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Camp de vacances culturelle et professionnelle à Grand-Popo | Une vingtaine de jeunes formés pour le développement

Sous le parrainage du ministre des Affaires étrangères Aurelien Agbénonci et avec le soutien financier du professeur Sylvie Adoté Hounzangbé, une vingtaine de jeunes bacheliers et étudiants a été formée par le cabinet MAK’son Inter sarl.

Du 25 septembre au 5 octobre 2017, ils ont été internés à Grand-Popo pour devenir en dix jours, des initiés en montage de panneaux solaires, en électricité bâtiments, en diagnostics mécaniques, en maintenance informatique, etc.

Grand-Popo, avec son calme reposant, son sable marin, son paysage pittoresque, nous accueille, ce jeudi 5 octobre 2017. Dans la brise légère de cette matinée, l’ambiance est particulière à la place Nonvitcha. Des jeunes gens affairés en petits groupes de quatre ou cinq s’échinent, qui devant des panneaux solaires, qui devant un moteur de voiture, qui encore devant des copieurs usagers. On peut aisément lire sur ces visages affables, une saine émulation qui les pousse vers l’atteinte des objectifs à eux assignés. « Ici, c’est un Camp de vacances culturelle et professionnelle », renseigne René Mathias Akakpo, directeur du cabinet MAK’son Inter sarl, ancien directeur des examens et concours du secondaire, ancien directeur de l’enseignement technique. Il explique : « Nous avons tous constaté qu’il y a un sérieux problème d’orientation dans notre pays, qu’il n’y a aucun dispositif fonctionnel pour orienter les jeunes. Nous avons alors décidé d’aider les jeunes bacheliers à venir faire une initiation professionnelle pour mieux s’orienter, mais également des étudiants qui sont dans certaines conditions d’incertitude, qui ne savent à quoi, ils se destinent ».

Camp de vacances MAKson Inter sarl


De la genèse de l’initiative…

Tout a commencé ce 3 juin 2017 où, invitée par l’association Nonvitcha de Grand-Popo, le cabinet Mak’son Inter sarl a fait une présentation sur la situation de l’école à Grand-Popo. Une présentation qui a révélé l’état grabataire de l’éducation dans cette commune dont les résultats catastrophiques des dernières années sont évocateurs du malaise noté. « Grand-Popo a pourtant connu des heures de gloire dans cette République, avec des cadres qui continuent de servir la Nation béninoise », a rappelé René Akakpo avant de remercier le professeur Sylvie Adoté Hounzangbé et le ministre Aurelien Agbénonci qui ont permis de déplacer, d’héberger et de nourrir les jeunes pendant les dix jours qu’a duré ce camp de vacances.

Du déroulement du camp…

Le Camp de vacances culturelle et professionnelle à Grand-Popo a connu la participation effective d’une vingtaine de jeunes bacheliers et étudiants essentiellement ressortissant de la commune de Grand-Popo. « J’ai organisé la mise en place des différents ateliers qui ont fonctionné sans discontinue du 25 septembre jusqu’au 5 octobre où nous sommes aujourd’hui et ce, de façon rotative pour assurer une certaine polyvalence aux jeunes inscrits », a indiqué Raoul Agboton, enseignant, administrateur scolaire, coordonnateur du camp. Selon ses explications, les participants au camp de vacances ont, tour à tour, été formés dans les ateliers d’installation des panneaux solaires et de parabole, d’installation électrique sur bâtiments, de maintenance informatique, et de diagnostics automobiles.

Des acquis certains…

Dans la salle de conférence de la place Nonvitcha, on pouvait, en effet, voir des jeunes monter et faire fonctionner une installation électrique, installer une antenne parabolique et en assurer le réglage. Dehors, c’est sur la voiture de reportage de Educ’Action que les participants ont assuré le diagnostic automobile. En sommes, on peut convenir qu’en dix jours d’apprentissage, les jeunes ont prouvé une certaine maîtrise des domaines explorés. Et le Directeur René Acakpo de s’en réjouir : « vous avez constaté qu’il y a des étudiants qui, à partir d’ici, vont pouvoir installer une antenne parabolique à quelqu’un, installer des panneaux solaires ou leurs propres installations électriques à la maison. C’est déjà beaucoup, mais c’est une initiation. Si on prend un jeune en déperdition, on peut lui apprendre beaucoup de choses en trois ou six mois et je souhaite que nos élus locaux y pensent sérieusement. Nous avons des milliers de jeunes dans nos communes qui chôment ». Raoul Agboton, coordonnateur du camp et de la formation, pense que ces jeunes ont quelque part augmenté leurs capacités à vivre ensemble parce qu’il y a eu également cette dimension du camp qu’il ne faut pas occulter. « Ils sont restés ensemble pas forcément dans les mêmes conditions que chez eux. Ils se sont montrés disponibles. Je crois qu’il suffit tout simplement de leur créer l’environnement parce que, qu’on le veuille ou non, l’avenir appartient aux jeunes. Si nous ne voulons pas leur passer le témoin, le témoin finira par tomber des mains des anciens. Nous avons plutôt intérêt à ce qu’il y ait un tuilage. Il y a du bien à former des jeunes, car cela nous permet de dormir tranquillement la nuit parce que si les jeunes travaillent le jour comme nous, ils dormiront la nuit comme nous mais si c’est l’inverse, la nature ayant horreur du vide, les jeunes risquent de devenir des sources d’insécurité pour la Nation », a-t-il avertit.
Avant la remise des certificats de fin de formation, les organisateurs ont exhorté les jeunes à prendre leur destin en main ; à ne plus composer ni avec le hasard, ni avec l’incertitude du lendemain, à ne plus pratiquer la politique de la main tendue qui les placent définitivement dans une position d’éternels dépendants, d’éternels assistés manipulables à merci par les pouvoirs d’argent. « Soyez courageux mais aussi sérieux au travail. Cela vous permettra de bonifier sans cesse votre valeur intrinsèque et d’être présent au travail avec un label envié. Chers jeunes, ayez confiance, foi en vous et sachez que vous avez la lourde responsabilité d’assurer et d’assumer le développement de cette commune qui ne demande qu’à avancer. Ici en effet, il est possible de vaincre la fatalité. Au travail les amis. Valorisez-vous dans la rigueur, le travail bien fait. Soyez source de crédibilité ! », a martelé le coordonnateur Raoul Agboton.

