières ont été accompagnées de celles de toutes les personnes ayant rêvé de cette performance. « Sincèrement, avant qu’il n’aille à l’examen, j’ai demandé cela à Dieu. J’ai dit Dieu, tout le monde apprécie Yeizid par son travail, mais moi-même sa mère, je te demande qu’il soit le premier du Bénin. Dieu a exaucé vraiment mes prières et je lui rends grâce, je continue de le remercier », a relaté avec une forte dose d’émotion, la mère du 1er au CEP session de juin 2021. Elle ajoute qu’en plus de la prière, elle a témoigné tout son soutien à son fils. « Si déjà je ne lui dis pas de prendre son cahier, au moins je me dois de l’encourager. Son papa et moi n’avons jamais cessé de le faire. Il a son répétiteur qui vient et puisqu’il est musulman, il y a aussi son alpha qui vient souvent à la maison », a-t-elle rappelé pour montrer l’importance pour les parents de soutenir leurs enfants.

Vêtu d’une chemise faite de deux couleurs, assortie d’un jean noir, le jeune Yeizid Affo Obo, 11 ans, natif de Bassila est un amoureux d’ignames frites et de l’Atassi (mélange de riz et de haricot). Troisième enfant d’une fratrie de cinq dont deux filles, il n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. « Pour les jours à venir, je veux bien apprendre mes leçons et atteindre mon objectif, celui d’être premier à tous les examens et devenir, par la suite, médecin », a promis le jeune qui se fait déjà accompagner par les bénédictions de ses directeurs et parents. A ces jeunes frères, le premier au CEP n’a pas manqué de prodiguer des conseils. « Je demande à mes autres frères de consacrer leur temps au travail, de suivre le maître quand ils sont en classe, de lever le doigt quand ils ont des questions à poser, de faire leurs devoirs pendant les classes et de s’amuser aussi. Je leur demande de prier, parce que moi j’ai beaucoup prié», leur suggère-t-il.
Parents et enseignants, ont désormais les regards tournés vers le collège, espérant qu’il réalisera aussi de pareilles performances.

Estelle DJIGRI

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