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Education en France : Interdiction du portable à l’école, une décision à controverses

Des attaques fusent concernant une interdiction qui ne serait ni nouvelle ni suffisante, voire dangereuse. Le point sur ce dispositif qui entre en vigueur à la rentrée 2018.

 

Le Parlement a voté définitivement, le 30 juillet, une proposition de loi La République en marche (LRM) interdisant, à la rentrée de septembre, les téléphones portables dans les écoles et collèges, voire dans certains lycées. Promesse d’Emmanuel Macron pendant sa campagne, « signal fort » pour le gouvernement, cette loi a été critiquée par l’opposition de gauche et de droite comme étant de l’« affichage politique », des critiques qui ressurgissent sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Le point sur ce que dit la loi, ce qu’elle change, et les problèmes qui demeurent.

Que dit la loi ?

La proposition de loi « relative à l’encadrement de l’utilisation du téléphone portable dans les établissements d’enseignement scolaire » comporte quatre points : l’interdiction de l’usage de tout objet connecté (portable, tablette, montre, etc.), dans les écoles et collèges ; la possibilité pour les lycées d’adopter cette interdiction ; des exceptions « pour des usages pédagogiques », laissés à l’appréciation de chaque établissement, ou pour les enfants handicapés ; la confiscation de l’appareil en cas de non-respect de l’interdiction.

Les questions en suspens

La question des moyens pour faire respecter l’interdiction sera la clé du dispositif : les surveillants, dont le nombre est en baisse, des casiers fermés à l’extérieur des classes, dans lesquels déposer son téléphone… Philippe Vincent, secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN), avait, déjà en décembre 2017, fait ce rapide calcul : « 5 300 collèges publics, 500 élèves en moyenne, ça fait en moyenne 3 millions de casiers », et un investissement financier important pour les conseils départementaux chargés de l’entretien des collèges. Par ailleurs, certains enseignants et syndicats pensent que la loi est une ouverture au BYOD, sigle anglais pour Bring your own device (« apportez votre équipement personnel de communication »), et favorise l’Edtech, barbarisme désignant les entreprises cherchant à vendre des produits liés à l’usage des nouvelles technologies au sein de l’école. Ce n’est, en l’état actuel des choses, qu’un procès d’intention. Mais, aujourd’hui, certains enseignants font en effet l’appel sur leur téléphone grâce à l’environnement numérique de travail, et les collégiens gèrent leur emploi du temps sur Pronote, un logiciel de gestion de la vie scolaire directement accessible sur smartphone, qui serait utilisé dans près de 6 600 établissements scolaires, selon son constructeur. La confiscation de l’appareil, en cas de non-respect de la loi, permettra « d’impliquer les parents au moment de la restitution », espère enfin la rapporteuse Cathy Racon-Bouzon (LRM). Sauf que ce sont les parents qui équipent, dans la majeure partie des cas, leurs enfants.

Source : lemonde.fr