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Bras de fer au Congo Brazzaville | Les étudiants menacent de tout paralyser dans les universités publiques

Ça bouillonne hélas au Congo-Brazzaville. Les étudiants, actuellement inconsolables, menacent de paralyser les activités dans les universités publiques du pays, en l’occurrence l’université Marien Ngouabi de Brazzaville, exigeant du gouvernement le paiement des arriérés de bourses.

 

Quatre trimestres d’arriérés de bourses. C’est ce que reste devoir le gouvernement congolais aux étudiants qui font feu de tout bois. Ils projettent, les prochains jours, un débrayage d’une semaine pour prendre le pouls des autorités gouvernementales. Désespérés, une semaine seulement après la reprise des cours, ils menacent de replonger l’université Marien Ngouabi de Brazzaville en particulier, et les universités publiques en général dans une grève à intensité progressive afin de forcer la main aux décideurs du pays. « Il faut que le gouvernement se soucie aussi de nous. Il faut qu’on nous paie au moins une bourse pour que nous soyons en harmonie avec les enseignants. En ce moment, on ne sait pas comment faire ; comment reprendre les activités sans argent », raconte un étudiant congolais à la Radio France Internationale (Rfi). Selon lui, l’attente est de plus en plus longue, quatre trimestres d’arriérés de bourses, pendant que, du côté du gouvernement, il n’y a pas de réaction. « Nous sommes en janvier. Que le gouvernement fasse un effort pour que nous soyons payés au moins d’une tranche. Ça va nous soulager pour recommencer... », ajoute, tout désespéré, un autre étudiant, rapport la même source.
Mais déjà, avant les étudiants, c’était le personnel enseignant et non enseignant de l’université Marien Ngouabi de Brazzaville qui était en mouvement. Ils avaient manifesté pour exiger aussi du gouvernement la satisfaction de leurs revendications. Avec le gras de fer latent entre étudiants et gouvernement, le syndicat des enseignants n’a pas marchandé son soutien aux apprenants. Par la voix de son responsable, le syndicat pense qu’après la satisfaction en partie des doléances du personnel, le gouvernement doit faire face aux étudiants. « Pour que les choses marchent à l’université, il y a trois acteurs principaux : la matière de travail, ce sont les étudiants ; l’instrument de travail, ce sont les enseignants d’une part et l’administration d’autre part. Donc, si on a réglé même partiellement le problème des enseignants et des administratifs, si celui des étudiants n’est pas résolu, vous pouvez être sûr qu’on n’a pas fait la moitié de la route », a expliqué un responsable de l’Intersyndicale à Rfi.
Pour l’heure, on craint un grand retard dans l’exécution du programme d’activités à l’université même si les enseignants sont convaincus que ce programme est tout de même rattrapable.

Serge-David ZOUEME