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Réformes dans l’enseignement supérieur : Des universités françaises à la recherche d’un sauveur

La révolte est bien perceptible, et ceci depuis des semaines, dans le rang des étudiants français. Ils s’insurgent vertement contre la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE) validée par le gouvernement qu’ils qualifient de sélective, exigeant purement et simplement son retrait.

 

La situation de bien d’universités françaises semble bien terne actuellement. Loin des cours et exposés dans les facultés et amphis, les étudiants sont résolument dans la révolte pour faire obstacle à une loi gouvernementale qu’ils estiment anti-sociale. Il s’agit bien de la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE) initiée par le pouvoir exécutif français qui définit les nouvelles modalités d’accès à la faculté. A en croire les frondeurs, la loi ORE instaure la sélection à l’entrée de l’université aux étudiants, une disposition qui promeut la désunion et fait entorse aux acquis universitaires de plusieurs années. En début de semaine, lors d’une assemblée générale, rapporte le site Rfi, 1.800 étudiants ont voté la reconduction du blocage et de la poursuite de la cessation des activités académiques à l’université de Tolbiac, dans la capitale parisienne, jusqu’au retrait de la loi Orientation et réussite des étudiants. Mais déjà, aux premières heures de la fronde, près d’une douzaine d’universités à Paris, Toulouse et Montpellier étaient mobilisées pour faire échec à la ORE. L’université de Tolbiac à Paris a rejoint, donc récemment, ce mouvement en votant cette semaine un « blocage illimité ». Selon Rfi qui a fait le constat, les tables et les chaises, dans cette enceinte universitaire (à Tolbiac), sont empilées à l’entrée du bâtiment de la faculté, renseignant sur le blocage en cours.

Des témoignages

Elsa a 21 ans, elle étudie la philosophie et semble bien favorable à la rallonge du mouvement de protestation. « Je pense que vous avez vu qu’il y a autour d’une quinzaine de facs qui sont bloquées et occupées. Le mouvement est structuré autour de plusieurs choses, mais déjà évidemment le retrait de la loi ORE qui instaure la sélection à l’entrée de l’université et qui est une attaque historique en fait contre les acquis pour lesquels on s’est battu jusqu’à maintenant, en 68, en 86, c’est-à-dire pour une université gratuite et ouverte à tous et à toutes », a insisté l’étudiante. L’autre argument de grogne est bien le ‘’Parcoursup’’, une nouvelle plateforme d’orientation post-bac. Pour Elise, une étudiante de 26 ans, informe le site Rfi, celle-ci a indéniablement un effet pervers : « Cela crée de l’autocensure chez les étudiants, notamment selon la classe sociale, selon l’origine, ceux qui viennent de lycées de banlieue... »
A cette lutte estudiantine totalement corsée, on ne dénie pas une récupération politique. Dans l’université parisienne, les cours sont remplacés depuis une dizaine de jours par des conférences, ateliers et assemblées générales animés par des étudiants, pour la plupart politisés, informe la même source. Parmi ces étudiants d’appartenance politique, figure Leïla, jeune militante de la France insoumise (LFI), qui jure qu’elle n’est pas instrumentalisée par le parti de Jean-Luc Mélenchon. « Je ne vois pas en quoi c’est de la récupération politique à partir du moment où la France insoumise est contre cette réforme. Donc on essaie de tracter dans d’autres lycées pour faire justement sensibiliser à la cause. On a juste demandé à la France insoumise si on pouvait avoir un stock de tracts. C’était oui, directement. Ils nous les ont imprimés. On les a pris et on les a tractés », a-t-elle répondu, de l’avis de la source. Cette semaine, à l’université de Tolbiac, une partie des personnels administratifs et professeurs a pris position par rapport aux examens. Ils conditionnent désormais la tenue des partiels au retrait de la loi.

Serge David ZOUEME