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L’école en souffrance au CS Zekanmè de Glo-Djigbé | L’indifférence de la Mairie suscite inquiétude et émoi

Situé dans le département de l’Atlantique, notamment dans l’arrondissement de Glo-Djigbé, le complexe scolaire de Zekanmè sis derrière le marché de Glo-Djigbé présente des conditions de travail exécrables.

Un tour dans cette école à deux groupes pédagogiques et vous vivez le triste et poignant calvaire des usagers de cet établissement.

Pas de clôture ; des tôles décoiffées ; des salles de classe de fortune entourées de claie et à peine clôturées ; des apprenants coincés sur des bancs restreints ; d’incessants mouvements des riverains et d’animaux domestiques ; des tableaux complètement fendillés ; des classes jumelées. C’est le visage que revêt le Complexe Scolaire Zekanmè à la descente de l’équipe de reportage de Educ’Action, dans la matinée du mercredi 11 octobre 2017. Constituée d’un groupe A créé en 2000 et d’un groupe B qui a vu le jour en 2009, cette école qui relève du giron de l’Etat ne dispose pas à ce jour, des infrastructures respectant les normes admises pour donner des instructions aux écoliers de la localité. Casimir Nounagnon, le Directeur du groupe A constatant la présence des reporters de Educ’Action n’a pas tardé à se confier. Si à l’EPP Ahossougbéta, toujours dans la même commune d’Abomey-Calavi, les enfants font spécialement les cours à même le sol, c’est une autre réalité au CS Zekanmè. « Les conditions de travail ici sont très difficiles. D’abord, les bâtiments. Nous avons des groupes pédagogiques dont trois classes sont en matériaux précaires ; nous n’avons pas de mobiliers ; nous n’avons pas de l’eau ; l’école n’est pas clôturée ; la population environnante traverse l’école comme elle veut », a alarmé Casimir Nounagnon, visiblement attristé, racontant avec dédain ses pénibles conditions de gestion de l’école. Selon les explications de ce directeur, son école vit des actes de vandalisme qui l’obligent à prendre des dispositions hardies afin d’éviter des vols. Dès que le ciel s’assombrit, annonçant la pluie, l’insomnie s’invite, confie le Directeur. Et pour cause : l’état de délabrement avancé des infrastructures servant d’abris pour les enfants, oblige. « Quand la pluie tombe, ce que j’endure est triste et simplement écœurant. Il faut être présent pour témoigner de ce que je vis en saison pluvieuse. Et vous comprendrez que je manque de mots pour vous décrire cette situation », a fait savoir d’une voix chevrotante Casimir Nounagnon qui s’en remet aux autorités municipales et ministérielles. Des risques liés à la non-clôture de l’école subsistent.


Des dangers liés à la non-clôture de l’école…

Pour n’avoir pas clôturé le Complexe, les enseignants et apprenants sont exposés à bien des menaces dont essentiellement des actes de vandalisme. « Nous ne sommes pas du tout en sécurité. Il y a un moment ici, les revenants (Egoun-goun) qui se promenaient ont traversé l’école. Ça été vraiment difficile de les gérer. Les conditions sont très difficiles ici au CS Zekanmè », a lâché déçu, le Directeur du groupe A avant de souligner l’invitation surprise des reptiles par moments. Les risques varient d’un directeur à un autre. Celui du groupe B nous conte ici les siens. « A la récréation, il faut être beaucoup prudent. Les apprenants usent de la proximité de leur maison à l’école pour sortir malgré la présence des vendeuses. Nous positionnons les maîtres pour les empêcher de sortir de l’école », a témoigné Hénoc Obiné, Directeur du groupe B du CS Zekanmè avant d’ajouter : « Les parents débarquent comme ils veulent et quand ils veulent. Si l’école était clôturée, on ne pourrait pas assister à ça ». A ce lot de problèmes infrastructurels, s’ajoutent des problèmes d’ordre matériel qui occupent une bonne place.

