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L’école en souffrance à Abomey-Calavi | A l’EPP Ahossougbéta, les apprenants reçoivent l’instruction à même le sol

Créée en 2003, l’Ecole Primaire Publique (EPP) Ahossougbéta relève du giron de l’Etat. Malgré ses 14 ans d’existence, cette école n’a pu mettre à la disposition de ses apprenants, les conditions pouvant faciliter l’assimilation des cours et le rendement de qualité.

Dépassée par les conditions éprouvantes dans lesquelles travaillent ses apprenants, la directrice de l’école a décidé de se faire entendre à travers votre journal Educ’Action.

«C’est vraiment triste. C’est vraiment dommage de voir des enfants travailler dans de telles conditions et pour donner quel résultat ? », se désole ce parent d’élève, conducteur de taxi-moto, bien informé des conditions de travail des écoliers de l’Ecole Primaire Publique Ahossougbéta de la circonscription scolaire d’Abomey-Calavi, dans l’arrondissement de Togba. Tout comme lui, cette dame à qui une équipe du journal Educ’Action a tendu son micro lors de sa descente dans l’école, n’a pas manqué d’exprimer son mécontentement quant aux conditions de travail de son enfant de la classe de CI dans l’EPP Ahossougbéta. « Mon enfant m’a dit plusieurs fois qu’il s’assoit par terre pour étudier à l’école. Je l’ai vu de mes propres yeux. Mais que puis-je faire ? », se questionne en langue locale fon, cette dame qui se fait appeler maman Caca pour ainsi exprimer son impuissance à venir en aide à ces âmes vulnérables. A première vue, l’équipe de votre journal se croyait devant une méthode de ‘‘Sous l’arbre à palabre’’ retenue par l’autorité de cette école pour enseigner. Hélas! Les images en sont des preuves vivantes. C’est avec un pincement au cœur, que l’équipe de votre journal donne raison à ces parents d’élèves mécontents face aux nombreuses difficultés de ces apprenants vécues sur place avec ces âmes innocentes.

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Des difficultés de l’EPP Ahossougbéta…

Des écoliers installés à même le sol, d’autres disposés à cinq voire six sur un banc destiné à deux écoliers. Ce sont là les premières images que présentent les salles de classes de cette école en plein cours dans la matinée de ce mercredi 04 Octobre 2017. Approchée dans son bureau sur cette problématique, la directrice de l’école, Germaine Houndjanto, expose les difficultés de son école. « Ce n’est pas de notre propre gré si vous voyez les enfants disposés de cette manière. C’est un choix qui s’est imposé à nous face à l’effectif pléthorique d’élèves dans notre école », tente de répondre Germaine Houndjanto, directrice de l’école, pour soulever le manque criard de tables et bancs dans son école. Selon les informations reçues de la directrice des lieux, l’effectif de l’école fait que les élèves ne sont pas dans de très bonnes conditions de travail. « L’école draine un effectif total de 419 écoliers pour 114 mobiliers tables et bancs à deux places. Ça crée tellement de difficultés aux enseignants », renseigne la directrice pour illustrer l’impact de ces pénibles conditions de travail sur la qualité du travail qui se fait dans les classes en lien avec le rendement attendu d’elle par les autorités en charge de l’école aux différents examens nationaux dont le Certificat d’Etudes Primaires (CEP). « Pour écrire, il faut que deux ou trois élèves s’asseyent par terre pour que ceux qui sont bien installés écrivent et c’est quand ils finissent que ceux qui sont assis par terre prennent leur place pour écrire. C’est un principe de rotation qui est involontairement décrété ici pour satisfaire tous les apprenants et pour mieux les suivre. C’est très grave. Un travail sérieux ne peut pas se faire dans ces conditions. L’enfant ne peut ni bien écrire, ni bien recopier dans ces conditions. Dans ce cas, qu’est-ce qu’on pourra reprocher à cet enfant ? », a fait remarquer la première autorité de l’EPP Ahossougbéta, avant de faire le tour d’horizon des autres difficultés rencontrées dans la conduite des activités pédagogiques de son école. Au nombre de ces difficultés, le manque de salles de classes, le manque d’enseignants, l’absence de l’eau dans l’enceinte de l’école, des salles de classes sans fenêtres accueillant des invités surprises comme des reptiles, des toilettes érigées dans des brousses. Face à ces difficultés, la directrice n’a eu autre choix que de trouver des solutions palliatives qui semblent ne pas la satisfaire. « Par rapport à l’effectif pléthorique de l’école, nous avons pensé à l’extension de l’école. On a commencé l’année dernière avec une seconde classe de CI logée dans un très vieux bâtiment inachevé. Mais on n’a plus de bâtiments pour faire pareil avec les autres classes », martèle la directrice. En ce qui concerne le manque d’enseignants, la directrice n’a pu s’empêcher de faire recours à un stagiaire sur qui repose une classe entière. Quant à l’absence de l’eau dans l’école, Germaine Houndjanto renseigne que les élèves sont appelés à se rendre dans les maisons voisines pour s’approvisionner en eau. Aussi, chaque matin, les enfants sont invités à débroussailler l’école pendant 30 minutes pour éloigner les reptiles. A en croire la directrice, malgré ces nombreuses initiatives pour remédier à ces difficultés, aucun retour n’a été constaté. « A part notre CRP qui est informé des difficultés de notre école, les APE ont proposé que des lettres de demande d’aides soient envoyées aux autorités politiques et aux personnes de bonne volonté pour qu’ils nous viennent en aide. Mais à ce jour, nous n’avons eu aucun retour», a informé, toute déçue, la directrice avant d’adresser encore des doléances à l’endroit des personnes de bonne volonté par le truchement du journal Educ’Action.

Des doléances…

Malgré ses nombreux cris de détresse sans réponses, dame Germaine Houndjanto, directrice de l’EPP Ahossougbéta, reste optimiste et compte sur les personnes de bonne volonté. Lesquelles, espère-t-elle, vont voler au secours des apprenants de cette école. « Je voudrais demander aux hommes de bonne volonté, les ONGs qui militent dans ce domaine, les hommes politiques vers qui nos lettres de demande d’aides sont allées ou non, de venir au secours des apprenants de l’EPP Ahossougbéta. Nos besoins les plus essentiels sont la dotation de l’école en tables et bancs, et en eau potable ». Un énième cri de cœur qui ne restera pas, nous l’espérons, sans réponses.

Estelle DJIGRI

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