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Université de Bordeaux : Bras de fer entre policiers et étudiants

La pomme de discorde est bien une évacuation « violente » des étudiants d’un amphithéâtre de l’Université de Bordeaux où ils tenaient leur assemblée générale.

La tension était vive en cette soirée du mardi 06 mars 2018, entre CRS et étudiants. Plusieurs d’entre eux ont accusé, au micro de France 3 et à visage couvert, les forces de l’ordre d’avoir fait usage de « coups de matraque », de « coups de poing au visage » et d’« insultes racistes ». Une photographie d’un mur de la faculté permettait de lire ceci : ‘’Ici, on matraque les étudiants’’. « Voilà comment l’université de Bordeaux traite les étudiants opposés à la loi sur la sélection à la fac : en envoyant des CRS dans les amphis. Ahurissant », écrivait sur son compte Twitter Robin, inscrit en Licence de biologie, après l’évacuation de plusieurs dizaines de ses camarades lors d’une assemblée générale. Face à ces propos des étudiants, la réaction de l’université ne s’était pas fait attendre. A travers un communiqué, elle a tenu à rétablir la vérité. « La quarantaine d’étudiants qui tenait une assemblée générale dans un amphithéâtre a refusé de quitter les lieux à la fermeture des locaux au motif que leurs revendications n’avaient pas abouti : abrogation de la loi étudiante, régularisation des sans-papiers, repas végétalien dans les Crous, démission du président de l’université… », a expliqué l’Université de Bordeaux, dans un communiqué distillé, le mercredi 07 mars. Elle ajoute avoir sollicité les forces de l’ordre pour faire évacuer les lieux vers 20h 30 minutes, ‘’afin de garantir la sécurité et l’intégrité des locaux’’. Et elle a décidé de fermer son site de la place de la Victoire aux étudiants, toute la journée de mercredi.

De la réaction de la préfecture

« Les policiers sont intervenus avec mesure et professionnalisme face à des comportements violents dans le cadre d’une occupation irrégulière », rapporte, de son côté, la préfecture de la Gironde, jointe par Le Monde. Elle évoque « quelques échanges de coups » et « une évacuation un peu musclée, car des objets ont été lancés sur les policiers », mais elle dément les témoignages faisant état d’étudiants « semi-inconscients ou inconscients » et elle assure n’avoir « comptabilisé aucun blessé et aucune évacuation à l’hôpital ». « Les policiers ont été l’objet de violences et de tirs de différents objets, notamment un extincteur », a poursuivi le porte-parole du préfet. Un étudiant a été interpellé pour violences sur personne dépositaire de l’ordre public.

La guerre sur les réseaux sociaux

Sur Facebook, le collectif étudiant Université Bordeaux Victoire contre la sélection affirme, au contraire, que « les seules violences ayant eu lieu ont été commises par les forces de l’ordre ». Il ajoute que l’occupation de l’amphithéâtre était « entièrement pacifiste », un cours s’y étant même tenu dans l’après-midi. « La sécurité de la fac a profité de la tenue de ce cours pour dégonder une porte de l’amphi, en prévision de l’intervention policière », a avancé le collectif.

Serge David ZOUEME