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Le Coeur a ses Raisons | Episode 10 : L’échec du père d’Adorée

- Pélagie !, s’exclama l’avocat qui reconnut aussitôt ce visage clair qui se tenait devant lui.
Pendant un court instant, les deux vieux amis s’enlacèrent et l’avocat reprit la parole :


- Mais que fais-tu ici ? Qu’est-ce qui t’amène ici ?
- Mon fils a été arrêté pour un vol supposé.
- Giscard Kobli est ton enfant ? Nom de Dieu !!! Quand on m’a confié le dossier, je n’ai pas imaginé un seul instant qu’il s’agissait du fils de mon défunt ami Kenneth Kobli.
- Oui, c’est bien lui, ton filleul Giscard Fred Kobli. Celui-là même pour qui tu aurais pu être parrain de baptême, si tu n’avais pas eu un voyage imprévu deux jours avant la cérémonie, se remémora Pélagie, très émue, d’avoir retrouvé le meilleur ami de son défunt mari.
- T’inquiète Giscard, je vais m’occuper très vite de ton affaire. Tu ne passeras pas deux nuits ici. Ce soir, je ne pourrai rien parce qu’il est déjà tard. Demain, je me rendrai sur ton lieu de travail pour m’informer davantage.
- Je viendrai avec vous demain, Maître, si vous le permettez, proposa Adorée. L’avocat se tourna vers Adorée pour faire sa connaissance.
- Vous êtes….. ???
- Adorée Libango, c’est la compagne de mon fils, répondit la maman de Giscard.
- Ok, vous pouvez venir avec moi, accepta, volontiers, l’avocat. Rendez-vous demain donc à 8h30 à mon cabinet. On partira de là.
Maître Fred était un très bon ami de Kenneth, le défunt père de Giscard. Il était encore aux études à l’étranger quand il a appris le décès de son cher ami.
Le lendemain, Adorée se rendit chez Maître Fred comme convenu pour l’accompagner sur le lieu de travail de Giscard. Sur les lieux, la secrétaire était absente. Ils se dirigèrent alors vers le bureau du chef service. La porte du bureau était entrebâillée. Ce qui leur permettait d’entendre la discussion téléphonique que menait le chef service.
- Oui monsieur, j’ai fait le travail exactement comme vous me l’avez recommandé. Le jeune a passé la nuit au commissariat, disait le chef service à son interlocuteur.
- Non non, il n’a pas réussi à reconnaître sa signature falsifiée. Il est encore au début de sa carrière, il n’a pas encore développé son sens d’observation.
A ces propos, l’avocat toqua à la porte et s’introduisit dans le bureau avec la fille, sans y être invité.
- Monsieur Libango, ce fut un plaisir d’avoir discuté avec vous, dit le chef service en coupant précipitamment son téléphone portable.
-Monsieur Libango ? Vous discutiez avec monsieur Rubens Libango ?, demanda Adorée au chef service.
- Oui, vous le connaissez ?, demanda en retour le chef service à la fille.
- Non seulement je le connais mais aussi j’ai entendu votre conversation.
- Maître, vous pouvez faire votre travail sans moi. J’ai désormais d’autres chats à fouetter, lança Adorée à Maître Fred avant de sortir en toute vitesse.
15 minutes après, Adorée était dans le bureau de son père.
- Papa….Papa…, cria-t-elle de toutes ses forces en débarquant dans le bureau de son père.
- Depuis quand es-tu devenu si méchant ?, l’interrogea Adorée.
- De quoi parles-tu, ma princesse ?
- Moi ta princesse ? Tu oses m’appeler ta princesse alors que tu fais tout pour détruire mon bonheur ?
- Jeune fille, calmes-toi et parle-moi avec respect.
- Tu ne mérites plus de respect papa, si tu te permets de jeter des innocents en prison à cause de ton orgueil.
- Tais-toi, petite mal polie, intima le papa qui semblait vouloir lever la main sur sa fille.
- Tu veux me gifler, alors que j’essaie simplement de te montrer à quel point tu fais souffrir ta fille ?
Le papa se ressaisit aussitôt puis expliqua à sa fille….
- Je voulais voir à quel point il est honnête. Il ne pourra pas être gardé à vue pendant plus de trois jours de toutes façons, essaya de rassurer le père.
- Tu m’étonnes papa.
- Je vais arranger ça tout de suite ma fille. Il a assez prouvé qu’il n’a pas besoin de ton argent, dit le papa en passant un coup de fils rapide au chef service.
- Papa, garde ta fortune et tes observations pour toi. Je n’en aurai vraiment pas besoin. Ce que je ressens pour Giscard est plus important que tout l’or du monde.
Adorée sortit du bureau de son père qui tentait de la rattraper.

Estelle DJIGRI