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Cumul de fonctions d’enseignant et de syndicaliste | Quelle efficacité pour le système éducatif ?

Les tâches des secrétaires généraux des confédérations, centrales et syndicats de base sont colossales.

Appelés à défendre la cause des travailleurs et vaquer en même temps à leur profession d’enseignant, ces syndicalistes sont parfois obligés d’abandonner les apprenants à eux-mêmes. Comment ces syndicalistes concilient-ils la lutte syndicale et leur tâche d’enseignant ? Educ’Action a donné la parole aux acteurs.

Voici la moisson !

Meeting du 13 octobre 2017 à la bourse du travail, point de presse du 16 octobre 2017 des 7 centrales et confédérations syndicales, marche de protestation du 20 octobre 2017. Ce sont quelques rencontres auxquelles Frédéric Prodjinonto, enseignant en service au Complexe Scolaire Gbégamey/Sud a répondu présent abandonnant ainsi ses apprenants de la classe de CM1/groupe B. Approché après ses envolées syndicales pour savoir les raisons de sa présence aux différentes réunions au moment où ses écoliers sont livrés à eux-mêmes, il s’explique en ces termes : « je suis le secrétaire administratif de la Cstb qui est une confédération. J’ai l’obligation de défendre les intérêts de tous les travailleurs en général. Etant un responsable d’une confédération, on devait me suppléer. Non seulement ça, je suis le secrétaire général du Synaprim ». En effet, nombreux sont ces secrétaires généraux comme Frédéric Prodjinonto qui s’adonnent aux activités syndicales en abandonnant les élèves à leur propre sort. Embrassant les deux tâches à la fois, ces secrétaires généraux ont fait l’option d’organiser des séances de rattrapage à l’intention de leurs apprenants.

Des rattrapages, le mode opératoire du collège des secrétaires généraux…

Obligés de donner des cours et de se battre pour la cause des travailleurs des différents secteurs d’activités, les secrétaires généraux s’érigent en des organisateurs des cours de rattrapage. « Je suis le professeur qui rattrape souvent. Je m’entends avec mes élèves pour que nous puissions déjà nous organiser sur les heures libres qui me permettent de rattraper la séance réglementaire que j’ai ratée », a souligné Anselme Amoussou, secrétaire général de la CSA-Bénin pour ainsi donner sa méthode de travail après des cours manqués pour des raisons syndicales. A cet effet, la flexibilité des administrateurs d’établissement est importante. « Il faut beaucoup de compréhension de la part de l’administration et je l’ai dans mon lycée », a précisé Anselme Amoussou enseignant du ‘’tourisme et hôtellerie’’ au Lycée Technique d’Enseignement Familiale et Sociale d’Abomey-Calavi avant d’ajouter : « le mardi 7 novembre dernier, j’ai raté un cours parce qu’on avait une urgence au comité paritaire de la fonction publique ». Mathurine Sossoupkè, enseignante de philosophie et secrétaire générale adjointe de la Cstb élue au dernier congrès du 9 septembre 2017, n’échappe pas à cette réalité : « Lorsque j’ai cours, je vais normalement au cours mais quand nous avons des réunions ou des activités syndicales, je demande la permission. Je manque les cours et après je programme des rattrapages pour les enfants », a-t-elle affirmé. Enseignante de philosophie en service au CEG Kouhounou-Vèdoko, elle a préféré une seule classe. « Cette année comme je suis élue Sga, un poste plus exigeant je n’ai pris qu’une seule classe de Tle et j’ai cours les lundis et les jeudis », a-t-elle informé. Si des séances de rattrapage sont concoctées par Anselme Amoussou et Mathurine Sossoupkè, ce n’est pas le cas chez Frédéric Prodjinonto. « Nous donnons des exercices aux enfants pour aller vaquer à nos activités syndicales. On ne suit pas le rythme normal comme quelqu’un qui est permanent dans la classe », a déclaré Frédéric Prodjinonto, Sg du Syndicat national des enseignements publics primaires, maternels (Synaprim). Etant sur la scène syndicale depuis longtemps, les syndicalistes ne se sentent pas incapables de concilier les deux tâches même s’ils affirment tous comme Anselme Amoussou, 2ième vice-président du Conseil National du Dialogue Social : « C’est difficile je l’avoue. »

Enock GUIDJIME

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