Remise dattestation camp de vacances MAKson Inter sarl

AVIS DE quelques PARTICIPANTS

René Mathias Akakpo , directeur de du cabinet MAK’son Inter sarl, ancien directeur des examens et concours du secondaire, ancien directeur de l’enseignement technique



«Nous avons permis aux jeunes dans ce cadre-là, de faire de façon pratique, l’installation électrique dans les bâtiments, l’installation des panneaux solaires et des paraboles, la maintenance des photocopieurs et des ordinateurs, le diagnostic automobile. C’est une grande satisfaction qui m’anime. Mais en même temps, je voudrais lancer un appel à nos politiciens, nos cadres et élus locaux pour qu’ils accordent un peu d’attention à cette jeunesse qui ne demande pas grand chose. De l’autre côté aussi, il faut qu’on se prépare à la mise en œuvre effective du PAG et cela demande que les cadres dans les ministères anticipent. Le PAG, c’est un fait, mais ce n’est pas forcément le gouvernement qui va instruire encore les cadres dans les directions techniques à faire ce qu’ils doivent faire. Il faut que nous fassions ces choses pour sortir les jeunes de la désespérance. »

Raoul Agboton , enseignant, administrateur scolaire, coordonnateur du camp de vacances



«L’avantage de cette formation est que tous les 20 participants sont polyvalents. En peu de temps, nous avons réussi à leur donner de la matière. Surtout qu’ils ne sont pas du tout de ces domaines. Nous avons reçus des étudiants de Géographie, de Lettres et autres, voyez-vous ! Je voudrais en appeler à la bonne foi des décideurs et leur rappeler que l’urgence aujourd’hui, c’est de former les jeunes pour qu’ils puissent prendre en charge le développement, pour qu’ils puissent prendre le témoin. Parce que si nous ne le faisons pas, nous allons faire d’eux des désespérés et celui qui est désespéré est forcément dangereux. »

Prisca Akakpo , récipiendaire



«Mak’son Inter sarl a choisi de répondre à un besoin de la jeunesse béninoise en œuvrant pour la mise en service de ce camp de vacances 2017. Quelqu’un a dit : « les analphabètes du 21ème siècle, sont ceux-là qui ne sauront pas manipuler l’outil informatique ». Aujourd’hui, les NTIC apparaissent comme un défi de notre temps. C’est pourquoi nous remercions nos formateurs et tous les membres de Mak’son sans oublier le parrain, son excellence Aurelien Agbénonci. Nous sommes fiers de la formation reçue et nous sommes immédiatement opérationnels pour servir partout où besoin sera. Nous promettons fruiter ces acquis afin que nos jours d’apprentissage et de sacrifices ne soient pas vains. »

Gilles Christ Acakpo , étudiant ressortissant de la commune de Grand-Popo



«Je tiens à remercier l’équipe organisatrice, ceux qui ont pensé porter un coup de main à la commune de Grand-Popo. Sincèrement, ça a été pour nous une grande joie d’avoir participé à ce camp, d’avoir reçu cette formation qui pourra nous aider à nous défendre sur le campus puisqu’ il faut noter que le manque de moyens fait que plusieurs de nos camarades n’arrivent pas à résister sur le campus jusqu’à la fin de leur formation. Je crois vivement que cette formation pourra nous aider à joindre les deux bouts sur le terrain. Avoir un diplôme et aider notre commune à avancer. »

Quentin Elvis Saïzonou , participant



«On a reçu une très bonne formation. Aujourd’hui, si nous rentrons chez nous, on est en mesure de faire beaucoup de choses, en l’occurrence l’installation des panneaux solaires, de paraboles, l’électricité-bâtiment, etc. Donc, c’est une formation qui a été bien faite et puis nous aussi, on a été vraiment sérieux et on a essayé de garder l’écoute pour comprendre ce qu’on nous a appris pour être nous-mêmes demain, et essayé d’exercer ce que nous sommes venus apprendre ici. »

Ulrich Vital AHOTONDJI

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