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Réinscription dans les établissements privés d’enseignement secondaire | Quand des promoteurs se découvrent des talents d’assureurs

Il est un secret de polichinelle que la quasi-totalité des établissements privés secondaires perçoivent de l’argent à titre de réservation de place de leurs plus fidèles et anciens apprenants.

Une pratique que condamnent certains acteurs de l’éducation dont notamment les parents d’élèves. Beaucoup plus connus sous le vocable ‘‘des faux frais’’, les réinscriptions tendent à se généraliser, posant le problème de leur importance pour que des promoteurs d’écoles privées en soient à les greffer à la scolarité ? Pour comprendre la légitime interrogation des parents d’élèves, Educ’Action a sillonné pour vous, quelques écoles privées secondaires pour donner la parole aux promoteurs, fondateurs afin de susciter le débat. Lisez plutôt !

«Je ne comprends pas pourquoi il faut payer de l’argent pour toujours réinscrire son enfant. Chaque année, on ne doit pas dérober à cet engagement financier si l’on tient à ce que son enfant poursuive les études dans cette même école. Les temps sont durs, voyons. Que font-ils réellement avec les sous appelés ‘‘frais de réinscription’’ que nous libérons à l’entame de chaque année scolaire ? », s’interroge, toute coléreuse, Eléonore B, coiffeuse et parente d’une élève inscrite au Complexe Scolaire ‘‘Clé de la Réussite’’ pour exprimer son ras-le-bol. Elle veut connaître le sens que les promoteurs d’écoles privées donnent aux frais perçus chez les parents d’élèves appelés ‘’frais de réinscription’’ payable chaque début d’année. Nombre de parents d’élèves comme Eléonore B s’indignent du fait qu’il faut débourser de l’argent pour réinscrire leurs progénitures dans les écoles privées. Ces parents d’élèves estiment que ces frais sont de trop et veulent en savoir davantage sur leur utilité et leur nécessité.


La réinscription comme confirmation de la place réservée …

Selon les informations recueillies sur le terrain, la réinscription joue un rôle important dans le planning des activités pédagogiques, surtout dans des établissements privés d’enseignement secondaire. Au Collège ‘‘St Roger’’ sis à Gbégamey, derrière les rails, la réinscription est une réservation de place pour poursuivre les études dans ce collège. Occupé à l’affectation des emplois du temps aux professeurs et à leur répartition dans leurs salles de classe respectives, Victorien Favi, Préfet des études dans le collège, explique, ce qu’il entend par réinscription pour les anciens apprenants de son collège. « Ici au Collège ‘‘St Roger’’, la réinscription n’est rien d’autre que la réservation de la place. Il ne faut pas faire de l’amalgame, il faut savoir faire la planification, savoir ceux-là que nous allons accueillir comme anciens et qui vont revenir suivre les cours avec nous et ceux-là que nous allons accueillir nouvellement », a fait savoir le Préfet des études du Collège ‘‘St Roger’’ pour donner l’une des raisons à l’origine de l’institution des frais de réinscription dans son collège. Arguments qu’épouse relativement Hubert Nobimè, directeur des études au Collège ‘‘Les Anges’’, un collège sis à Vodjè, derrière les rails juste en face de la pharmacie ‘‘Ste Foi’’. Dans ses envolées explicatives, on retient que la réinscription est une formalité indispensable qui repose sur la confection des données prévisionnelles afin d’éviter toutes surprises désagréables à l’entame de la rentrée. Elle est, selon Hubert Nobimè, une garantie de la place dans son collège afin d’éviter la pléthore d’apprenants dans une classe. « L’objectif, c’était de maîtriser les effectifs dans les classes. La première vision par rapport à la réinscription, c’est de donner aux parents l’occasion de venir annoncer que leurs enfants désirent poursuivre les cours dans notre école », a-t-il renseigné avant de préciser que : « c’est un complément de la contribution chez nous. C’est déduit de la contribution à la fin. En classe de 6ième, la contribution réelle est 65 mille francs Cfa mais en enlevant les frais de réinscription, on dit que ça fait 50 mille francs Cfa ». Dans notre pérégrination, cap a été mis sur le Complexe Scolaire ‘‘Ste Félicité’’, sis derrière le CEG Godomey. Ici, c’est l’abbé Love Crucis Alladatin qui est le maître des lieux. Assis dans son bureau, il donne, pour sa part, sa compréhension de l’expression tiré du jargon administratif scolaire ‘‘frais de réinscription’’. « Ce que nous appelons réinscription, c’est déjà une portion de l’écolage qu’on a défini pour les anciens élèves juste pour se garantir la place », lâche d’un air franc l’abbé Love Crucis Alladatin, directeur du Complexe Scolaire ‘‘Ste Félicité’’ avant d’ajouter : « Je ne peux et ne veux pas refuser que certaines écoles se lancent dans ce que l’on désigne par faux frais ». Est-ce uniquement pour s’assurer du retour des apprenants que les promoteurs, directeurs et même préfets d’écoles imposent ces frais de réinscription qualifiés par certains parents d’élèves de rançonnement ?

La réinscription, un frais d’assurance-risques des apprenants …

Dans la réinscription, un autre volet est retenu par les promoteurs d’école. « … il faut mettre l’assurance que nous payons aux agences pour couvrir les risques école-maison et maison-école de nos enfants et en même temps savoir si effectivement ceux-là reviendront à notre école », a dit Victorien Favi, Préfet des études du Collège ‘‘St Roger’’ pour situer sur la seconde raison qui l’incite à percevoir de l’argent chez les parents d’élèves à titre de réinscription. Un avis que ne partage pas du tout Hermann Gildas Kpossou, Secrétaire de la Fédération des Syndicats de l’Education, de la Jeunesse, de la Culture et Assimilés (FESEJCA), affiliée à la CSA-Bénin. Selon le Syndicaliste, pour le répéter, les établissements privés ne sont pas des compagnies d’assurance pour venir au secours de l’élève accidenté. « Ils n’ont jamais assuré les frais d’hospitalisation ou payé d’ordonnances à un apprenant malade à ce que je sache. C’est juste des alibis », a confié, sans ambages, le syndicaliste pour fustiger la perception des frais de réinscription par les écoles privées. Aussi, n’a-t-il pas oublié d’inviter le président de la Fédération des Associations des Parents d’Elèves à jouer convenablement son rôle, à réagir, afin de sauver les meubles. Toutefois, il faut souligner que la tentative pour rencontrer le Président Directeur Général du Complexe Scolaire ‘‘Clé de la Réussite’’ via un courrier à lui adressé a été infructueuse. 5.000 francs Cfa, 10.000 francs Cfa et 12.500 francs Cfa sont respectivement les frais de réinscription dans les Collèges ‘‘Les Anges’’, ‘‘St Roger’’ et au Complexe Scolaire ‘‘Clé de la Réussite’’.

Enock GUIDJIME

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