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Les dispositions du décret fâchent les organisations estudiantines

Encore des bruits de bottes en perspectives sur les campus universitaires.

Et pour cause, après plusieurs mois de suspension de collaboration avec les associations estudiantines, le gouvernement a rendu public le 2 octobre 2017, un nouveau décret définissant de nouvelles modalités de collaboration des organisations estudiantines avec l’Etat et les autorités des universités publiques en République du Bénin. Interrogés sur la préoccupation, les responsables d’organisations estudiantines ont fustigé certaines dispositions contenues dans le nouveau texte et envisagent utiliser toutes les voies pacifiques de recours pour faire échec à l’application rigoureuse de ce décret.

Rodolpho Dah-Kindji, Président de la section UAC de l’Union Nationale des Scolaires et Etudiants du Bénin

«Jusqu’à présent, nous n’avons pas encore reçu copie du décret alors que nous sommes les concernés. Nous l’avons vu sur les réseaux sociaux. Quand bien même nous l’avons retrouvé sur les réseaux sociaux, nous avons effectué un certain nombre de remarques. D’abord, ce décret a été pris de façon légère parce que cela comporte des erreurs graves. Dans le fond du décret, il y a quelques inquiétudes. La première inquiétude, c’est que désormais sur les campus universitaires, dans le cadre de la collaboration, il faut que ce soit des organisations les plus représentatives qui collaborent avec les autorités. Ceci se fera par scrutin tous les trois ans. Je me demande pourquoi trois ans. ? Le fait qu’on aille au scrutin après trois ans, est-ce que cela ne va pas remettre en cause notre manière de fonctionner, parce que presque tous les bureaux ont un mandat d’un an renouvelable ? Quand on dit trois ans, cela empiète sur le renouvellement de nos bureaux à l’interne. L’autre chose, c’est qu’on ira aux élections et il faut qu’on atteigne un certain seuil de 30% ou 40% pour être représenté. Mais qui va organiser ces élections ? L’autorité gouvernementale ou l’autorité rectorale ? Ce décret en l’état sera difficile à être mis en application et moi je me permets de dire que l’autorité est toujours dans sa démarche de musellement des libertés d’expression sur les campus universitaires ».

Adonis Jonas Ayedomehou, Trésorier Général de la FNEB

«Nous avons pris connaissance de ce décret sur les réseaux sociaux. Ce qui est dommage, c’est que le décret n’est pas tellement compréhensible. Quand on dit que les responsables étudiants ou du moins que le bureau élu fera désormais trois ans avant qu’il n’y ait une nouvelle élection, je pense que cela pose un problème. Ce décret n’a pas sa raison d’être. Je peux vous dire que la Fédération Nationale des Etudiants du Bénin (FNEB) est représentative, quitte à eux de nous expliquer ce qu’ils mettent dans cette histoire de représentativité ».

Innocent Ahounou, Secrétaire Général de l’Union Nationale des Etudiants du Bénin (UNEB)

«Dans ce décret, vous voyez qu’il y a des choses que les autorités vont faire avec les organisations syndicales estudiantines et d’autres qu’elles ne feront pas. L’autre chose encore qui m’irrite dans ce décret, c’est qu’il est stipulé que c’est le ministère qui va nous dire comment nous devons organiser les élections syndicales. Finalement, on voit que le gouvernement de la « Rupture » veut tout nous imposer. Nous n’avons pas contribué à l’avènement de ce régime pour être dans le viseur du gouvernement. Dans tous les cas, nous ne comptons rien casser mais nous allons utiliser tous les moyens pour atteindre nos objectifs ».

Réalisation : Adjei KPONON & Edouard KATCHIKPE

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