banner ong educaction

ENTRETIEN | Monique Gbaguidi, à propos du projet EPECS

« Dans les 160 écoles où nous intervenons, nous avons pu amener de l’eau »

 

Les meilleures « écoles bleues » des communes de Banikoara et de Djougou ont été récompensées de matériels d’hygiène et d’assainissement pour les efforts hygiéniques consentis en matière de maintien de leur cadre de vie scolaire. A travers cette interview, Monique Gbaguidi, la Coordonnatrice du projet Eau Potable pour Ecoles et Centres de Santé (EPECS), évoque les objectifs du jeu concours « Meilleurs chants et poèmes sur le lavage des mains à l’eau et au savon », qui a permis de distinguer ces écoles lauréates.

Educ’Action : Vous êtes la Coordonnatrice d’un programme de Helvetas qui intervient dans le domaine de l’hygiène et de l’assainissement dans les écoles. Présentez nous EPECS ?  

Monique Gbaguidi : Eau Potable pour Ecoles et Centres de Santé (EPECS) est un projet qui fait un focus sur l’amélioration des conditions d’approvisionnement en eau et la promotion de l’hygiène et de l’assainissement en milieu scolaire et dans les centres de santé. Vous n’êtes pas sans savoir que les centres de santé et les écoles constituent des lieux qui sont fréquentés par des couches assez vulnérables. Je prends par exemple les enfants, ce sont les plus exposés aux maladies liées aux mains sales, aux maladies hydriques et autres. Les femmes enceintes également. Donc, l’objectif de ce projet, c’est d’améliorer les conditions de ces personnes au niveau des écoles et des centres de santé. C’est un projet qui a démarré depuis 2009 et nous intervenons dans neuf (09) communes du Bénin. Dans le département du Borgou, nous intervenons dans les communes de Nikki, Sinendé, Pèrèrè et N’Dali. Dans l’Atacora, nous sommes présents à Tanguiéta, Péhunco et Toucountouna. Dans l’Alibori, nous intervenons dans la commune de Banikoara et dans la Donga, nous menons nos activités dans la commune de Djougou. Nous avons capitalisé à ce jour, 160 écoles où nous intervenons et une trentaine de centres de santé.


Quelles sont les activités que vous menez dans les écoles ?

Au niveau des écoles, qu’est-ce qui est fait ? Il y a un résultat qui est lié à la construction des ouvrages. Donc, à travers les mini-réseaux d’eau équipés de pompage manuel ou de pompage solaire qui sont en même temps partagés avec la communauté. Le deuxième résultat, c’est par rapport à la gestion, parce qu’une chose est de construire les ouvrages, mais une autre chose est d’assurer leur durabilité et cela ne peut se faire qu’à travers le système de gestion efficace qui est mis en place. Le troisième résultat est lié à la promotion de l’hygiène et de l’assainissement, dans une perspective d’amener les bénéficiaires à un changement de comportements et le quatrième résultat est lié à un système de communication viable entre les différents acteurs et les différentes parties prenantes.

L’initiative « école bleue », de quoi s’agit-il ?

Nous avons développé à travers ce projet, l’initiative « école bleue » qui consiste à trois éléments essentiels. Le premier élément caractéristique d’une école bleue, c’est qu’il y a de l’eau à travers les infrastructures à moindre coût. Si vous vous rendez dans les 160 écoles où nous intervenons, vous allez voir que nous avons pu amener de l’eau dans ces écoles. Les écoles disposent de l’eau à travers des forages qui ont été nouvellement construits ou à travers des mini-réseaux équipés de pompe solaire ou bien de pompe manuelle et des réhabilitations d’ouvrages existants. La deuxième caractéristique d’une école bleue, c’est une école où les apprenants, les enseignants et les parents d’élèves se mettent ensemble et font le lien entre la santé, l’environnement et les divers usages de l’eau, parce que dans une école, l’utilisation de l’eau n’est pas que liée à l’eau de boisson. On utilise l’eau pour d’autres usages. Donc, le lien entre ces trois dimensions, eau, santé et environnement nous a amené à développer d’autres types d’activités liées au maintien de l’environnement tels que le reboisement et le jardinage à l’école pour améliorer non seulement l’environnement immédiat de l’école, mais aussi pour contribuer à l’alimentation des enfants parce que nous parlons de santé. Tout cela est fait dans une perspective d’apprentissage qui consiste à amener les enfants à apprendre de ce qui est fait à l’école. La troisième caractéristique, nous parlons de promotion de l’hygiène et de l’assainissement. Donc, c’est aussi une école où existent des équipements d’hygiène et d’assainissement tels que les latrines, les dispositifs de lave-mains et des comprimés Aquatabs pour pouvoir traiter l’eau.

Vous avez initié dans le cadre de la Journée internationale du lavage des mains, un jeu concours au profit des écoles bleues. Quel est l’objectif de ce jeu concours ?

Cela fait un moment que nous accompagnons les écoles à travers des formations, des séances de communication pour un changement de comportements et nous savons qu’il ne faut pas accompagner pour accompagner. Il faut s’arrêter à un moment pour voir le niveau d’internationalisation de tous ces enseignements qui sont donnés au niveau de l’enseignant et qui doivent être relayés au niveau de l’enfant. Donc, pour commémorer aussi la journée internationale sur le lavage des mains, nous avons eu l’idée de lancer ce jeu concours qui porte sur « Meilleurs chants et poèmes sur le lavage des mains à l’eau et au savon ». L’objectif premier, c’est de voir le niveau d’appropriation de tout ce qui est apporté au niveau de l’école par les acteurs de l’école. Le deuxième objectif, c’est que les enseignants puissent amener les enfants à apprendre en jouant puisque nous parlons de chant et de poème. Ce sont les deux objectifs et je pense que les différentes productions que nous avons reçues vont motiver davantage les enfants à avoir ce réflexe du lavage des mains à l’eau et au savon.

Quelles sont vos impressions après la tournée de remise des prix aux différentes écoles lauréates dans les communes de Banikoara et Djougou ?

Après avoir suivi cet exercice du début jusqu’à la fin, cela donne une certaine satisfaction morale. Nous avons constaté que beaucoup d’écoles prennent vraiment au sérieux tout ce que nous faisons avec elles. Dans le même temps, il y en a qui ont fourni moins d’efforts. Ce que je retiens de particulier et de positif à travers ce jeu concours, c’est cet effort de rendre tout ce qui a été dit sur le lavage des mains parce que nous avons analysé et dépouillé les productions sur la base d’un certain nombre de critères. Les meilleurs textes qui ont été primés, quand vous les prenez, vous voyez que ce sont des textes qui répondent vraiment aux critères. C’est dire qu’il y a quand même un gros effort de relai de l’information au niveau des écoliers qui sont nos cibles pour un changement de comportement.

Propos recueillis par Edouard KATCHIKPE

Developed in conjunction with Joomla extensions.

Vidéos

Developed in conjunction with Joomla extensions.