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Le Coeur a ses Raisons : Episode 8 : Un dîner désagréable

Giscard et Adorée sont deux jeunes gens de classes sociales différentes.


Cependant, ils sont épris d’amour l’un pour l’autre. Un amour qu’ils doivent défendre envers et contre tout s’ils veulent voir aboutir leur projet de vie commune. Mais dans un contexte social fortement dominé par les commerçants de sentiments, contexte social également caractérisé par le matérialisme chronique, les deux tourtereaux parviendront-ils à faire triompher leur amour ? Réponse à travers les lignes des 12 épisodes de cette histoire : « Le Cœur a ses Raisons ».

Après le langoureux et tendre baiser que les deux tourtereaux ont échangé, Adorée prit la parole.
- Tu sais, malgré mon jeune âge et les expériences faites en amour, je puis t’assurer que tu es le premier homme que j’aime vraiment, sans préjugés. Alors si tu le veux, donnons-nous la main pour pouvoir aller de l’avant et construire une vie à deux très épanouie.
- Même si je suis timide et que j’ai de la peine à exprimer mes sentiments, ces quelques mois passés auprès de toi m’ont permis d’être moi-même. Et rassure-toi, je défendrai notre amour contre vents et marrées, si tu promets de faire ce chemin avec moi.
Adorée hocha la tête en signe d’approbation.
Maman….Maman, cria Giscard pour faire appel à sa mère qui s’était rendue à la cuisine.
- Qu’y a-t-il, fils ?
- Je te présente ta future belle-fille, Adorée Libango.
- Vraiment ! Je suis ravie pour vous, mes enfants. Adorée, tu es la bienvenue dans ma modeste demeure, s’exclama maman Giii !
Adorée décide de parler de son ami à son père Rubens Libango, un homme particulièrement réputé pour sa générosité et ses nombreux services sociaux rendus à la communauté.
- Allô papa, j’ai besoin de te parler de toute urgence. Puis-je passer à ton bureau ?, demanda Adorée à son papa, au téléphone.
- Tu peux passer, je t’y attends.
Quarante-cinq minutes après ce coup de fil, Adorée était devant son papa.
- Tu voudrais me parler, ma fille, je t’écoute.
- Je ne tournerai pas autour du pot comme d’habitude. Eh bien, je suis amoureuse.
- Cela ne m’étonne guère. J’ai remarqué cela depuis un moment. J’attendais simplement que tu me le dises, l’informa son père.
- Tu le savais ? Et comment ?
- Je suis ton père après tout.
- Tu as raison, dit Adorée, en souriant.
- Comment s’appelle-t-il ? Que fait-il dans la vie ? Quel est son niveau d’étude ? Il est de quelle famille ? Autant de questions que monsieur Libango enchaînait.
- Ces réponses, je préfère qu’il te le donne lui-même, quand je te le présenterai.
Un rendez-vous fut calé pour samedi soir à 20h, dans la maison Libango.
A l’idée de savoir qu’il devrait s’asseoir autour de la même table que ce grand homme, Giscard tremblait de peur.
- Sois serein. Tout se passera pour le mieux, le rassura sa maman.
A table ce samedi, chez les Ligango, un délicieux plat de Feshuada accompagné de salade de fruits comme dessert, le tout arrosé d’un bon vin capiteux. Au cours du repas, le père de Adorée engagea la discussion.
- Vous comptez prendre la parole à quel moment exactement, jeune homme ?, demanda le père.
- Papa, je te….., commença Adorée. Mais son père lui coupa la parole aussitôt.
- C’est ton ami que je veux écouter.
- Je…… euhhh, commença tout timidement Giscard tourmenté par le regard de monsieur Libango.
- Je m’appelle….. ; commence par-là, lui indiqua monsieur Libango.
- Je suis Giscard Kobli, dit-il en donnant tous les détails qui vont avec.
- Tu ne travailles pas pour le moment. Et comment penses-tu t’occuper de ma fille ? Tu comptes peut-être sur ma fortune, c’est ça ? ; lui balança monsieur Libango, sur un ton des plus sévères.
- Papa, il ne travaille pas pour le moment. Mais il se débrouille bien dans la vie, répondit Adorée à la place de Giscard, qui semble choqué par les propos de monsieur Libango.
La discussion continua un moment entre le père et sa fille.
- Qui te dit qu’il n’est pas avec toi pour mon argent ? Sinon comment va-t-il prendre soin de toi alors qu’il est incapable de prendre soin de lui-même ?
Vexé, mais toujours calme, Giscard pris la parole :
- Toutes mes excuses papa. Je comprends votre inquiétude. Et c’est vrai que j’aime beaucoup votre fille. Mais je puis vous assurer que ce n’est, en aucun cas, pour un intérêt ou pour profiter d’elle, que je suis avec elle. Avec ou sans argent, je l’aimerai toujours, expliqua Giscard.
- Alors va chercher de quoi nourrir ma fille et tu pourras revenir dans cette maison sinon pour le moment, tu peux sortir de chez moi. Mais avant, finis ton plat, ordonna monsieur Libango à Giscard.

Estelle DJIGRI