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Le Coeur a ses Raisons : Episode 6 : Le sort d’une veuve

Giscard et Adorée sont deux jeunes gens de classes sociales différentes.


Cependant, ils sont épris d’amour l’un pour l’autre. Un amour qu’ils doivent défendre envers et contre tout s’ils veulent voir aboutir leur projet de vie commune. Mais dans un contexte social fortement dominé par les commerçants de sentiments, contexte social également caractérisé par le matérialisme chronique, les deux tourtereaux parviendront-ils à faire triompher leur amour ? Réponse à travers les lignes des 12 épisodes de cette histoire : « Le Cœur a ses Raisons ».

La cérémonie commença avec le défilé des beaux-frères. Ceux-ci, vêtus des tenues du défunt, faisaient leurs parades en exposant leurs atouts. Bref, chacun faisait son ‘‘one man show’’ pour séduire la veuve, pendant que le chef de famille les présentait au fur et à mesure qu’ils défilaient.
- Lui, c’est Gontran, l’aîné de la famille. Il est menuisier et n’a qu’une seule femme. Tu serais la bienvenue dans son foyer.
- Lui c’est Rigobert, il est agent de sécurité dans une société de la place. Il a les moyens de t’entretenir en plus de ses deux autres femmes.
Ainsi de suite, le chef de famille présenta les cinq (05) frères du défunt à la veuve avant de laisser Pélagie se prononcer.
- Je choisis celui-là ; fit Pélagie en désignant Ridwane Kobli, le jeune garçon de quinze (15) mois qui, contre toute attente, entra dans le cercle pour s’amuser.
- Quoi ?, s’écria le chef de famille en se levant de son fauteuil.
- Ridwane est un fils de la famille Kobli comme mon défunt mari. Il est également mon beau-frère. Alors, c’est lui que j’épouserai.
Des murmures se font entendre de part et d’autre pour apprécier le choix de la veuve. Enfin une voix se fit entendre clairement.
- Tu as raison. Ridwane est bien ton beau-frère et ton choix ne devrait poser aucun problème à la famille, informa le chef de famille en mettant fin à la cérémonie.
Quelques jours après ladite cérémonie, une délégation de la famille Kobli se rendit, une nuit, dans la maison du défunt pour une visite surprise.
- Bonsoir chers beaux-frères et belles-sœurs. Soyez les bienvenus dans ma maison.
- Ta maison ? Tu as osé dire ta maison ? Notre fils n’a pas travaillé tout ce temps à l’étranger pour te laisser en jouir, avec ton bâtard de fils. Non !, cria un oncle qui lui ordonna au passage de sortir de la maison avec son fils.
- Je sortirai pour aller où, à cette heure de la nuit ? C’est ici que ma place et celle de mon fils se trouvent. C’est la maison de son père. Et mon fils n’est pas un bâtard. C’est un vrai Kobli ; répliqua la veuve.
- Il est un Kobli ? Qu’est-ce qui le prouve ? Même pas un simple signe physique de nous et tu oses parler. Tu as assez entaché la dignité de notre famille. Ça suffit, bougonna l’une des belles-sœurs.
- Vous êtes tous sournois et aveuglés par la jalousie au point de ne pas reconnaître un membre de votre famille ; riposta Pélagie qui, visiblement, ne voulait pas se laisser faire.
A la suite de ces propos de Pélagie, la belle-famille se jeta sur elle et la mit hors de la maison avec son garçon de 10 ans.
- Sorcière, sors de cette maison avec ton rejeton. Après avoir tué notre fils, tu penses pouvoir accaparer tous ses biens. Vas - t’en et ne reviens plus jamais ici. Sinon, tu verras de quoi est capable la famille Kobli.
- Maman…. Maman…. ; fit Giscard en touchant sa mère toujours debout, en face de la photo de son défunt mari.
- Oui mon fils ; répondit Pélagie qui revenait ainsi de ses souvenirs, dans un sursaut.
- Maman je sais combien tu as souffert. Avec ou sans ces biens meubles et immeubles, avec ou sans ce luxe auquel nous étions habitués, tu es et tu demeureras ma mère, la première femme de ma vie. Ma famille ne nous a jamais aimés. Nous nous sommes débrouillés sans elle pour en arriver là où nous sommes aujourd’hui. Et donc, nous n’avons pas besoin des Kobli dans notre vie.
- Si c’est bien là mon sort, je dirai alors que c’est le plan de Dieu. Et au nom de la confiance que j’ai en lui, je le laisse s’occuper du reste, pendant que je fais ce que je dois faire ; commenta Pélagie.
- Oui, mais tu ne penses pas que Dieu a toujours un plan pour toi ; reprit le garçon.
- Et ce plan serait…?, demanda la maman.
- Je crois qu’il est temps que tu refasses ta vie, maman. Tu restes encore jeune fille.
Pélagie se mit à rire aux éclats après ces paroles.
- C’est plutôt toi qui dois d’abord construire ta vie. Et à propos ; comment ça avance avec Adorée ?
- Je ne l’ai pas appelée ces jours-ci. Mais je le fais sur le champ.
Et Giscard prit précipitamment son téléphone portable.

Estelle DJIGRI