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Entretien | Judicaël Ayadokoun, DGA de l’OBSSU à propos des classes sportives

« … Un enfant conscient, consciencieux le sera davantage avec ces disciplines sportives…»

 

Initiées par le gouvernement de la rupture à travers le ministère des sports, les classes sportives seront désormais une réalité pour tous les élèves, filles comme garçons de la 6ième en Terminale de tous établissements aussi bien publics que privés. Pour mieux comprendre le bien fondé de cette décision gouvernementale, une équipe de votre journal Educ’Action a effectué une descente à la direction de l’Office Béninois des Sports Scolaires et Universitaires (OBSSU), pour rencontrer Judicaël Ayadokoun, le Directeur Général Adjoint. Avec lui, la question de la plus-value de ces classes sportives a été abordée. Entretien…

Educ’Action : D’où émane cette idée d’introduire les classes sportives dans les écoles secondaires de notre pays ?

Judicaël Ayadokoun : Cette idée émane de la volonté de l’actuel ministre des sports Oswald Homeky de ramener le sport à la base dans nos écoles comme cela se faisait par le passé. Par le passé, nous avons constaté que cette pratique a permis d’avoir de grandes stars du monde sportif au niveau de nos écoles qui ont alimenté par la suite nos différentes fédérations. Ce qui faisait que dans le temps, les compétitions, les rencontres de foot étaient très prisées au sein des populations. Mais, de nos jours, on constate que la population a commencé par perdre cette confiance en nos différentes équipes parce que simplement elles ne se sentent plus impliquées. Donc, en décidant de ramener le sport à la base, c’est d’abord impliquer toutes les couches sociales du pays dans la pratique des disciplines sportives retenues. Il y a cinq disciplines sportives qui ont été retenues. Il y a le football, le handball, le basket-ball, les arts martiaux et l’athlétisme.

Comment se fera la sélection de ces talents ?

On entend par classe sportive le regroupement des talents de chaque commune dans un centre retenu et ces enfants vont travailler sous la direction d’un encadreur sportif qui est recruté, formé et rémunéré par le ministère des sports. Tout le temps que vont durer ces classes sportives, les enfants seront détectés à l’issue d’une compétition et tous les enfants qui seront sélectionnés vont passer la phase des visites médicales. C’est quand les enfants seront déclarés aptes à exceller dans telle ou telle autre discipline sportive qu’ils seront recensés dans ces disciplines sportives et ils vont commencer le travail. Par discipline sportive, il y a 1 encadreur ce qui fait qu’on a 89 classes sportives dans tout le Bénin multiplié par 5 encadreurs sportifs. Ça fait 445 encadreurs sportifs qui sont recrutés. J’ai dit 89 classes sportives parce qu’il y a une classe sportive par commune et au niveau de la commune de Cotonou, nous en avons 13. Donc, ça fait 76 autres communes plus les 13 de Cotonou, ça fait 89 classes sportives qui vont se rassembler dans des centres pourvus en infrastructures sportives. Les enfants vont se diriger vers ces classes sportives tous les mercredis soirs, tous les vendredis soirs, tous les samedis matins de façon rigoureuse et de façon accessoire les dimanches matins. Les dimanches matins, cela dépendra du management de chaque encadreur sportif.

De quel temps disposeront les enfants pour apprendre si les jours indiqués pour des études de maison ont été pris en compte par ces classes sportives ?

C’est une question d’organisation aussi bien au niveau des parents d’élèves, des enfants eux-mêmes et des promoteurs d’établissements. C’est pour ça que la réunion tournante, qu’on a eue à faire, a impliqué toutes ces catégories de personnes. Ce programme est même un moyen de pression supplémentaire pour les parents. Un parent qui sait, par exemple, que son enfant est un féru de l’une de ces disciplines sportives, peut amener son enfant à vite apprendre ses leçons et à faire ses exercices s’il ne veut pas être privé de son foot ou basket. L’enfant qui est conscient et qui a la passion pour l’une de ces disciplines sportives va faire ses exercices, et apprendre ses leçons parce qu’il n’a pas envie de rater sa séance de football. Le sport en général n’a jamais été nulle part au monde, un facteur d’échec. Si les parents veulent véritablement donner une chance à leurs enfants, ils n’ont qu’à leur permettre de donner libre court à leur passion et de pouvoir également étudier. Donc, c’est juste une question de calendrier. Un enfant conscient, consciencieux le sera davantage avec ces disciplines sportives. Un enfant qui n’a jamais été consciencieux ne le sera certainement pas si les parents ne lui permettent pas de changer.

Ces classes sportives sont-elles imposées aux enfants ?

C’est un programme volontaire. C’est seulement les enfants qui le veulent et qui le peuvent qui vont s’inscrire. On a fait une tournée il y a une vingtaine de jours et on a distribué à tous les promoteurs d’établissements du Bénin dans les 77 communes du Bénin, des fiches d’inscription. Les enfants vont s’inscrire librement, gratuitement, volontairement. On n’impose rien à personne parce qu’ils ne seront pas évalués. Cette évaluation ne va pas entrer dans leur cursus scolaire comme cela se fait avec les professeurs d’EPS.

Quelle est la plus-value de ces classes sportives dans le développement de l’éducation ?

Le sport contribue forcément au bien-être de tout être qui le pratique. C’est d’abord permettre aux enfants d’avoir un bon état physique parce qu’il faut avoir un esprit sain dans un corps sain. Aussi, le sport stimule l’intelligence chez l’enfant. L’autre plus-value, c’est que quand les enfants vont se former durant tout leur cursus scolaire, ils auront à faire des interclasses sportifs. Il y aura des confrontations entre ces enfants et les meilleurs des meilleurs seront sélectionnés pour des compétitions à l’international et dans la sous-région. Deuxième chose, les meilleurs des meilleurs qui le voudront vont atterrir également dans des académies départementales qui vont commencer par être construites à partir de 2018. Ce qui fait qu’il y aura des enfants qui iront à l’international, des enfants qui vont atterrir dans des académies sportives et d’autres qui vont alimenter les fédérations d’élites au Bénin. Ainsi, on aura une bonne pépinière et il ne sera plus question pour les fois à venir, de courir dans tous les sens pour aller dénicher des stars dans des formations des championnats inconnus du grand public.


Que dire pour conclure cet entretien ?

Il faut que les parents permettent à leurs enfants d’avoir une autre corde à leur arc. Un enfant qui commence, par exemple, l’une de ces disciplines sportives de la 6ième jusqu’en terminale, il devient au moins un très bon professionnel en terminale et il a également son Bac. Donc, il a au moins deux cordes à son arc. Il a son Bac en poche et puis il a la qualification professionnelle dans une discipline sportive. Ce qui fait qu’il a le choix soit de continuer dans une académie sportive, soit il fait les études universitaires et il continue de s’exercer dans une discipline sportive de façon professionnelle et après, il faut décider s’il est très bon de laisser le cursus scolaire et de devenir professionnel ou alors de cumuler les deux, donc c’est forcément un plus pour les élèves. Je vais demander aux enfants de se mobiliser, de s’inscrire volontairement. Je de demande aux parents de les aider à exceller dans leur passion ; aux promoteurs d’établissements de permettre à leurs apprenants d’y aller parce que quand on va commencer par faire les compétitions interclasses sportives, ce serait peut-être leurs enfants qui seront les meilleurs et pourront prendre part aux compétitions un peu partout dans le monde.

Propos recueillis par Estelle DJIGRI

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