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Le Coeur a ses Raisons : Episode 12 : La bénédiction paternelle

Giscard et Adorée sont deux jeunes gens de classes sociales différentes.


Cependant, ils sont épris d’amour l’un pour l’autre. Un amour qu’ils doivent défendre envers et contre tout s’ils veulent voir aboutir leur projet de vie commune. Mais dans un contexte social fortement dominé par les commerçants de sentiments, contexte social également caractérisé par le matérialisme chronique, les deux tourtereaux parviendront-ils à faire triompher leur amour ? Réponse à travers les lignes des 12 épisodes de cette histoire : « Le Cœur a ses Raisons ».

- Giscard… Giscard… Où est Giscard ; marmonnait Adorée en se réveillant brusquement du coma.
- Giscard va bien. Tiens-toi tranquille ; dit monsieur Libango en essayant de faire coucher sa fille sur le lit.
- Qu’as-tu fait à Giscard papa ? S’il te plaît, je veux le voir ; Supplia péniblement la jeune fille.
- Giscard se porte bien. Il a quitté le commissariat et doit être chez lui. Tu n’as plus de soucis à te faire ; répondit sereinement le papa.
- J’ai vraiment mal, papa ; se plaint Adorée.
- C’est normal. Tu viens de subir une greffe. Tu auras mal pendant un moment ; répondit le médecin qui ajouta :
- Sois sans crainte ; tu es totalement hors de danger à présent. Nous remercions vraiment les deux généreux donneurs ; cette femme et son fils qui n’ont rien demandé en retour.
- Dites docteur ; ils sont tous deux clairs de teint, n’est-ce pas ? Et le jeune homme est plus élancé que la dame, visiblement bien jeune encore ?; décrit Adorée.
- Comment le savez-vous jeune fille, puisque vous étiez dans le coma ?; s’étonna le médecin.
- Après mon père, il n’y a que ces deux personnes pour qui je compte beaucoup. Cette dame est l’autre mère que j’ai connue depuis peu ; après le décès de ma maman. Et ce jeune garçon, c’est à lui que j’ai pensé tout le temps, malgré l’inconscience du coma.
A la suite de ces propos, monsieur Libango se renseigna et prit l’adresse de la résidence de Giscard.

Une fois sur les lieux, monsieur Libango observa longuement – avec stupeur et dédain – ce qui tenait lieu de maison pour les Kobli. Après un moment d’hésitation, il se résolut à franchir le seuil de la maison.
- Que faites-vous ici ? Nous n’avons nul besoin de vous dans cette maison ; lui lança Giscard.
- Je ne t’ai pas appris à accueillir les visiteurs de cette manière non, Giscard. Quelles qu’elles soient, les raisons, tu te dois de les accueillir avec le plus grand respect possible. C’est ce que nous avons de mieux à offrir. Je ne veux plus revoir ça ; clarifia sa maman avant de se tourner vers le visiteur debout.
- Bonsoir monsieur. Que pouvons-nous pour vous?; s’enquit maman Giii.
- Je viens chercher Giscard pour l’emmener voir ma fille, celle à qui vous avez sauvé la vie. Elle me l’a demandé ; répondit monsieur Libango.
- Allez-y, s’il vous plaît. Nous allons vous rejoindre ; préconisa maman Giii.
- Désolé madame. Je n’oserai pas y aller sans lui. C’est une promesse que j’ai faite à ma fille, expliqua monsieur Libango.
- Maman, je partirai avec lui, si c’est le souhait de Adorée, dit Giscard.
Pendant qu’ils étaient en route, Giscard discuta avec monsieur Libango qui lui présenta, au passage, ses excuses. Et il lui proposa quelque chose. C’est un secret entre les deux.
Après quelques jours d’hospitalisation, Adorée quitte l’hôpital. La surprise fut grande quand elle rentra à la maison.
Elle est accueillie avec ferveur et joie par une petite foule d’invités qui scandaient ‘’bienvenue...bienvenue’’, et applaudissaient.
Monsieur Libango prit la parole :
- J’ai toujours été un père beaucoup trop protecteur vis-à-vis de ma fille que voici.
J’ai toujours voulu la protéger de toute personne matérialiste ou mal intentionnée, au point de ne pas lire le bonheur dans ses yeux quand elle m’a présenté ce jeune homme, regretta-t-il, avant de continuer :
- C’est l’occasion pour moi de présenter mes excuses à ce jeune homme et à sa famille, pour les mauvais moments qu’ils ont vécus, par ma faute.
Et monsieur Libango prit le jeune homme par la main.
- Giscard, je te confie mon héritage, annonce fièrement monsieur Libango en mettant la main de sa fille dans celle de Giscard. Et il continua :
- Prends-en soin comme je le ferais. Sois l’homme dont elle verra le visage à chaque fois qu’elle se réveillera. Cette clé que voici, c’est celle de votre nouvelle demeure. Que cette maison exhale chaque fois et toujours, le parfum de l’amour que vous portez l’un pour l’autre. Soyez heureux ; souhaita monsieur Libango, les larmes aux yeux, en donnant sa bénédiction aux deux amoureux.
Des applaudissements et des cris de joie fusèrent de la maison. D’intenses moments d’émotion que partagèrent aussi les invités qui donnaient, à tour de rôle, leurs bénédictions aux deux tourtereaux.

FIN

Estelle DJIGRI