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Secousse dans le secteur éducatif en Chili : Les étudiants manifestent pour exiger la gratuité de l’éducation

Mouvements de débrayage par ici, mouvements de protestation par là, c’est le lot du système éducatif, de nos jours, dans plusieurs pays du monde. Alors que le Bénin et le Sénégal en Afrique et la France en Europe continuent de gérer leurs secousses éducatives, c’est maintenant le tour du Chili qui vient d’être affecté par le vent de protestation des étudiants.

 

Ils sont plusieurs dizaines de milliers d’étudiants auxquels se sont joints de simple citoyens, à manifester à travers des artères de Chili, le jeudi 19 avril 2018, pour exiger des autorités la gratuité universelle de l’éducation dans le pays. Ils ont profité de ce mouvement de grogne pour protester contre la décision du Tribunal constitutionnel prise le mois dernier, rétorquant une mesure qui aurait empêché les universités de faire du profit. Cette première manifestation étudiante de l’année au Chili était aussi la première mobilisation sociale importante depuis l’entrée en fonction, début mars, du président de droite, Sebastián Piñera. « Education gratuite dans des universités à but non lucratif », scandaient-ils lors du mouvement. Juan Duran, étudiant en 5e année d’anthropologie en Chili, s’étonne et s’indigne vertement contre cette décision du tribunal. « Le gouvernement précédent a commencé à réformer l’éducation, principalement pour que dans l’enseignement supérieur, il soit interdit de chercher à faire du profit. Et j’ai été abasourdi de voir que le Tribunal constitutionnel a effacé cela en l’espace de deux semaines. C’est à cause de ça que je suis venu manifester », a-t-il expliqué, rapporte le site Rfi. Déjà en 2011, le milliardaire de droite, Sebastián Piñera, alors qu’il était à son premier mandat constitutionnel, affirmait que l’éducation était un bien de consommation comme un autre. « ... de retour au pouvoir, il a promis de maintenir la gratuité partielle de l’enseignement décidée par sa prédécesseur Michelle Bachelet, et qu’elle (gratuité) bénéficie à un plus grand nombre d’étudiants des filières techniques », renseigne la même source. Cette promesse du premier des Chiliens semble ne pas convaincre certains étudiants. Carlos Ladra, étudiant en 5e année de psychologie, n’a pas caché son incrédulité : « ...pour moi, c’est un pansement sur une jambe de bois, ça ne règle pas les problèmes concernant l’éducation ici. Et moi par exemple, je paye 4,2 millions de pesos par an, environ 8.000 dollars. C’est plus que le salaire minimum annuel, et les tarifs sont à peu près les mêmes dans les universités publiques chiliennes. »
Selon les autorités du pays, rapporte le site de la Radio France Internationale, la manifestation a réuni environ 30.000 personnes. Les organisateurs, quant à eux, parlent de 120.000 participants.

Serge David ZOUEME