La pénurie des manuels scolaires, l’autre souci du duo dirigeant du CS Zekanmè…

Des problèmes de mobiliers, de matériels didactiques et de manuels scolaires occupent une place de choix dans les difficultés qui jalonnent la conduite des activités académiques par l’équipe dirigeante du CS Zekanmè. « Nous n’avons pas des tables et bancs, vous allez constater vous-mêmes que là où on devait avoir deux ou trois élèves, c’est quatre des fois, cinq. En dehors des mobiliers, nous avons aussi des problèmes de manuels scolaires. Je crois qu’il y a deux ans l’Etat ne nous a plus envoyé de manuels. Nous en souffrons énormément », a étalé Hénoc Obiné comme difficultés matérielles pour montrer la précarité dans laquelle végète le CS Zekanmè au plan technique. Des démarches ont pourtant été faites, affirment les directeurs pour l’amélioration des conditions de travail au CS Zekanmè. Que retenir alors comme point de ces démarches.

Point des démarches …

Dans les envolées explicatives des deux directeurs du CS Zèkanmè, on retient que les actes ne sont pas joints à la parole. « Par rapport au module de classe, c’est l’année passée j’ai écrit pour demander un module. Statu quo ! Je suis allé voir le Chef d’Arrondissement de Glo-Djigbé mais il a dit que je suis en retard ; qu’il y a déjà d’autres écoles qui ont fait la demande. Cette rentrée-ci, on est allé le voir encore pour poser le même problème et il nous a dit qu’il a tout fait pour que l’école soit dotée de module. Mais comme vous pouvez le constater vous-mêmes, jusque-là, rien », a témoigné Casimir Nounagnon. Comme lui, son collègue Hénoc Obiné abonde dans le même sens. « Nous sommes allés un certain nombre de fois chez le Chef d’Arrondissement (CA), et nous ne nous laissons nourrir que de promesses », a témoigné, à son tour, le Directeur du groupe B avant de poursuivre qu’ils ont écrit un certain nombre de fois et ce, vainement au Ministère de tutelle pour demander des manuels.

La réaction du Chef d’Arrondissement face aux témoignages des directeurs…

Rencontré dans son domicile sis en face de la gendarmerie territoriale de Glo-Djigbé, ce mercredi 11 octobre 2017 à 11h pour recueillir sa version sur les démarches entreprises par le collège de directeurs, le Chef de l’Arrondissement de Glo-Djigbé n’a pas voulu en dire beaucoup. « C’est en bonne voie, ça va être fait », a laconiquement lâché avec froideur, Thomas Ouinssou, Chef de l’arrondissement de Glo-Djigbé à l’équipe de reportage de Educ’Action avant de nous renvoyer à la mairie nous renseigner. Une fois à la mairie, toutes nos tentatives pour rencontrer le maire afin de le confondre aux témoignages du collège de directeurs mécontents, se sont révélées vaines. A bout, les directeurs font parler leurs cœurs pour une attention plus particulière à cette école dont l’état mérite des larmes dans une municipalité comme Abomey-Calavi pourtant capable de sa réhabilitation.

Des cris de cœur des directeurs…

Malgré leurs multiples et vaines tentations pour obliger les décideurs à sortir le CS Zékanmè de sa piteuse situation, les responsables de cette école ne perdent pas espoir. Ils comptent toujours sur les autorités à divers niveaux et sur les personnes de bonne volonté pour sauver le CS de sa ruine. « Que les autorités nous aident vraiment à bien faire le travail. Nous leur demandons de l’aide. C’est très difficile pour nous, surtout particulièrement moi », s’est adressé Casimir Nounagnon aux autorités locales, municipales, ministérielles et aux personnes de bonne volonté. Hénoc Obiné, son collègue du groupe B préfère s’adresser aux parents d’élèves. « Que les parents d’élèves aient le courage de répercuter sur les hommes politiques les problèmes de l’école. Qu’ils lèvent leurs doigts pour leur dire qu’ils ne créent pas des conditions humainement favorables pour l’instruction des enfants de cette école. Le tout ne suffit pas de prendre 500fcfa, un kilogramme de riz et de voter », s’est enfin indigné le Directeur du groupe B en s’adressant à sa cible.

Enock GUIDJIME & Romuald D. LOGBO

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